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Hervé Mariton explique pourquoi il a voté contre la loi sur la bioéthique

Publié le 24 février 2011 par Edeo

Hervé Mariton explique pourquoi il a voté contre la loi sur la bioéthiqueDans Valeurs Actuelles, le député UMP de la Drôme et vice-président de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la bioéthique de l’Assemblée nationale, dénonce « une vision périlleuse de la famille » :

« J’ai voté contre le projet de loi de bioéthique en raison de la vision de la famille sur laquelle il a été construit. Je ne dénigre pas la qualité du travail de préparation du texte, ainsi des “états généraux de la bioéthique”. Je souligne, à l’issue du travail parlementaire, les progrès réels dans l’encadrement du diagnostic prénatal, dans l’accompagnement des parents d’enfants porteurs de la trisomie 21, dans la définition des dérogations au principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon et dans la gouvernance des enjeux de bioéthique.

Mais dans la discussion sur l’assistance médicale à la procréation, comme à d’autres moments du texte, est apparue, à gauche et sur quelques bancs à droite (le tout faisant une majorité) une vision de la famille qui me paraît très périlleuse. On nous a asséné que la famille est exclusivement culturelle, sociale. Nul ne prétend que la famille serait exclusivement naturelle, biologique. Mais nous sommes quelques-uns à penser que la famille est à la fois naturelle et culturelle, sociale et biologique. La plupart des citoyens, guidés par le bon sens, s’accorderont sur cet énoncé : les enfants ne naissent pas dans les choux. Mais, à la fois pour justifier l’extension de l’AMP (disparition des conditions d’antériorité et de stabilité du couple), pour étendre les conditions du don d’organe au profit d’un proche (en expliquant qu’un ami serait plus sincère qu’un cousin) et parce que cela serait le constat de l’état actuel de la société, certains collègues ont défendu une vision exclusivement culturelle.

À partir de là, tout lien conjugal est égal, le PaCS devient comparable au mariage. Si la famille est culturelle, quelle différence entre son enfant, l’enfant de son conjoint, l’enfant de l’ancien conjoint (l’“ex”) de son conjoint. Les notaires sont venus le dire à la commission des finances : on devrait, selon eux, élargir la définition actuelle de la succession. Danger ! Quand la famille est partout, elle est nulle part ; quand la succession est partout, quelle différence avec une donation, comment alors justifier un régime successoral et fiscal plus avantageux ?

La définition exclusivement culturelle de la famille conduit à la légitimation de droits individuels et instantanés. Ce qui fait famille est défini au gré de chacun et immédiatement dissoluble. On doit alors craindre pour la solidarité et la solidité de la société. C’est bien dans une vision à la fois culturelle et naturelle, que dans mon livre Transmettre pour construire (Pygmalion), je souligne l’importance de la transmission qui permet de construire une famille durable, laquelle permet à son tour de transmettre.

Oui, le monde est mouvement, mais il ne faut pas s’y perdre. C’est le choix de la vie. »

Thibaud

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