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Mlle L. chez les nudistes ou comment devenir accro au slip

Publié le 23 mars 2011 par Syndromesetcie
Mlle L. chez les nudistes ou comment devenir accro au slip
Spencer Tunick, Biennale de Lyon 2005  

Je ne suis pas du genre prude, pudibonde ou cul-bénit. Ni vraiment pudique d'ailleurs... mais quand même un petit peu. Juste un poil. Surtout à 16 ans, l'été où je suis partie en vacances avec ma copine Emie et sa famille dans les landes. Le sable, les vagues, la plage, les boîtes à gogo, les bogosses et tout et tout. Top, top, top...
Bref, un jour, ma cops me propose une virée à la plage avec ses parents plus pause déjeuner en bonus sur un voilier.
- OK, ça va être sympa ! dis-je.
- Euh, avant, faut que je te prévienne d'un truc...
- Vas-y...
- Mes parents vont sur des plages nudistes. Mais t'es pas obligée d'être à poil, t'inquiètes !
- Bien, bien... pas de problème...
Pas de problème, pas de problème, vite dit ! T'imagines ? Moi, Ju, 16 ans, propulsée d'un coup dans le monde inconnu et fascinant de la chair fraîche étalée sur le sable, et surtout, moi, Ju, 16 ans, devant affronter le regard sarcastique du pénis du père de ma copine (oui, les pénis ont un oeil, tu ne le savais pas ?)... Bon allez, pas de malaise, je vais assurer grave, je ne regarderai pas le pénis de son père, c'est pas plus compliqué que ça.
Donc, nous voilà partis, les parents, la petite soeur, le petit frère, ma pote, ma curiosité et moi vers la-dite plage. Pas d'inquiétude particulière, pas d'appréhension non plus sauf une idée fixe que je me répète en boucle pendant tout le trajet : surtout ne pas mater le pénis de son père, surtout ne pas mater le pénis de son père, surtout ne pas mater le pénis de son père, surtout ne pas...  sauf que OH MON DIEU ! L'heure du dépoilage a sonné et, installée sur ma serviette en train d'extirper ma robe, je me retrouve d'un coup nez à nez (si je puis m'exprimer ainsi) avec le truc le plus énorme que j'ai jamais vu dans ma courte existence. Là tout de suite je pense à wonderbra "regardez -moi dans les yeux, j'ai dit dans les yeux." Oui, je veux bien moi, mais c'est lui qui me fixe avec son grozoeil terrifiant. Et maintenant, le voilà qui se met à parler:
- Quelqu'un veut faire une partie de badminton ? Emie ?
OH MON DIEU ! Il sait jouer au badminton en plus...
- Ju, tu te joints à nous, une partie ?
Et il me parle, à moi... en plus d'un oeil, il serait donc pourvu d'une bouche... faut sérieusement que je revoie mes cours d'anatomie (Mindy, please help me !).
- Ju ???
Ah merde ! Il attend de moi que je lui réponde peut-être ?
- Euh... Oui... Pourquoi pas ?
Et allez, go, direction bord de plage, raquettes et pénis volant... Je passerai sur l'étrangeté de la chose et le burlesque de la situation. A présent, je suis prête à tout affronter, plus rien ne me fait peur, je suis devenue le rambo des plages nudistes, j'assure grave. Que je crois... Attends, tu vas comprendre.
Arrive l'heure du repas. Sur un voilier. Bien, bien. Ce qui devrait me mettre la puce à l'oreille, c'est que personne ne se rhabille. Mais bon, au point où j'en suis, hein ?!
Nous sommes accueillis sur un 33 pieds par les amis des parents de ma cops, bras ouverts et... quéquettes à l'air (ben oui, forcément).  Bon c'est pas grave : vu que je suis le rambo du nudisme et que j'assure un max, il ne devrait pas y avoir de problème. Sauf que. Des corps nus étalés sur la plage ou dans l'eau, ça se fond vite dans le paysage finalement. Une partie de badminton, ça passe encore. Mais un repas....
Le truc avec le naturisme quand t'as pas l'habitude, c'est que les plus petits gestes qui te semblent anodins au quotidien se transforment tout de suite en un grand moment de solitude pour toi. Je t'explique.
Monsieur Tounu (le pote du pénis géant) nous propose de prendre l'apéro.
- Ah, j'ai trouvé un petit rosé, vous m'en direz des nouvelles.
La bouteille est fermée. Il faut donc enlever le bouchon. Avec un tire-bouchon. Et quand le bouchon est récalcitrant, qu'est-ce qu'on fait ? On tient la bouteille serrée entre ses cuisses. C'est ce que tente Monsieur Tounu devant moi. Je te laisse imaginer le tableau : un pénis (encore un autre), une paire de testicules, le tout délicatement posé sur la bouteille en question.
- Ju, un petit verre ? (putain mais pourquoi tous les pénis s'adressent à  moi ? C'est une coalition ou quoi ?)
- Euh, non merci, je vais prendre un verre d'eau. (tu m'étonnes)
Le repas continue et se termine de la même manière, agrémenté de quelques surprises  (dont le fameux tranchage de tomates et le découpage de poulet sur duo de pénis ballotant).
Le retour chez les textiles a lieu quelques heures après. Saches seulement qu'après cet épisode,  je n'ai jamais plus regardé le père de ma copine Emie comme avant. Ni même les bouteilles de rosé, d'ailleurs.
Alors bon, comment conclure après un tel post ? Disons que je te laisserai simplement méditer (ou disserter si ça te fait plaisir, surtout ne te prive pas) sur cette réflexion hautement philosophique :
"De l'importance du porté de slip dans l'univers masculin post-moderne."
Allez, à plus !Mlle L. chez les nudistes ou comment devenir accro au slip
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