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Dopage miracle

Publié le 12 mai 2007 par Philostrate
En matière de dopage, l'imagination de nos champions semble sans bornes. Dans ce domaine, il faut bien reconnaître que les cyclistes, jamais à cours d'idée lorsqu'il s'agit de soulever des montagnes ou de décoller des pavés, ont toujours eu une longueur d'avance. Des précurseurs en somme, même si contrairement à ce que pourrait le suggérer un survol par trop rapide de la presse, ils ne sont pas les seuls, loin de là, à jouer des fléchettes ou de la topette. Pris la main dans le pot de confiture, nos vaillants coursiers ont cependant dû sérieusement faire travailler leur matière grise ces dernières années.     Richard Virenque avait d'entrée placé la barre très haut lors de la funeste "Affaire Festina". À une époque où, visiblement, tout le peloton s'en mettait plein le cornet, notre Richard national, au coup de pédale pourtant plus délié que la syntaxe, inventait le "dopage à l'insu de son plein gré", comme les Guignols l'avaient alors si bien résumé. Quelques années après lui, Johan Museew, pris par la patrouille pour avoir usé d'un remède de cheval fourni par un vétérinaire inventif, se défendait mollement en inaugurant le "dopage en fin de carrière". Le "Lion des Flandres" jurait alors, la main sur le cœur, n'avoir jamais "salé la soupe", à l'exception notable de sa dernière saison chez les pros, obsédé qu'il était de ne pas rater sa sortie. Ce qui n'a d'ailleurs guère entamé sa popularité chez nos voisins flahuts, peu regardants sur ce genre de détail…       Passons maintenant à l'efficacité made in USA. Oublions Lance, car si les laboratoires doivent à l'avenir faire des contrôles antidopages rétroactifs sur tous les vainqueurs du Tour, il leur faudra bientôt embaucher des spécialistes de médecine légale… Non, tenons-en nous à Tyler et Floyd. C'est à Hamilton que revient sans conteste la palme de l'inventivité. Avec la fameuse "chimère", son jumeau "mort-né" dont il aurait encore des traces de sang dans l'organisme, il n'a pas vraiment convaincu, mais se hasarder sur le terrain de la génétique pour tenter de masquer une homotransfusion dénotait d'une imagination pour le moins fertile. Plus basique, la ligne de défense de Floyd Landis. Lui, sa parade, c'est la "cuite dopante". Un whisky, quelques bières et vous voilà avec un taux des testostérone de taureau en rut. L'anecdote risque fort de le faire basculer du maillot jaune aux oubliettes de la Grande Boucle. Trois petites mousses et puis s'en va !     Enfin, dernier en date à se torturer les méninges, Ivan Basso. Confondu dans une "Affaire Puerto", dont on espère qu'elle livrera bientôt tous ses secrets et pas seulement cyclistes, le client du très occupé docteur Fuentes a invoqué pour sa part le "dopage avorté". Pour faire court, il y avait bien pensé, mais n'a pas eu le temps d'y goûter. Avant cet écart, craché, juré, jamais vu une pilule ou une piquouze de sa vie ! La thèse est osée, mais il faut bien essayer, après tout, nous ne somme plus à une énormité près. Reste à savoir ce qu'il restera aux prochains vilains petits canards pour s'en sortir… Pour ma part, je suggère le "dopage miraculeux". Vous glissez avant le départ sous votre maillot, au cas où, une image pieuse et si par malheur vos urines ou votre sang vous trahissent, dites que c'est le Très Haut qui vous a fourni ce petit supplément d'âme chimique qu'il n'accorde qu'aux plus grands. On ne sait jamais, par les temps qui courent, ça peut marcher…

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