La rédaction de cet article est le fruit du travail de Patricia Cereijo Adjointe
déléguée à la culture au maire de La Roche-sur-Yon, militante socialiste membre de "Cap d'avenir 85"; et de William Chevillon lycéen,
militant socialiste et associatif.
Chaque année depuis 1979 des centaines de pilotes s'élancent de la ligne de départ du célèbre
« Rallye Paris Dakar ».
Depuis cette date, 55 personnes au moins y ont perdu la vie, dont 33 concurrents, 7 journalistes sans oublier les 9 enfants renversés!
Depuis sa création, le « Paris-Dakar » est vivement critiqué de toutes part en raison du nombre de victimes, mais aussi à cause des milliers de tonnes de CO2
rejetées et de l'apologie de l'utilisation de véhicules polluants.
Les critiques les plus vives sont bien évidemment de l'ordre humanitaire. Régulièrement la course fut considérée comme le moment d'un étalage de richesses
considérables dans des pays ou la majorité de la population est malnutrie et n'a pas accès à la santé.
En raison des événements de 2008 concernant l'insécurité en Afrique , le « Rallye Dakar » prend son départ depuis 2009 en Amérique-du-sud. Plus de sécurité pour les
participants, de beaux paysages pour les médias, difficulté du parcours sont les arguments avancés pour justifier cette décision.
Peu parlent du désastre écologique en 2010 pour le désert le plus aride du monde comme en 2009, personne ne s'est inquiété des dangers pour l'écosystème de la
Patagonie argentine et chilienne
Cette course n'y a pas gagné en légitimité.
Quelle est donc la vérité?
Cette année, du premier au 16 Janvier, pas moins de 430 concurrents se disputent la victoire de la course au bout d'une boucle de presque 10 000 km partant de
Buenos-Aires.
Parmi les pays traversées, le Chili et son immense désert d'Atacama .
C'est là que le bât blesse!
Cette zone, la plus aride de notre planète et très saline est un repaire pour les flamants roses qui y foisonnent.
Mais c' est aussi un livre d'Histoire à ciel ouvert.

Et pour cause, les nombreux témoignages laissés par les civilisations précolombiennes et leur remarquable état de conservation du à la forte salinité du site,
fascinent les archéologues du monde entier.
Les astronomes ne sont pas en reste avec la présence du ciel le plus pur du monde permettant une observation optimale de notre univers.
Alors pourquoi trouver illégitime la présence de la course dans cette région?
Le 11 Septembre 1973, le président socialiste du Chili Salvador Allende est renversé par un coup d'état organisé par le général Pinochet avec l'appui des autorités
américaines.
Une dictature militaire terrible est alors mise en place, l'opposition au
régime est déportée, torturée, violée, exploitée, assassinée. ( Films à voir par exemple : Il pleut sur Santiago, Missing...)
C'est dans le désert d'Atacama que certains des opposants furent souvent conduits.
Soit:
-Abandonnés, ils y errent et y meurent;
-Tués, leurs corps y sont enfouis;
-Emprisonnés, ils vivent dans des anciennes mines de sel.
Ainsi, des milliers de chiliens furent assassinés, leurs dépouilles restèrent sur place sans
aucune sépulture décente.
Le problème est que le sel conserve les corps. Ainsi, des femmes passent leurs journées entières,
pelles à la main, à chercher les restes de leurs proches disparus afin de pouvoir enfin et légitimement faire leur deuil.
Désuet diront certains, pathétique pour d'autres, émouvant, respectable et digne pour
beaucoup.
C'est ce sujet que Patricio Guzmán à repris dans son film Nostalgie de la lumière présenté en 2010
au Festival de Cannes et au Festival International du Film de La Roche-sur-Yon, film que les concurrents, organisateurs et partenaires du « Rallye Dakar » doivent voir
absolument.

Au Chili, le devoir de mémoire est prégnant, c'est une histoire récente.
La France fut une terre d'accueil pour les exilés chiliens et cette image ne peut être ternie par
une épreuve sportive qui fait fi de l'histoire d'hommes et de femmes qui au nom de leur idéal socialiste ont combattu et donner leur vie pour que leur pays redevienne une démocratie.
Il n'est pas tolérable qu'un événement aussi important continue de bafouer la dignité humaine en
profanant un cimetière à ciel ouvert et en narguant lâchement les familles de disparus.

Tous ceux qui sont encore sous le sable et le sel d'Atacama sont nos « Companeros »
Comme le dit Stéphane Hessel, INDIGNONS-NOUS




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