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Pourquoi Spotify réduit la gratuité

Publié le 16 avril 2011 par Saradadi

MUSIQUE – Pourquoi Spotify réduit la gratuitéLe site suédois d’écoute de musique en ligne Spotify a annoncé le 14 avril une modification de son offre gratuite. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la manoeuvre n’a rien à voir avec un problème de modèle économique mais pourra faciliter l’implantation du site sur d’autres marchés.

“A compter du 1er mai 2011, tout utilisateur du service gratuit inscrit avant le 1er novembre pourra écouter gratuitement un même titre au maximum cinq fois. Les utilisateurs inscrits après cette date se verront appliquer les nouvelles restrictions” à l’issue d’une période de six mois, précise le cofondateur de Spotify Daniel Ek sur le blog officiel du site. La durée totale d’écoute gratuite sera également limitée, à 10 heures, également à l’issue d’une période de six mois.

Que cache cette nouvelle stratégie ? Des difficultés économiques comme croit le savoir lemonde.fr ?  Non… A l’heure où Spotify vient de fêter ses cinq ans, le site compte un millions d’abonnés payants, qui composent 20 % des utilisateurs, et encaisse des revenus publicitaires grâce aux autres, grâce à la diffusion toutes les demi-heures d’écoute de spots de 15 secondes.

En Europe, le site est la deuxième source de revenus numériques des maisons de disque, d’après l’IFPI[1]. Et selon l’hebdomadaire américain de musique Billboard magazine, les pays dans lesquels Spotify opère ont vu les revenus tirés du numérique croître de 43 % en 2010.  Le site de streaming suédois a créé pour le business de la musique un modèle économique qui fonctionne.

Alors pourquoi réduire le champ du service gratuit ? “Il est vital que nous continuions à offrir un service à la demande gratuit pour vous et des millions d’autres comme vous, mais pour cela, nous devons mettre en place des limites”, explique Daniel Ek dans la note qui annonce les changements. Les “millions d’autres comme vous” ce sont les millions d’Américains qui font le marché de la musique le plus grand du monde. C’est pour satisfaire aux exigences des labels outre-Atlantique que Spotify serre la vis.

Le site suédois est actuellement en pleines négociations avec les maisons de disque américaines pour obtenir les licences qui lui ouvrirait les portes de leurs gigantesques catalogues et, du même coup, celles d’un lancement aux Etats-Unis. Emi et Sony sont d’ores et déjà convaincues par le géant du streaming musical européen ; reste à convaincre Universal Music et Warner Music Groups.  Ces labels rechignent encore, craignant que le service gratuit de la firme suédoise ne cannibalise les ventes en ligne de fichiers mp3. Spotify partage pourtant ses revenus publicitaires avec ses partenaires, mais les labels américains ont estimé que les montants restaient insuffisants.

La conservation d’un service gratuit, même à minima tel que Spotify tente de le mettre en place, constitue pourtant un formidable outil d’attraction pour le service payant. Les réticences de l’industrie de la musique face à tel acteur, l’un des rares à avoir trouvé un équilibre qui permette de dégager des revenus, montre le fossé réactionnaire qu’entretiennent encore les maisons de disque avec la réalité numérique.

flickr.com L'application Spotify - spotify.com Daniel Ek est le cofondateur et le PDG de Spotify - flickr.com flickr.com MUSIQUE – Pourquoi Spotify réduit la gratuité

  1. [1] L‘International Federation of the Phonographic Industry, l’organisme international chargé de faire respecter, dans le monde entier, les droits d’auteur de l’industrie du disque. ↩
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