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Jambalaya ou la paella du bayou rien que pour vous

Par Estebe


Bien les bonjour, les têtes de gumbo

Tiens l’autre jour, alors qu’une armada de gulus hirsutes débarquait à la maison avec la ferme intention de s’en mettre plein sous le plastron, on s’est mis en tête de bricoler un gros jambalaya. Soit la recette fétiche des Cajuns. La brûlante paella du bayou. Le slurp du dimanche de tous les Acadiens et toutes les Acadiennes (vont sauter, vont danser sur le violon).

C’est là un mets solide autant qu’ardent. Et un mot qui sonne délicieusement exotique à nos esgourdes européennes. Son origine déchire d’ailleurs la Faculté. Certains le disent issu de «Djembé halal» (un tambour consommable par les musulmans), étymologie franchement tirée par les poils du derrière de l’alligator de ta voisine. D’autres y voient une déformation créole de «jambe à l’ail», insulte créole au sens obscur et probablement obscène, aujourd’hui tombée en désuétude.


Bon, je dis ça, je dis rien.

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Pour six cadiens affamés, il nous faut trois verres d’un riz rond pour paella (bomba par exemple), trois saucisses espagnoles piquantes, quatre tranches de lomo assez épaisses, un talon de jambon cuit fumé, six brins de thym frais, un bouillon de volaille, une livre de grosses tomates charnues (viiiite, c’est la fin), une belle branche de céleri, trois poivrons, un petit piment, 700 grammes de grosses crevettes crues décortiquées et un litre de moules. Plus divers aromates, que vous allez découvrir, haletants, en dévorant les lignes palpitantes que voilà.


Tranchez le lomo et le jambon en cubes, les saucisses en rondelles. Faites revenir le tout à feu dru dans un plat à paella. Ou, à défaut, dans une cocote. Que dore la charcutaille! Réservez.
Epongez le fond du récipient. Balancez-y une bonne lichette d’huile d’olive. Faites dorer deux échalotes et deux gousses d’ail hachées.

Intégrez ensuite la branche de céleri, les poivrons, le piment; le tout émincé bien sûr. Plus le thym effeuillé, une cuillère à café de clous de girofle moulus, deux feuilles de laurier et quelques gouttes de Tabasco. Salez. Laissez crépiter dix minutes, en shakant le tout d’une spatule athlétique.

Intégrez les tomates, préalablement pelées et épépinées. Laissez compoter dix minutes de plus.

Pendant ce temps, lavez les moules, faites-les s’ouvrir, dans une casserole à couvert dans un demi-verre de blanc.
Rincez les crevettes. Préparez le bouillon.

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Expédiez le riz dans le jambalaya, remuez avec véhémence, et mouillez avec un verre de bouillon. Attendez que le liquide soit absorbé. Puis mouillez à nouveau, jusqu’à ce que le riz se montre tendre mais encore un tantinet croquant à cœur. Ajoutez la viande. Touillez. Ajoutez les crevettes, laissez-les rougir à couvert. Ajoutez les moules. Goûtez. Touillez. Regoûtez. Rectifiez. Retouillez etc.

Servez enfin, en hurlant d'une voix de fausset la chanson idoine:
Jambalaya, a-crawfish pie and-a file gumbo
'Cause tonight I'm gonna see my ma cher amio
Pick guitar, fill fruit jar and be gay-oh
Son of a gun, we'll have big fun on the bayou.

Bonsoir

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PS: Buvons donc un rouge venu de ce côté-ci de l’Atlantique avec cette platée néo-orléanaise. Par exemple la plantureuse cuvée La Gérine 2009 du Domaine de la Ferme St Martin, installée dessus les Côtes du Ventoux. Un pif nature de chez nature, plein de fruits mûrs et de rondeurs affriolantes, qui tient tête pépère au feu cajun. Et en rigolant avec ça.


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