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Sophie Pétoncule se bobolise

Publié le 05 novembre 2010 par Amaurywat

marina-fois-20060108-98673.jpgJ'aimais bien Marina Foïs à l'époque des « Robins des bois », elle avait un sens inné de l'absurde, et elle faisait rire, que ce soit dans « les aventures de Sophie Pétoncule » ou en reine dans « la Cape et l'Épée ».

Les puristes me diront que ce n'était pas très relevé, pas toujours fins, mais au moins était-ce sans prétentions et drôle. Elle avait le sens de la dérision et ne se prenait pas au sérieux. Elle n'hésitait pas à être ridicule sur scène, à la télévision, dans ses sketches, ou dans ses interviews. Le spectateur un peu averti pouvait sentir sa timidité, sa sensibilité, elle était toute neuve, toute fraîche. Elle ressemblait aussi aux amours perdues, à celles que l'on n'a pas eu quand on était plus jeune, une fille sympathique, capable de rester féminine tout en riant aux blagues à deux sous des garçons, d'être magnanime quand ils boivent trop, compréhensive.

J'ai eu une première alerte pourtant en la regardant dans l'émission de Fogiel quand Dieudonné y fit son sketch d'un extrême mauvais goût certes, qui fit du bruit depuis. On la voyait avec Isabelle Nanty, comédienne que j'apprécie également, telles deux statues du Commandeur maquillées comme des camions volées, le visage fermé. Il y a des sujets avec lesquels on ne rit pas, contredisant Desproges pour qui ont peut rire de tout, ça dépend avec qui. Il y a des sujets inattaquables. Par contre, sortir plusieurs saloperies sur le Pape, ce que fit un autre « comique » quelques instants plus tard, c'était moins grave et d'une grande drôlerie.

Pour deux jeunes femmes ayant le sens de la dérision ou croyant l'être, je trouvais ça dommage.

Je les trouvais déjà beaucoup moins drôles.

Ensuite il y a eu « un petit jeu sans conséquences » inspiré d'une pièce de Gérald Sybleiras absolument excellente, dans lequel les errements sentimentaux des trentenaires favorisés étaient croqués de manière très juste. Les acteurs du film étaient parfaits dans leurs rôles, ce qui était normal car ils se conduisaient et se conduisent encore de la même façon dans la vie quotidienne : inconstance, incapacité absolue de s'engager sérieusement, consommation des corps, mensonges constants sur soi et les autres, manque de lucidité, vagabondage sexuel et sentimental, narcissisme et j'en passe. Dans le film, un perturbateur excellement joué par Jean-Paul Rouve, tout à fait lucide, lui, et totalement au fait quant aux travers de ses semblables venait se venger des affronts subis par ces petits bourgeois quand il était jeune, en particulier le personnage d'Yvan Attal, et partait avec l'égérie du groupe, et la femme de son ancien bourreau, Cendrine Kiberlain.

Ce film de Bernard Rapp montrait bien ce que pouvait donner une comédie française réussie, pour adultes, et non pour « adulescents ». C'était plus fin et plus intelligent que les derniers Woody Allen, celui-ci, à une ou deux exceptions, faisant maintenant de l'Alzenheimer cinématographique. Dans ce film Foïs jouait la soeur d'Yvan Attal, la vieille fille pourtant jolie, amoureuse du personnage de Jean-Paul Rouve, que personne ne voit et qui finissait seule. Elle était excellente dans le rôle comme dans « Filles perdues, cheveux gras » qui valait surtout pour les scènes où elle apparaissait.

Et puis, horreur, malheur, elle a joué dans un film de Maïwenn le Besco, qui a la carte depuis longtemps pour ses réalisations outrancières, nombrilistes et infantiles. Elle est apparue aussi dans quelques pièces à réputation flatteuse du côté des élites auto-proclamées décidant à qui donner ou retirer la carte. Elle qui était réputée comédienne « drôle », ce qui en France est une sorte de péché mortel, a fini par obtenir la carte elle aussi. Et depuis qu'elle a la carte, qu'elle a été adoubée par les « z-inrocks » Marina pète un câble dans ses interviews décérébrées pour « l'Homme qui voulait vivre sa vie », où elle étale les pires lieux communs sur l'éducation, la famille, le sexe et la culture, toutes les stupidités déversées à haute dose depuis « Soissantuite » par les bourgeois qui ne changent guère donc au fond. elle est devenue un des personnages d'un « Petit jeu sans conséquences », une bobo sans trop de jugeotte balançant sans trop réfléchir des banalités qui lui tiennent lieu d'opinions.

C'est dommage Marina, en plus ma propre nostalgie en prend un coup.


Un petit jeu sans conséquence - Trailer
envoyé par superyiyi. - Regardez des web séries et des films.

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