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Flâneries parisiennes à côté du quartier de la bourse

Publié le 27 octobre 2010 par Bntoussaint

Choses vues

Sur la place de la Bourse de Paris se dresse le palais Bron­gniart, impo­sant et solen­nel. Aux pieds de ses colonnes, com­mer­çants, rôtis­seurs et maraî­chers ont dressé un petit mar­ché dont les ventes à la criée font échos à l’agitation fébrile des salles de mar­ché. Dis­si­mulé entre les ors des bou­tiques de numis­ma­tique, le pas­sage du Pano­rama dévoile sa gueule au flâ­neur, tel un long ser­pent, et laisse entre­voir ses mer­veilleuses petites échoppes au gré de l’abandon.

Embaumé par le fumet gour­mand des res­tau­rants qui l’occupent, le pas­sage regorge de com­merces aussi impro­bables qu’oubliés. A l’angle d’un croi­se­ment, la cli­nique de la pou­pée pro­pose per­ruques, paires d’yeux, jambes, bras, têtes et habits pour le plus grand bon­heur des petites filles.

Plus loin, on vend des cartes anciennes, venues de toutes la France. D’émouvantes his­toires sont pré­ser­vées sur le car­ton jauni par le temps et attendent patiem­ment qu’un cor­res­pon­dant vienne retrou­ver, ému, les mots qu’il écri­vit jadis. On lit de tout : lettres d’amour, simples remer­cie­ments, récit de manœuvres mili­taires, demandes de nou­velles. Sur ces cartes sont consi­gnées les peurs, les angoisses, les joies et les aven­tures des géné­ra­tions passées.

Cisaillé par le bou­le­vard Pois­son­nière, le pas­sage du Pano­rama devient le pas­sage de Jouf­froy. On s’y engage dere­chef, curieux et avide, attiré par la devan­ture vive et bario­lée de la Cure Gour­mande. Rem­plie de bis­cuits, bon­bons et autres dou­ceurs, la vitrine attire inexo­ra­ble­ment l’œil des pas­sants. Et celui qui ignore encore ce que sont les ber­lan­dises, mus­ca­dines, calis­sou­nets, navettes, chou­pettes et men­diants devrait pas­ser le pas de la porte sans plus tarder.

Plus loin, il y a la librai­rie Ver­deau, enva­hie par l’odeur carac­té­ris­tique des livres anciens qui s’amoncèlent en mon­ti­cules dis­pa­rates. Il y a l’étrange ate­lier de Mon­sieur Segas, ven­deur de cannes sculp­tées et de livres à tré­sors. Un petit royaume de bizar­re­ries dont la porte, ornée d’un crâne sombre, aver­tit le visi­teur de ces mots mys­té­rieux : « Acta est fabula ».

Paris est ainsi. Il étale les tré­sors aux yeux de tous sur ses bou­le­vards, ses quais et ses places, mais il pré­serve mille et une autres mer­veilles, à l’abri des regards, pour celles et ceux qui aiment flâ­ner entre ses ruelles.

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