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Fédérale 1 : Vannes débute bien 2011

Publié le 12 janvier 2011 par Guilloubo

Dans la poule 3 de Fédérale 1, le RC vannetais continue sur sa lancée. Le premier club de rugby breton s'accroche à sa troisième place qu'il disputera avec Langon et Marmande. Les quatre premières places sont synonymes de qualifications pour les huitièmes de Finale.

Fédérale 1 : Vannes débute bien 2011

Démonstration de force des Vannetais à Tours, où les garçons de Devich et Spitzer ont surclassé une équipe tourangelle condamnée à la descente.

Faciles, les Vannetais. Adeptes de mauls galopants et de percées musclées. Un zeste de technique pour un paquet de discipline, de précision, et surtout de puissance. L'indigestion d'après les fêtes pour des Tourangeaux dépassés, malgré quelques réactions épisodiques et rendues stériles par de mauvais choix. Trimbalés presque dès le coup d'envoi sous leurs poteaux, pour un essai signé Muzzio et transformé par Le Barillier (0-7, 3e). Impressionnante mise en bouche bretonne, les gars de Pautrot, Dallot, Frizzole et Estérez comprenaient vite que les quarante premières minutes de jeu allaient être infernales.

En vérité, la coupe était déjà pleine après une demi-heure, et pas pleine de champagne… Comme un symbole, la réaction tourangelle offrait trois points sur un plateau à Mary, face aux poteaux pour une pénalité vraiment facile. Mais l'ancien vierzonnais manquait le cadre, faisant parcourir un vent d'irritation dans le public (6e). Les pensionnaires de Tonnellé avaient la bonne idée d'insister, et suite à un fort bel enchaînement consécutif à une touche, Aufrère se lançait face au rideau blanc. Pour s'y casser les dents (11e). Un scénario qu'a souvent vécu l'UST depuis le début du championnat, et qui n'augurait rien de bon.

Bingo. Dix minutes tout particulièrement douloureuses attendaient les Tourangeaux, l'autobus vannetais déposait ses passagers dans l'en-but adverse pratiquement dans la foulée (12-0, 20e), avant que le très gâté Muzzio ne s'offre un doublé (19-0, 26e). Troisième essai d'avant en une demi-heure, y'a-t-il alors besoin de faire un dessin ? Écrabouillés au contact, les gars en orange et bleu en prenait encore un pour la route à la 29e minute, Soffredini concluant presqu'au ralenti une action limpide des Bretons (26-0, 29e). Un fossé était déjà creusé entre les deux équipes à la pause…

La deuxième mi-temps fêtait dignement le Vannetais Obligy, slalomant avec envie pour déposer la défense tourangelle assommée par tant de coup de boutoirs. Deux essais et deux transformations plus tard, l'homme du second acte pouvait afficher un sourire éclatant, d'autant que l'ancien tourangeau Steve Sargos avait lui aussi déposé le cuir entre les poteaux (0-47, 73e), et que Chargli allait parachever la démonstration bretonne d'un huitième et dernier essai (0-54, 78e).

US TOURS – VANNES : 0-54 (0-26).

Arbitre : M. Devais.

VANNES : 8 essais : Muzzio (2e, 26e), collectif (20e), Soffredini (29e), Obligy (58e, 73e), Sargos (67e), Chargli (78e) ; 7 transformations : Le Barillier (3e, 27e, 30e, 60e, 68e), Obligy (74e, 78e).

Réserves : 15-5.

Jean-Noël Spitzer (entraîneur de Vannes) : « Ce qui me fait plaisir, c'est surtout que les gars sont restés dans le match pendant 80 minutes. Ils se sont appliqués. On savait que l'on était supérieurs physiquement, individuellement comme collectivement, et que les Tourangeaux sont conscients qu'ils vont descendre. Mais ce n'est pas une équipe en liquéfaction, elle est en restructuration pour préparer un projet de remontée en 2012. On a pu économiser des titulaires, et faire jouer trois juniors. Pas de blessés au final, c'est une bonne journée pour nous. »

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SOUTIEN à PIERRE TARANCE «Je veux remarcher!»

«C'était écrit quelque part», dit Pierre Tarance au sujet de l'accident qui lui vaut d'être aujourd'hui cloué dans un fauteuil. Pourtant, l'homme est tout sauf fataliste. Une seule obsession l'anime: remarcher.

Fédérale 1 : Vannes débute bien 2011

Vous entamez votre 7esemaine à Kerpape. Quel est votre quotidien? «Kiné, kiné et kiné. Sauf le week-end, où on a un repos bien mérité. Entre la piscine, les séances sur un plan vertical et celles de sarbacane pour le souffle, on est bien crevé le vendredi soir.» Vous bougez les deux bras… «J'ai de la mobilité mais je ne suis pas à bloc. Je récupère doucement. Ça ne va jamais assez vite. Dans ma situation, il faut apprendre la patience. Les mains, on ne peut pas dire que ça bouge. Mais on s'adapte. Les ergothérapeutes m'ont fait un truc exprès pour tourner les pages, ce qui me permet de lire. Dès qu'on peut exploiter quelque chose, qu'on peut faire et qu'on veut faire, ils font tout pour qu'on puisse y arriver.» Vous parvenez à vous déplacer? «Oui, grâce au fauteuil, je suis autonome. Je vais partout à l'intérieur de Kerpape. Et quand il fait beau, je vais dehors. Donc c'est rare (rires).» Vous souvenez-vous de l'accident? «Je me souviens de tout, mais je préfère ne pas en parler.» Vous avez porté plainte contreX… «Je ne parlerai pas de ça. Il y a des choses qui doivent rester discrètes.» En voulez-vous à votre adversaire? «Non. C'est comme ça, ça devait arriver. Pour moi, la vie est tracée. C'était écrit quelque part. A côté (il désigne la chambre voisine), il y a un monsieur qui ramassait des cerises. Il est tombé et s'est cassé la colonne.» Votre regard sur le rugby a-t-il évolué depuis l'accident? «Non. Je regarde les matchs quand même. Le rugby m'a apporté tellement de choses que ce n'est pas parce que je suis sur un fauteuil que je vais tout renier. Pour le moment, je le vis assez bien. Mais, ce qui est sûr, c'est que je n'y jouerai plus.» Où placez-vous le curseur de l'espoir? «Remarcher. On l'espère tous! C'était mon but dès le premier jour.» Qu'en disent les médecins? «Ce n'est qu'un avis médical… Ils ne se prononcent pas.» Etiez-vous conscient du risque? «Des cas comme ça, on n'en entend pas parler. Un gars de la famille de ma copine est dans un fauteuil à cause du rugby. Je n'en connais pas d'autre, mais j'ai appris auprès des assurances qu'il y en avait quand même quelques-uns. Mais il ne faut pas qu'on arrête d'inscrire les petits à l'école de rugby pour ça. Le rugby apporte tellement dans la vie. Le respect des autres, de soi, la combativité, l'humilité, le sacrifice…» Que vous a appris l'accident sur vous-même? «Je suis plus à l'écoute de mon corps et j'apprends à le connaître tous les jours. Ça a aussi renforcé mon esprit combatif et ma patience.» Comment voyez-vous l'avenir? «On verra. L'avenir le dira. Je vis au jour le jour. Je veux remarcher.»


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