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Front National : le faux-pas de Nicolas Sarkozy

Publié le 12 janvier 2011 par Bernard Girard
Nicolas Sarkozy pensait urgent de récupérer l'électorat du Front National. D'où le ministère de l'identité nationale et la multiplication de ces dérives sécuritaires de ces derniers mois. Il se retrouve avec des sondages qui confirment la montée des idées du FN à droite dans son électorat : "32 % des sympathisants UMP se déclarent en accord avec les idées du Front national."C'est 12 points de plus que l'année dernière", relève Edouard Lecerf, directeur général de TNS-Sofres. (Le Monde : Le FN séduit de plus en plus les sympathisants de la droite classique)
Surprenant? Non, si l'on songe que Nicolas Sarkozy, a repris et banalisé, les thèmes du Front National alors que celui-ci se modernisait, renouvelait son discours politique (dorénavant axé sur le protectionnisme et la lutte contre l'Islam au nom de la laïcité) et le débarrassait des oripeaux fascistes et antisémites qui le rendait infréquentable. Si le Front National était resté celui de Jean-Marie Le Pen, il aurait pu réussir son coup, mais voilà, le père aux allures de putschiste a cédé la place à une jeune femme  qui a tout d'une patronne de PME dynamique. Elle ne respire pas la haine et ne fait donc vraiment peur à personne. Disons que tout comme nos généraux avaient la bonne habitude de se préparer pour la dernière guerre, Nicolas Sarkozy s'est trompé d'adversaire : il n'a pas vu changer le Front National et cela risque de lui coûter cher.
On a accusé François Mitterrand d'avoir instrumentalisé le Front National pour casser la droite (en agitant notamment le chiffon rouge de la participation des imigrés aux élections locales). On pourra, demain, reprocher à Nicolas Sarkozy d'en avoir fait une force populiste avec laquelle la droite devra compter. Surtout si le FN réussit, comme ce sera probablement le cas dans un certain nombre de régions, à transformer ces bons sondages en résultats électoraux lors des prochaines échéances électorales.
Des alliances au niveau national sont improbables dans l'immédiat, mais les tensions seront fortes sur le terrain pour aller vers alliances locales, surtout si la gauche obtient de bons résultats et menace d'emporter en mars prochain un grand nombre de cantons. Les dirigeants de l'UMP seront d'autant plus enclins à laisser faire qu'il ne leur sera pas facile d'imposer leur volonté à des militants et élus qui peuvent espérer passer des accords avec des adversaires de droite en catimini. On peut déjà imaginer les régions de plus forte tension : le Sud-Est, où la droite est depuis le plus longtemps sensible aux sirènes de l'extrême-droite, et le Nord-Ouest où le FN a su conquérir un électorat ouvrier désespéré par des années de crise.

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