Il ne se passe pas une journée sans que la presse publie les résultats de sondages sur à peu près tout. Politique, social, économie, etc. Les joies du participatif, tout ça, tout ça. Lomig d’Expression libre a relevé cette intéressante vidéo, extraite d’un débat entre le député PS Jean-Pierre Sueur et le politologue Dominique Reygnié, professeur à Sciences-Po, lors d’une émission C dans l’air sur France 5. La discussion porte sur les secrets de fabrication des sondages, et plus précisément, l’intitulé exact des questions posées aux répondants. Ces données doivent-elles être divulguées ou non ? Une loi doit-elle contraindre les instituts de sondages à publier les questions qui ont été posées ? Ce problème peut sembler anodin. Il faut toutefois constater que les sondages jouent un grand rôle sur l’opinion, surtout lorsqu’ils sont publiés à quelques échéances d’élections. A lire ici la réponse de Lomig à la question.
Pour ma part, il me semble qu’inscrire un acte contraignant pour la presse dans le marbre de la loi est inquiétant. A tout prendre, je préfère un manque de transparence, plutôt que les hommes politiques votent des lois restreignant la liberté des médias. Ce serait prendre le risque de créer un précédent. La “législatite” aiguë de nos élus va, hélas, rarement dans le sens d’une diminution du nombre de lois. D’un autre côté, les instituts de sondage doivent, en effet, publier la question posée aux personnes sondées. Cette question est d’autant plus capitale qu’elle peut faire varier du tout au tout les réponses récoltées. C’est ici que les médias ne jouent pas assez leur rôle. Si rien n’oblige l’institut de sondage à divulguer ses secrets de fabrication, la presse se doit en revanche de rapporter comment le sondage a été réalisé. Ce me semble une exigence d’investigation. Et divulguer un résultat sans présenter la méthode utilisée constitue, au mieux, la publication d’une information partielle, au pire, une faute professionnelle. Et puis, c’est sans doute anecdotique, mais il faut que les journalistes cessent d’écrire “55% des Français pensent que…”. Non, non et non ! “55% des répondants“.
envoyé par enquete-debat. – L’info internationale vidéo.
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