Cet après-midi, une grosse vingtaine d'Immortels se sont réunis à l'Académie française pour
procéder à une élection qu'on sentait un peu venir - et en effet, c'est bien Danièle Sallenave qui a été élue à la succesion de Maurice Druon, au fauteuil numéro 30. Outre Maurice
Druon, elle compte parmi ses précédesseurs à cette place Georges Duhamel, René Bazin, Cambacérès et bien quelques autres, moins fameux - quoique...
Née en 1940, agrégée de lettres, traductrice, l'Angevine Danièle Sallenave est également femme de presse: elle a collaboré au journal "Le Monde" et tient à présent une chronique sur France Culture. Elle est membre du jury du Prix Fémina. Elle est présentée comme écrivain. D'elle, on se souvient en particulier de la publication, en 2008, de "Castor de guerre", évocation de Simone de Beauvoir. On notera aussi son opposition à la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, porteuse selon elle d'une menace contre l'unité républicaine française.
L'élection s'est jouée, selon l'expression consacrée, dans un fauteuil. Danièle Sallenave a été élue au premier tour, par 18 voix sur 28, contre 5 à Jean-Louis Servan-Schreiber - les huit autres candidats n'ayant récolté aucun vote (le solde étant constitué de quatre bulletins blancs et d'une croix, signifiant que l'électeur rejette toutes les candidatures présentées). Parmi les postulants, se trouvait un écrivain, romancier et poète que j'ai déjà évoqué sur ce blog (ici, là et là-bas), Olivier Mathieu dit Robert Pioche. Certains blogolecteurs auront peut-être connu, dans leurs pérégrinations livresques, Violaine Vanoyeke, également candidate et romancière ayant une prédilection pour le genre historique.
Il est à noter qu'une idée reçue considère qu'il faut être écrivain pour être admis au sein de l'illustre compagnie, ce qui est loin d'être le cas - qu'on pense par exemple à la cohorte d'ecclésiastiques qui ont fréquenté l'Académie française, en particulier à la fin du règne de Louis XIV ou au militaire Armand de Camboust, duc de Coislin, élu à l'âge de 16 ans en 1652. La seule condition d'admission écrite (sans parler de celles qui ne le sont pas...) aura longtemps été d'être "de bonne compagnie"; une limite d'âge, fixée à 75 ans au moment du dépôt de candidature, vient de s'y ajouter, non par jeunisme frénétique, mais afin d'éviter tant soit peu les hécatombes qui frappent l'institution de manière chronique.
Photo: http://www.babelio.com.






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