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Rouleau compresseur : La journée sans repos d’Yves Michel Fotso

Publié le 02 décembre 2010 par 237online @237online

Écrit par Mutations   

Jeudi, 02 Décembre 2010 11:24

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De son domicile à Douala à la prison centrale de Kondengui, l'ancien Adg de la Camair est passé par toutes les émotions.
Il est 21h 15 minutes à Yaoundé. Devant le centre du tribunal administratif de la capitale, une vingtaine de véhicules de grand gabarit sont alignées de chaque côté de la rue. Tantôt au volant, tantôt adossés sur leur véhicule, des amis, des membres de la famille d'Yves Michel Fotso attendent là, les mines décomposées, le sort qui sera réservé à l'homme d'affaires entendu pour l'heure par le juge d'instruction. Par une porte dérobée, une voiture banalisée transporte Yves Michel Fotso qui venait d'être extrait discrètement du bureau du procureur de la République pour celui du juge d'instruction, face au bâtiment abritant les salles d'audience de la Cour Suprême.
L'attente parait longue, le temps que le présumé passe devant le juge d'instruction. Les interrogations fusent parmi les proches du milliardaire de Douala : pour lequel des dossiers serait-il interpellé, entre l'affaire de l'avion présidentiel, la gestion de la défunte Camair ou celle, relancée récemment, de la Cbc ? Rien ne filtre quand subitement, le procureur de la République Belinga traverse la cour au pas de course pour rejoindre le bureau du juge d'instruction Pascal Magnanguemabé. Tout se précipite : deux cars Hiace franchissent le couloir, feux de détresse actionnés. L'épilogue s'annonce. Tous les véhicules de sécurité se mettent en position de départ ; à 21h 20 mn, la troisième voiture transportant Yves Michel Fotso, encarté entre deux policiers, traverse la cour à vive allure ; le cortège suit avec la même vitesse.

L'épouse de Yves Michel Fotso est là, calme, l'air digne. Elle interpelle le procureur de la République qui regagnait son bureau : «Mais, monsieur le juge d'instruction a refusé que je donne des objets de toilettes à mon mari, c'est inadmissible !», s'exclame-t-elle. Le procureur, apparemment surpris, rassure la dame : «Allez voir le régisseur de prison à Kondengui, avant votre arrivée, je lui aurais prescrit de vous recevoir afin de remettre à votre époux ce qu'il lui faut». Quand elle arrive à la prison, les massifs battants du pénitencier s'étaient déjà refermés derrière Yves Michel Fotso, où il a passé sa première nuit privée de liberté.
Tout a commencé hier en fin de matinée à Douala avec l'interpellation de Yves Michel Fotso et sa mise en route presque immédiate pour Yaoundé. Sur l'axe lourd, des passagers à bord de divers bus, reconnaitront une escorte de deux véhicules du Gso à l'avant, suivis d'une grosse Mercedes appartenant à l'homme d'affaires, et un autre véhicule du Gso fermant le cortège.

C'est à 16h30 un cortège de voitures débarque à la direction de la police judiciaire à Yaoundé. Un pick-up du Groupement spécial des opérations s'immobilise sur le parking de la Pj. A l'intérieur se trouvent plusieurs hommes en armes qui descendent aussitôt pour accueillir une Toyota Corolla immatriculée SN4243 et appartenant à commissariat spécial de l'aéroport de Douala. Et au bord duquel se trouvent cinq personnes.
A l'intérieur de la voiture de police, l'on peut remarquer la présence d'un homme encadré par deux policiers. Il porte sur tête un châle blanc. Ce qui semble insuffisant pour cacher son visage que les policiers ne veulent visiblement pas montrer aux badauds déjà si nombreux à la Pj mais intimidés par le dispositif de sécurité.
Le temps de sortir Yves Michel Fotso de la voiture et de lui emmitoufler la tête par le châle et le grand blouson passablement propre, cinq minutes passe. Le torse baissé, l'ex Adg de la Camair vêtu d'un simple tee-shirt blanc, d'un pantalon noir et des mocassins de week-end est conduit à l'intérieur de la Pj. Et où il lui sera signifié, selon des sources, les faits qui lui sont reprochés.

C'était l'épilogue d'une folle journée qui avait commencé ce mercredi en fin de matinée. A Douala. Quand aux environs de 10 h 30, des éléments de la police arrivent au domicile d'Yves Michel Fotso sis à Bali en face de l'église baptiste.
Discrets, le délégué régional de la police pour le Littoral qu'accompagne le chef de service provincial de la police judiciaire du Littoral demandent à rencontrer le maître des céans. Et dans le souci d'éviter le grabuge qui avait suivi la tentative de retrait de ses passeports en novembre dernier, retrait qui aurait échoué du fait de la forte présence de la presse autour du domicile du fils Fotso lors de la descente des hommes en tenue, ils sont fort polis.
Le majordome de la maison signifie aux policiers que l'ex Adg de la Camair est souffrant. Sur insistance des flics, Yves Michel Fotso se lève et vient à la rencontre de ces hôtes si peu amènes. Au terme d'une brève discussion, il est conduit sous bonne escorte au service provincial de Bonanjo. 0ù les policiers se rendent effectivement qu'il ne se porte pas très bien. N'empêche que les instructions sont claires : Yves Michel Fotso doit être amené à Yaoundé. Yves Michel Fotso s'engouffre de nouveau dans une Corolla Toyota réquisitionnée à l'aéroport de Douala. La voiture est encadrée jusqu'à son arrivée à Yaoundé par deux équipées du Gso que suit discrètement une Mercedes noire avec à son bord, l'épouse d'Yves Michel Fotso.

Francky Bertrand Béné


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