Alors, quoi de mieux pour commencer une critique alléchante par une idée libérée qu’insuffle cette charmante comédie familiale sympathique et sincère ? Fraicheur, spontanéité, dialogues croustillants. Et, plus encore, sa réalisatrice, Lisa Cholodenko y aborde un fait sociétal d’actualité, l’homosexualité et plus particulièrement les familles homoparentales. Elle ne tombe pas dans la niaiserie et offre un film subtil au titre évocateur : « Tout va bien ! The Kids are all right ».
A partir de cette recette, elle nous emmène dans le subconscient de la famille, loin de tous ces tabous habituels. C’est ce que nous pouvions constater en regardant le DVD sorti le 8 mars dernier, dont la philosophie ne manque pas d’humour et d’extravagance bien acidulés dans l’air du temps pour mieux décomplexer un monde où les mentalités vont bon train. Alors, Mesdames, Messieurs, n’ayez plus crainte, laissez-vous distraire avec cette comédie dramatique, portée par un casting féminin jubilatoire, sobre et souriant !
D’abord, le film démarre au quart de tour par une scène y confortant bien l’idée du film où les enfants ont la parfaite maitrise de leur rôle et les parents sont dépassés par ceux-ci et des problèmes d’adolescences (rencontres amicales, les premières bêtises, les premiers flirts, la quête existentielle…). Tout va bien, ces premiers ne cessent de réclamer leur liberté à leur façon malgré leur différence d’âge et socio-culturel. L’un incarné par Laser, Josh Hutcherson, est plutôt un élève moyen et passe la plupart de son temps avec un drôle de copain dont les fréquentations laissent (vraiment) à désirer. Entre une séance de skateboard et quelques moments plus ou moins cocasses, il ne sait plus quoi faire de ses dix doigts au point d’éveiller le mauvais soupçon de ses parents, un couple atypique joué par la spontanéité d’Annette Bening et la fraicheur de Julianne Moore. La situation est normale mais elle vire très vite au burlesque devant l’inquiétude des personnages jusqu’à ce que la grande sœur du haut de ses 18 ans, Joni (Mia Wasikowska) en décide autrement. 
A eux deux, l’un dans l’autre vont donner un sens à leur existence où leur initiative personnelle les mène à retrouver leur donneur interprété par le « serial lover » Mark Ruffalo. Pourquoi tant retrouver leur père biologique ? Que va t’il leur apporter concrètement à leur éducation et vie ? Est-ce un problème existentiel ou d’identité pour mettre simplement un nom sur un visage ? Ce dernier tente d’y répondre naturellement à la suite d’une question sortie tout droit de l’imaginaire de Joni, une jeune fille coincée entre sa réserve et timidité, et son entrée dans le monde des adultes (« Pourquoi as-tu donné ta semence ? ») : « C’est nettement plus agréable que de donner son sang ». Le début d’une histoire pas comme les autres, va naitre pour ces deux adolescents !
Entre sourires débordants et situations démesurées et incongrues, vous êtes loin d’imaginer les quelques hormones bien excitées pour mieux vous plonger dans une étude de la vie de famille où un couple (pas comme les autres), deux enfants et un donneur de sperme tentent d’exister à travers leur vie. A l’instar de « LOL – Laughing Out Loud », la réalisatrice dresse un tableau familial atypique autour du thème de l’homosexualité, de l’émotion et des personnages qui redécouvrent la difficulté de la vie de famille avec sourire et jovialité.
Et, pourtant, rien n’est gagné pour ce couple Annette Bening et Julianne Moore qui se retrouvent entrainer dans la confusion de leur sentiment avec l’arrivée de ce « papa » charismatique et charmeur. Et, si celui-ci retrouve sa fibre paternelle envers ses deux enfants ? Que va-t’il se passer pour ces deux mamans qui essaient de maintenir leur vie de famille et tous ces éléments qu’elles ont construit avec leur deux enfants ? Quelle sera l’incidence réelle sur leur couple ? D’un très mauvais œil, elles vont d’abord se méfier, ironiser le coup du sort par des petites mesquineries en tout genre puis très vite leur relation s’étouffe au point de se perdre dans les méandres de ce marathon amoureux où la longévité d’un couple peut faire souffrir sans que l’on puisse sans rendre compte. La première garde une certaine rigueur dans un environnement familial qu’elle tente de maitriser à la perfection et la deuxième redécouvre les joies d’une activité professionnelle et de la vie (efficacement et puissamment). Ainsi, plusieurs autres questions peuvent se soulever avec légèreté et gravité. Faut-il connaitre ou non le donneur de sperme ? Mais aussi la difficulté de garder une vie de couple et de famille au fil des années.
Le charme, le sourire, la spontanéité d’Annette Bening et la fraicheur de Julianne Moore font de cette comédie dramatique une très belle histoire dont les protagonistes s’amourachent comme n’importe qui d’autres. L’amour, la connivence des deux actrices nous envoûtent facilement où la réalisatrice Lisa Cholodenko pose un regard sobre et objectif sur une tranche de vie de cette famille qui aurait pu être la nôtre (qui sais-je ?). D’autre part, la vie d’un couple, hétérosexuel, homosexuel, est racontée avec légèreté et générosité sans aucune niaiserie. Un film sympathique qui se laisse se regarder si l’on veut retrouver le sourire et l’enthousiasme.
Pour finir, j’aimerai remercier Marine pour sa gentillesse et ce partenariat.
D’autres liens complémentaires et partenaires de Cinetrafic :
- La page du film : http://www.cinetrafic.fr/film/27373/tout-va-bien-the-kids-are-all-right
- Parents, enfants, comédies : http://www.cinetrafic.fr/liste-film/3780/1/parents-enfants-et-comedies
Le distributeur est Zylo.





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