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La fessée doit-elle être interdite en France ?

Publié le 28 avril 2011 par Vindex @BloggActualite
La fessée doit-elle être interdite en France ?-Une fessée-

Pour une nouvelle vidéo de la semaine, permettez-nous de vous gratifier d'un nouveau grand moment télévisé.

En effet, actuellement sur les écrans de télévisions, nous pouvons voir un spot publicitaire de la fondation pour l’enfance, dans le cadre d’une campagne publicitaire sur les méthodes d’éducation.

Le clip dure seulement 30 secondes. Il met en scène une fille de 8 ans se faisant administrer une gifle par sa mère simplement pour avoir renversé son jus d’orange. Sa grand-mère s’approche alors de sa mère et lui demande pardon. Puis suit un message : « Des parents qui battent ont souvent été des enfants battus. Éduquons nos enfants sans violence ni claques ni fessées. 28 pays ont déjà interdit ces pratiques inefficaces et traumatisantes ».

La fondation pour l’enfance compte ainsi lutter contre les « vieilles » méthodes que constituent les châtiments corporels et qui servent parfois dans l’éducation des enfants. Cette campagne se fait dans le cadre de la journée internationale contre les violences éducatives, qui a lieu le 30 avril 2011.

Cette vidéo vise à relancer le débat autour de l’interdiction de la fessée, déjà proposée par la députée UMP et pédiatre Edwige Antier.

La question est sommes toutes assez simple : faut-il interdire tous les châtiments corporels en France, que cela soit la fessée ou la gifle ? Expliquez votre point de vue sur cette violence, et sur son utilité éducative.

Pour notre part, nous pensons que la vidéo oriente beaucoup trop le débat.

En effet, elle ne présente que la gifle (plus dure que la fessée) et l’assimile à une décision forcement non raisonnée face à une situation pourtant banale et ne nécessitant pas son usage : elle caricature un acte donné, l'enfermant dans des conditions destinées à cristalliser la révolte contre cette pratique, alors qu'il ne s'agit que d'un cas d'espèce (si courant par ailleurs ?).

On pourrait plus justement utiliser ce spot afin de faire passer un message tel que « n’abusez pas de ce genre de méthodes ».

Car la scène présente et dénonce clairement la gifle comme un abus dans les circonstances qu'elle plante elle-même (c'est à dire incitant le téléspectateur à une réaction, ce n'est jamais qu'un message publicitaire, presque comme tant d'autres), mais non l'acte en son essence même, et tout ce qu'il comporte comme utilité et comme sens (usé avec sévérité, raison, et justesse, bien entendu).

Aussi elle présente presque la gifle comme un acte banal, faisant des parents des bourreaux d’enfants forcément battus dès qu’ils en ramassent une, ce qui a certainement pour effet d'affaiblir les premiers pour renforcer les seconds.

S’il ne faut pas abuser de ces méthodes, nous pensons que les parents peuvent l’utiliser dans certains cas, pour joindre l’acte à la parole si nécessaire : en effet, sans sanction, l'enfant ne se sent pas concerné, et s'il est vrai que l'atteinte physique n'est pas la seule méthode contraignante, il est tout aussi vrai, ce nous semble, que l'extrémité des situations appelle l'extrémité des punitions : c'est là que doit intervenir la sanction physique.

Naturellement le geste doit être précédé de rappels à l’ordre et doit être expliqué si l’enfant est en âge de comprendre. Ainsi, une fessée conviendrait peut-être plus à des enfants qu’une gifle, plus pour des adolescents et en cas de graves déviances.

Mais il apparaît stupide à bien des points de vue d'interdire purement et simplement la fessée, la gifle, lesquels sont des moyens de sanction propres à l'éducation.

En effet, les abus de telles méthodes sont sanctionnés juridiquement, et il n'apparaît pas nécessaire d'interdire ces méthodes lorsque celles-ci sont appropriées et proportionnées.

De plus, « l'argument » consistant à croire en la vertu des normes juridiques et sociales usitées chez le ou les pays voisins (européens plus particulièrement) manque d'analyse, et de la réflexion propre à notre pays, notre société. Souvent l'on pense que l'herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin, mais il faut bien admettre que bien souvent, comparaison n'est pas raison.

Enfin, une interdiction pure et simple de la fessée nuirait gravement à l'autorité parentale dans son ensemble : l'enfant se sentant toujours plus protégé pourrait avoir la plainte facile (laquelle serait d'autant facilitée que tout atteinte physique serait de facto considérée comme une infraction pénale), et le parent se sentant dépourvu d'un moyen à même à la fois de fonder son autorité sur celle de l'enfant, et d'assurer l'ordre et le respect au sein de l'instance fondamentale à laquelle il est à la tête : la famille.

Le débat est lancé, et un sondage l'accompagne.

Rémi et Vincent Decombe.


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