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Parade De YOSHIDA Shuichi

Par Lecturissime

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♥ ♥

« Everyman is an island » (John DONNE)

L’auteur :

Yoshida Schuichi est un écrivain japonais. Park Life a été couronné en 2002 du prix Akutagawa, l'équivalent du Goncourt au Japon.

L’histoire :

Quatre jeunes gens vivent en colocation dans un appartement dans Tokyo. Tour à tour ils vont se raconter : quelle est leur vie, quelles sont leurs folies, leurs manies, leurs secrets, leurs amours… Un cinquième personnage va rapidement les rejoindre, apportant un éclairage nouveau sur cette cohabitation…

Ce que j’ai aimé :

-   L’alternance de points de vue permet de mieux connaître chacun des protagonistes. Chacun se cache derrière un masque dans cet appartement, se cantonnant à l’image qu’il souhaite renvoyer aux autres, mais sans se dévoiler plus avant.

« Pour bien vivre ici, il n’y a rien d’autre à faire que d’adopter le moi qui paraît le mieux adapté au lieu. (…) Le moi qui s’entend bien avec les autres colocataires (…) » dira Mirai.

Satoru, le cinquième locataire qui s’est greffé on ne sait comment dans cette petite communauté, est l’exemple – type de ce processus :

« Au fond, koto et Ryösuke projettent sur Satoru l’image de la personne avec laquelle ils veulent être. ( …) Je ne peux m’empêcher de comparer son existence à une flaque d’eau qui se formerait au sein de l’eau elle-même. » (p. 150)

-   Les relations que les colocataires ont instaurées presque naturellement restent superficielles, chacun respectant l’espace de liberté et d’opacité de l’autre. L’une des protagonistes compare leur colocation aux relations nouées sur Internet par l’intermédiaire de forums. Les internautes ont l’impression de se connaître, mais cela reste un leurre confortable pour chacun d’eux.

Dans la postface Gérard SIARY exprime brillamment ces ambivalences :

« La petite musique de Yoshida Shuichi, qui s’entend si bien à orchestrer le drame latent jusque dans la répétition stylistique appuyée et quasi formulaire du monde comme il va, nous ramène constamment au mystère de l’autre, celui que nous côtoyons et pensons connaître, celui que nous jouons vis-à-vis d’autrui et de nous-mêmes et qui s’impose à nous, comme si nous nous attachions à démultiplier nos sphères d’existence au sein d’une monde désarticulé. » (p.261)

Une analyse très fine des rapports humains... 

Ce que j’ai moins aimé :

- Je n’ai pas l’impression que ce roman me marquera durablement, malgré son charme indéniable.

Premières phrases :

« Quel étrange spectacle, vraiment ! Le balcon de notre troisième étage donne sur l’ancienne route de Kôshû ; il a beau y passer des milliers de voitures par jour, il n’y a jamais le moindre accident. Juste en bas, un passage piéton. »

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Park life de Shuichi YOSHIDA

Autre : Les années douces de Hiromi KAWAKAMI

Parade, YOSHIDA Shuichi, Editions Philippe Picquier, traduit du japonais par Gérard SIARY et Mieko NAKAJIMA-SIARY, 2010, 19.50 euros

Je remercie Manu pour le prêt.

D’autres avis chez Manu, Ankya

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