Le président américain vient d’annoncer qu’il se présentait aux élections de 2012 pour un second mandat. Pas de conférence de presse, aucune caméra, pas de tribune dans les journaux : Barack Obama a misé sur Internet pour déclarer ses intentions et compte bien, comme en 2008, faire campagne en ligne.

Barack Obama, février 2011 - Crédits : gouvernement américain
Le 4 avril, Barack Obama a annoncé sa candidature à un second mandat présidentiel par tweet. Les 7,28 millions d’abonnés à @barackobama ont donc eu la primeur, suivis de près par les 19 millions de “fans” que comptent la page Facebook du président et des inscrits au site barackobama.com, en ligne depuis la campagne de 2008.
Dans ce courriel, l’actuel locataire de la Maison-Blanche a inclus une vidéo, postée sur sur YouTube, où des Américains moyens défendent sa candidature sans qu’il fasse la moindre apparition. Soigneusement sélectionnés dans les États acquis aux Républicains, ces “vrais” Américains expliquent pourquoi ils pensent que l’actuel président américain est le meilleur candidat. Et si vous aussi, vous le pensez, il existe déjà une application Facebook qui vous permet de laisser un message de soutien à M. Obama et d’inviter vos proches à faire de même.
“La politique à laquelle nous croyons ne commence pas avec des publicités télévisées aux coûts exhorbitants ou des fêtes somptueuses, mais avec vous – les gens qui se mobilisent pâté de maison par pâté de maison, parlent à leurs voisins, à leurs collègues, à leurs amis”, écrit le président américain. Sur tous les supports, ce slogan : “are you in ?” (“êtes vous partant ?”). Barack Obama développe tous les arguments de la proximité pour donner aux Américains le sentiment de prendre part à un effort collectif.
Même recette, mêmes résultats ?
Comme en 2008, le camp démocrate va utiliser Internet pour organiser des événements, recueillir des fonds et communiquer. Beaucoup de commentateurs avaient estimé à l’époque que les nouveaux médias avaient joué un grand rôle dans la victoire de Barack Obama. Mais quatre plus tard, peut-il à nouveau capitaliser en ligne ?
Certains, comme le site d’information de gauche The Daily Beast nous promettent déjà une campagne ennuyeuse à l’issue de laquelle le président sortant conserverait son poste. D’abord parce que les deux derniers présidents à s’être représenté ont été réélu, c’est un classique de la vie politique américaine ; ensuite, parce qu’aucun Républicain ne semblent être à la hauteur du défi face à un un Barack Obama qui a certes perdu de sa superbe, mais qui continue à fédérer le parti démocrate derrière lui.
Il n’empêche qu’Internet reste un formidable outil pour couvrir rapidement un pays de 9,6 millions de km2. Finies les tournées en bus de Bill Clinton ou de George W. Bush, Barack Obama et son équipe peuvent être partout en un temps record. Cette ubiquité leur permet de déclarer leurs intentions le plus tard possible et donc de limiter le temps disponible pour commettre des erreurs et de conduire une campagne « éclair ».
Internet reste en outre très efficace pour collecter des fonds en simplifiant et en adaptant le don à la bourse de chacun. Et pour M. Obama, collecter des fonds par l’Internet revient moins cher : pas de réunion de donateurs à organiser, moins d’effort de clientélisme à déployer. En 2008, plus d’1,5 million d’Américains ont ainsi contribué à hauteur de moins de 100 dollars. Or, en quatre ans, la popularité du président américain s’est accrue en ligne.

La popularité de Barack Obama a explosé en quatre ans sur les principaux réseaux sociaux.
En quelques clics, les citoyens américains peuvent s’engager pour Obama. De quoi satisfaire et flatter leur conscience politique. En 2008, 66 % des Américains s’étaient rendus aux urnes, un record de participation qu’on avait pas vu depuis… 1908. Y’aurait-il un parallèle entre campagne en ligne et taux d’abstention ? Si c’était le cas, les outils numériques et les pratiques sociales qui en découlent pourraient bien constituer un début de solution à la crise de la démocratie que traversent les pays occidentaux.





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