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Le conservatisme américain est-il en train d’imploser ?

Publié le 18 février 2011 par Bntoussaint

Publié sur Le Bul­le­tin d’Amérique

La Conser­va­tive Poli­ti­cal Action Confe­rence (CPACqui se tenait les 11 et 12 février der­niers à Washing­ton a donné lieu à de vio­lentes contro­verses autour de la par­ti­ci­pa­tion d’une asso­cia­tion repré­sen­tant les homo­sexuels conser­va­teurs. Si la polé­mique n’a pas empê­ché la tenue de la confé­rence, elle a mis en lumière les désac­cords pro­fonds qui divisent les conser­va­teurs américains.

Le conservatisme américain est-il en train d’imploser ?

Le choix des conser­va­teurs amé­ri­cains pour la pré­si­den­tielle de 2012 se pré­cise. Réunis à Washing­ton ven­dredi der­nier pour la 38ème Conser­va­tive Poli­ti­cal Action Confe­rence (CPAC), près de 4000 sym­pa­thi­sants ont choisi le député du Texas Ron Paul comme « pre­mier choix » de can­di­dat répu­bli­cain à la pro­chaine pré­si­den­tielle, lors du tra­di­tion­nel “vote test” ou Straw Poll (vote de paille). Vainqueur de ce vote infor­mel pour la deuxième année consé­cu­tive, le texan recueilli près de 30% des voix, loin devant l’ancien gou­ver­neur du Mas­sa­chu­setts Mitt Rom­ney (23%), qui s’était déjà pré­senté à l’investiture en 2008.

Le conservatisme américain est-il en train d’imploser ?

Ron Paul

Répu­bli­cain aty­pique, conser­va­teur liber­ta­rien proche du Mises Ins­ti­tute, Ron Paul s’est fait connaître du grand public en votant sys­té­ma­ti­que­ment “non” à toutes les hausses d’impôts pro­po­sées par le congrès. Il est égale­ment le seul élu à avoir tou­jours voté contre l’intervention mili­taire en Irak et contre les légis­la­tions anti-terroristes qui ont suivi l’attentat du 11 sep­tembre 2001, allant ainsi à l’encontre des posi­tions du parti répu­bli­cain. Pro­mo­teur de la res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle, favo­rable à un gou­ver­ne­ment fédé­ral limité et à une poli­tique étran­gère iso­la­tion­niste, il se pré­sente comme un conser­va­teur fidèle aux idéaux de Tho­mas Jef­fer­son. Par­ti­san du libre-marché, il prône l’abolition de la réserve fédé­rale. Sa concep­tion de la non-ingérence de l’Etat fédé­ral dans la vie pri­vée des indi­vi­dus se reflète dans sa posi­tion face au mariage homo­sexuel: «Je suis favo­rable à toutes les asso­cia­tions volon­taires, et les gens peuvent les appe­ler comme ils le veulent». Lors de la confé­rence, il a déclaré que «nous devons faire beau­coup moins, (…) pas seule­ment en Egypte, mais dans le monde», pro­vo­quant des huées dans le public lorsqu’il a dénoncé les 70 mil­liards don­nés par Washing­ton, au fil des ans, au pré­sident déchu Moubarak.

Le vote était mar­qué cette année par la forte pré­sence du Tea Party, dont l’impulsion a per­mis de don­ner une large vic­toire aux répu­bli­cains lors des élec­tions de mi-mandat en novembre dernier. Traditionnellement, cette réunion est sou­vent le lieu de vifs affron­te­ments ver­baux et cette nou­velle édition n’a pas dérogé à la règle. Répu­bli­cain par le passé, démo­crate et indé­pen­dant puis à nou­veau répu­bli­cain, le pro­mo­teur immo­bi­lier Donald Trump s’est payé le luxe de faire le show jeudi der­nier lors d’une inter­ven­tion aux allures très pré­si­den­tielles. Connu des Amé­ri­cains sur­tout pour ses émis­sions potaches et sa fameuse mèche blonde dorée, l’homme d’affaires serait «incroya­ble­ment tenté» de pos­tu­ler à la Mai­son Blanche, comme il l’a déclaré lundi 14 février sur Fox News. Lors de la CPAC, il a même lancé devant un par­terre de sup­por­ters enthou­siastes de Ron Paul : « J’aime Ron Paul, je pense qu’il est un bon gars, mais je dois être hon­nête : il a zéro chance d’être élu » à la Maison-Blanche. Et l’orateur d’ajouter : « étant donné l’état de notre pays, nous avons besoin d’une per­sonne com­pé­ti­tive. (…) Si je suis can­di­dat et que je gagne, ce pays sera res­pecté à nou­veau ». Dont acte, et à bon entendeur.

Le conser­va­tisme amé­ri­cain en proie à un malaise de fond

Tou­te­fois, les dis­cours brillants de la tri­bune ne sont pas par­ve­nus à éclip­ser le malaise de fond qui régnait suite au boy­cott d’un cer­tain nombre d’organisations, pro­tes­tant contre la par­ti­ci­pa­tion de GOProud, une asso­cia­tion repré­sen­tant les homo­sexuels conser­va­teurs. L’année der­nière déjà, GOProud avait par­rainé la CPAC et avait sus­cité de nom­breux remous parmi les par­ti­ci­pants, dont cer­tains avaient déjà décidé de ne pas prendre part à l’évènement. Un boy­cott qui, cette année, aurait pu pas­ser inaperçu s’il n’avait pas été suivi par des poids lourds du mou­ve­ment, tels que l’Heri­tage Foun­da­tion, l’Ame­ri­can Family Asso­cia­tion (AFA), le Family Research Coun­cil (FRC) et Concer­ned Women for Ame­rica (CWA).

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