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Avec mes compliments

Publié le 13 octobre 2010 par Mariechristinelaurentcasile
Avec mes complimentsIl est barbant Mr de la Fontaine avec ses morales, certes de bon sens, mais qui plombent l'ambiance et l'égo. "Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute", et hop voilà le corbeau de la fable qui lâche le fromage au renard. Passons sur la vraisemblance: il n'est pas simple de flatter un corbeau , je le prouve. Lors d'un séjour au Sri Lanka , ledit volatile s'abattit sur ma terrasse et vola un petit pain. Avec un à propos sidérant, je le complimentais illico ( hélas en français, mais le ton y était) sur la splendeur de son plumage, et avant que j'ai parlé du ramage, il était loin et un congénaire, aussi peu réceptif, venait raffler une brioche. Sans compter qu'un renard végétarien, c'est rare ( la Fontaine devait boire, car dans la traduction latine d'Esope, c'était un morceau de viande; on lui accordera cette licence poétique, la rime en étant plus facile).

Cette parenthèse ethnico-animalière passée, revenons à nos compliments. Je suis surprise que certaines personnes, recevant un compliment sincère, aient une attitude de recul, de gêne ou d'hostilité ( mais une légère rougeur est touchante à tout âge). Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir une yiddische mama, hypervalorisante (parfois à la caricature " il est beau mon fils"), mais dont les messages positifs dopent l'égo.
Pourquoi se priver du plaisir d'accepter un compliment? Fausse modestie pour certains, malaise par manque d'habitude, éducation austère ( devoir-devoir), mauvaise estime de soi, expériences douloureuses, fausse force de caractère? Le tout à la fois parfois. En tous cas, cette attitude dommageable révèle une réelle difficulté à distinguer la sincérité de la vile flatterie. Et quand bien même: sur une liste avantages /inconvénients, un compliment ( même légèrement outré, pourvu qu'on ne soit pas dupe) et qui fait monter le taux d'endorphines vaut bien la remise de munsters virtuels ( ou de roues de gruyère).
On ne dit jamais assez à ceux qu'on aime qu'ils sont beaux, ont des qualités délicieuses, des atouts charmants, et qu'on se réjouit de leurs succès petits ou grands. Encourager quelqu'un, le féliciter c'est aussi un B-A-Ba de management, sans lequel il n'y a pas de leader crédible, de thérapeute fiable.
Si j'aime faire des compliments ( et en recevoir, merci mes amis, mes amours, mon public), je déteste la flagornerie. Et n'ai pas envie de lutter contre un penchant naturel et optimiste à envoyer des ondes positives aux autres. Dommage pour ceux qui s'en protègent.Illustration:MA Laurent
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