Une majorité des paysans indiens connaît la Toile… et maintenant des millions d’entre eux s’en servent.

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D’après une étude effectuée par deux associations professionnelles, Internet comptera 24 millions d’usagers ruraux en Inde en décembre 2011, soit une augmentation de 98% sur un an. Le chiffre a de quoi faire tourner les têtes et la faible pénétration de la Toile parmi la population laisse espérer une croissance à deux voire même trois chiffres pour les années à venir.
Bien sûr tous les foyers sont loin d’être équipé d’un ordinateur, mais les téléphones portables ont inondé le pays en quelques années tandis que le gouvernement récolte les fruits de près de 30 ans de campagne de sensibilisation à l’informatique. De nombreux villages sont par exemples dotés de centres gouvernementaux où chacun peut venir accéder à Internet pour des sommes très modiques et parfois même gratuitement. L’idée est simple: faire en sorte que le plus grand nombre, et notamment la foule de paysans, puissent accéder à l’information pour mieux cultiver leurs champs puis commercer de façon plus rationnelle, connaître leurs droits, accéder aux services publics.
On ne parle pas en Inde de réduire la fracture numérique. Le débat et les enjeux sont bien plus vastes. Internet est perçu comme un outil pour résorber l’immense fracture entre les marginalisés de l’économie, de la politique et de l’information et les autres. Et les implications sociales sont immenses car ce sont les ruraux, dont les 24 millions à présents connectés et tous ceux qui les suivront bientôt, qui incarnent le socle de la démocratie indienne. Ce sont eux qui font et défont les gouvernements. Leur accès à l’information est donc politiquement crucial. Et l’espace public se fait de plus en plus inclusif. Maintenant, il faut espérer que la présence de nombreuses ONG auprès de ces populations poussent les autorités à ne pas à limiter les effets de cette ouverture.
Le mouvement d’appropriation de la Toile par les Indiens semble en tout cas bel et bien lancé. Ils s’équipent, se connectent. Les projets se multiplient. Par exemple, ils pourront bientôt lire les mêmes contenus que vous et moi dans une des 18 langues officielles du pays grâce au projet de traduction numérique Sampark. Un seul mot vient à l’esprit: shabash! Vous aviez compris, c’est bravo en hindi!





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