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Baâziz à la conquête du public tunisien.

Publié le 30 janvier 2008 par Mesk Ellil

"Il était presque onze heures du soir et les spectateurs trépignaient encore de rire et de délire. Baâziz s'est dépensé à fond pour le plaisir de ses fans, à El teatro (Tunisie). Il était vraiment «fou» ce «Renaud» d'Algérie. Visage ouvert et rieur, il fait pâmer dès qu'il ouvre sa bouche pour chanter une chanson ou raconter une de ses histoires bizarres : des faits tellement bien ficelés qu'on ne sait jamais s'ils sont vrais ou faux. Des personnages si bien caricaturés qu'ils paraissent à la limite du fantastique : «Wallah, ils existent, je vous jure», ne cesse de répéter ce chanteur à un public qui rit à gorge déployée. Il avait une allure de gentil bonhomme, innocent et candide. Mais difficile de prendre au sérieux ses regards pétillants et son sourire moqueur. Baaziz est averti et rusé et à la limite «sauvage» quand il décortique les faits et événements politiques. Il était comme un dynamiteur en pantoufle: paroles tranchantes et satyre pertinente. Ses jeux de mots sont traités sur le fil du rasoir. Et ses propos apparemment simples en disent long sur la frustration et la souffrance d'un Algérien qui se sent mal. Il hait les généraux et il n'a pas froid aux yeux. Il hait les personnes qui selon ses dires, ont fait de l'Algérie, un pays de fantômes où règne la peur, où tout semble embaumé de l'odeur de la mort et éblouie par la blancheur des linceuls. Pourtant, il aime tant sa terre, là où il a jalousement passé les plus beaux moments de son enfance, où il garde le souvenir de sa mère et le «blé» de son père, la passion de ses premières amours et la chaleur de ses amis assassinés. Il plaît par sa simplicité, mais surtout par sa simple capacité à faire rire là où il faut pleurer. De temps en temps, sa guitare sanglote et gémit. Et les rires, qu'il provoque à tout instant, semblent être des cris de dégoût, une sorte de raz-le bol. Des paroles teintées d'amertume mais qui font rire toute l'audience. Là se cache le génie de Baaziz. Et derrière l'humoriste, il y a aussi l'artiste ou plutôt le chanteur à la voix veloutée et tendre qui sait raconter l'amour. Dans toutes ses chansons, passe une douceur d'un autre monde. Chacune d'elles est dédiée à quelqu'un en signe de reconnaissance et d'amitié. Il ne faut pas être Cheb Khaled, Cheb Mami, ou encore Faudel pour présenter la chanson algérienne. Avec peu de notes, peu de musicalité et beaucoup de sincérité et de rire, Baaziz a raconté l'Algérie, son Algérie." La Presse (Tunis) 17 Mai 2007 Héla Hazgui. Quelques commentaires que j'ai trouvé sur la toile tunisienne: "Baaziz, un chanteur Algérien pas comme les autres qui essaye de commenter la réalité, une société, un vécu ..." "Véritable bête de scène, Baâziz est accompagné d'un orchestre très talentueux... extraordinaire pianiste, le chanteur anime son show alternant entre improvisations satiriques en tubes et en petites histoires du pays... Baâziz nous fait rire... chanter... danser... moment délicieux!" "C’est par pur hasard que je me suis retrouvée ce soir au Téatro pour voir le spectacle de Baâziz. Je ne le connaissais pas auparavant et j’ai été agréablement surprise. Il est difficile de décrire son spectacle, c’est pas du chant, c’est pas de l’humour… c’est du «Baâziz»"... Entre nous moi je commence à être jalouse .

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