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L'appartement du clown - Vic Verdier

Par Venise19 @VeniseLandry
L'appartement du clown - Vic VerdierJ'ai lu ce roman** dans le cadre de La Recrue du mois. En repêchage, c'est à dire que je suis la seule à le commenter. Le roman sur la sellette ce mois-ci (choix voté) n'a pas passé inaperçu ; "L'homme blanc" de Perrine Leblanc. Jusqu'à quel point les rédacteurs et rédactrices se joignent à cette presque unanimité de la critique ? À voir ... et lire surtout !
Une nouveauté à La Recrue, et ça manquait cruellement (!), le mot de la rédactrice en chef, celle qui tient les rênes comme une reine (je la taquine !) : Catherine Voyer-Léger. Celle qui a le premier mot, mais pas toujours le dernier, ramasse les articles pour en faire un magazine sur le web ... un webzine.
Nota bene : Un jour, le mot webzine se trouvera dans le dictionnaire et ce sera grâce, en partie, à la Recrue du mois ;-) !
** L'ère du JE chronique
Une chronique suppose un « je » qui prend ses aises, ce qui est tout à fait le cas ici. Ces chroniques sont précédées de l’adresse, la date et l’heure exacte de l’action. Le narrateur, Vic Verdier, le « je » dont il est question ici, fait défiler la moindre de ses pensées ou émotions suite à son départ précipité de l’appartement qu’il partageait avec Copine. Il devient colocataire de l’appartement du clown situé dans un bloc où rode un mystérieux sort, selon Claude, une clairvoyante.
Une autre vie commence pour lui. Son « je » en quête de son vrai moi s’interroge constamment. Qui est-il ? Que veut-il faire de sa vie ? Que vaut-il ? Il s’épanche avec moult détails, étalant son quotidien de travailleur et de gars qui fête et flirte avec la gente féminine. L’ensemble a fini par me faire penser à un journal intime auquel l’on donne un surnom ici, « cher ami lecteur : « Je lui raconte ce que tu sais déjà, ami lecteur » (p. 61). Chaque fois qu’il m’apostrophait, je sursautais, comme si on entrait dans mon intimité de lectrice pour penser à ma place. Peut-être certains aimeront-ils, pour ma part, j’ai été dérangée, avec l’impression que l’on ne me faisait pas assez confiance.
En général, le texte explique au lieu de suggérer, ce qui m’a ennuyée. Aucun défi, peu d’espace pour extrapoler ou imaginer, j’ai plutôt été prise à témoin comme si j’étais sa meilleure amie. Si encore j’avais été un peu plus convaincue de la personnalité de ce Vic. Le fait de s’acoquiner avec le lecteur d’aussi près, d’en faire plus qu’un témoin, un grand chum, est risqué. N’étant pas du même âge que lui, 25 ans, je ne partage pas toutes ses préoccupations. Et puis, dans la vie, j’aime aller à la rencontre, non pas que l’on s’impose à moi.
Mon commentaire serait incomplet si je ne faisais allusion au grand-père de Vic Verdier. Celui-ci est décédé mais présent, dans sa forme astrale j’imagine ; il est décrit comme un personnage à part entière même s’il est mort, la voix de la conscience de son petit-fils. Le chapitre « Où un drame révélateur sort Vic de l’appartement du clown » sort du genre « chronique » et se lit comme un roman. Ce fut ma partie préférée.
Ces chroniques sont servies par un langage parlé, un style naturel et confortable dans lequel le dialogue est abondant. Somme toute, un roman où l’on sent une volonté de faire différent, et dans lequel le style définitivement « chronique » repousse ou attire, selon les goûts du lecteur.
Bibliographie
L’appartement du clown
Vic Verdier
XYZ Éditeur, 2010
330p.

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