Ce sont cinq tricolores gonflés à bloc qui vont entamer cette nouvelle saison sur ce 15km skating de Gällivare. Une distance et une technique qui conviennent historiquement très bien à nos fondeurs qui étrenneront pour l’occasion une nouvelle tenue qui va faire parler.
Voyons de plus près les forces en présence :
Vincent Vittoz, patron naturel de l’équipe, repart pour cette nouvelle saison avec toujours autant d’envie. Son professionnalisme est également un exemple pour ses coéquipiers.
Alors qu'il se posait des questions après les JO de Vancouver, le plus beau palmarès du ski de fond tricolore va entamer à 35 ans sa 16e année sur le circuit mondial et n'exclut pas de pousser jusqu'aux JO-2014.
"J'ai encore vraiment l'envie de donner le meilleur de moi-même et de repousser encore mes limites. J'ai toujours la même motivation et physiquement je me sens bien", explique le Haut-Savoyard, qui a décomplexé les Français avec ses succès en Coupe du monde (7 victoires, 22 podiums, au moins par hiver depuis 2004) et son titre mondial (2005).
"Toz", surnommé aussi par ses coéquipiers "le patron", a digéré tant bien que mal Vancouver où il a entrevu à deux reprises (4e du relais, 5e du 15 km) le podium olympique.
"J'y pense encore de temps en temps, mais cela reste du sport (...) Je ne suis pas revanchard. L'idée, c'est de se faire plaisir et de montrer que cela peut sourire, même si ce n'est pas sur des grands événements", explique Vittoz, qui courra chez lui à La Clusaz en décembre.
Après un hiver 2009-2010 « frustrant » avec quelques coups d'éclat et surtout une désillusion olympique (19e de la poursuite, 30e du 50 km), Jean-Marc Gaillard, 30 ans, est décidé à rebondir.
"J'ai envie de concrétiser. La priorité, ce sont les Championnats du monde d'Oslo, cela fait un moment que cela me trotte dans la tête, on ne pourra pas revivre cette fête de sitôt", prévient-il.
Pour réussir dans "la Mecque du ski de fond" devant des dizaines de milliers de connaisseurs, le Haut-Savoyard, 7e mondial en 2009 et auteur de trois podiums en Coupe du monde, va changer sa façon d'aborder les grands rendez-vous: "Il n'y aura pas de coupure comme avant les JO, j'ai besoin des courses".
Gaillard est conscient de la qualité de la concurrence: "On est l'un des petits Poucet, dans les moyens et dans la culture de ce sport. C'est un petit miracle à chaque fois qu'on réussit", rappelle-t-il.

Pour sa première saison complète sur le circuit mondial, Maurice Manificat, 24 ans, a tout cassé avec sa 5e place au classement général, sa victoire à Lahti plus deux autres podiums en Coupe du monde et ses 6e et 4e places dans le 15 km et le relais olympiques sans oublier une superbe finale de coupe du monde à Falun lorsque le roi Northug l’attend pour passer la ligne.
"J'ai mis la barre haut, mais il ne faut pas s'arrêter là", prévient le champion du monde 2009 des moins de 23 ans sur 15 km. "Je veux terminer entre la 5e et 10e place au classement mondial, mais mon objectif, c'est Oslo et je veux faire une médaille", assène-t-il.
En plus d'être une force de la nature et d'avoir un impressionnant coup de fourchette, "Momo" ne connait pas vraiment la pression et insuffle son enthousiasme, son insolence même, dans le collectif français.
"C'est une belle équipe, il y a tous les âges et toutes les étapes d'une carrière. Le sport de haut niveau, c'est du plaisir", martèle le Haut-Savoyard.
Trois leaders, trois personnalités différentes, l’équipe de France a la chance de posséder un trio qui va tirer derrière lui toute une équipe.

Robin Duvillard, 27 ans, c’est la quatrième homme de cette formation ambitieuse. Le fondeur de Villard de Lans s’est classé 6e du 15km de Davos l’an dernier, c’est dire qu’il a lui aussi du potentiel.
« L'objectif principal sera de confirmer ma régularité de l'an passé en skating en skiant à mon niveau et me qualifier tôt pour Oslo dans un premier temps, afin de me rassurer et pouvoir préparer au mieux le 50km que j'affectionne particulièrement et viser là bas une jolie perf. J'attends de voir mes progrès en classique se concrétiser pour gagner en polyvalence, notamment pour briller sur un tour de ski, et je rêve de grimper sur ce podium de coupe du monde alors une belle grosse course en skate ce serait parfait ! » nous expliquait Robin il y a quelques jours.
Bastien Poirrier, espoir vosgien âgé de 22 ans, a brillamment gagné son ticket lors des chronos de sélection. Poirrier s’est qualifié pour Gällivare mais aussi pour Kuusamo la semaine prochaine.
C’est un fondeur complet capable de briller en skating comme en classique. Pour les entraineurs ce n’est pas une surprise de le voir arriver en coupe du monde, il reste sur la lancée de ce qu’il a montré durant les derniers hivers et durant l’été.
Personne ne demander à Bastien Poirrier de rentrer dans le top30, il est là déjà pour apprendre.
« C'est sûr, je viens de franchir un cap. Je travaille énormément dans ce sens là, je mets toujours plus de sérieux et de volonté dans mes séances et ça commence à porter ces fruits. Je suis très content de pouvoir courir ces deux week-end, j'ai encore du mal à me rendre compte du niveau qu'il y a en coupe du Monde donc je vais prendre les courses comme elles viennent, essayer de gérer la pression qui sera énorme et surtout me faire plaisir pour réaliser de bonnes performances et acquérir de l'expérience. »
Poirrier skiera pour la seconde fois de sa carrière en coupe du monde après une 53e place obtenue à La Clusaz il y a deux ans. Il bénéficiait alors d’une place en tant que fondeur « national ». (avec AFP)
Photos : Nordic Focus




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