Magazine Bd

[Auteur à découvrir] Christophe Bec

Par Yvantilleuil

Huis-clos dans un sous-marin !

Christophe BecCette intégrale reprend les trois tomes de cette trilogie prenante de Xavier Dorison et Christophe Bec.

L’approche cinématographique de cette série lui insuffle un rythme très accrocheur et efficace de la première à la dernière page. De plus, l’histoire se déroulant à l’intérieur d’un sous-marin nucléaire, les acteurs se retrouvent dans un huis clos qui contribue à installer une atmosphère oppressante et claustrophobe. Finalement, un démon d’une force prodigieuse vivant dans un sanctuaire vient donner un coté surnaturel/ésotérique très réussi au récit et ajoute un petit côté «Alien» à ce thriller sous-marin digne de «The Abyss». Beaucoup de qualités qui font aisément oublier quelques détails scénaristiques assez capillotractés.

Graphiquement, le style photoréaliste d’un Christophe Bec qui n’hésite pas à se servir des visages d’acteurs américains (Johnny Dep, Bruce Willis, …) pour ses personnages, livre un dessin un peu trop figé et des protagonistes pas toujours évidents à distinguer. D’un autre côté, malgré ce style fortement numérisé, ce graphisme aux tons sombres ajoute un côté angoissant à cette série.

Une excellente trilogie d’ambiance qui happe le lecteur dès les premières pages et l’abandonne sur un dénouement assez inattendu, mais réussi.

Un thriller qui se bonifie au fil des tomes !

christophe bec
Après un premier tome peu original et trop confus, qui ouvrait trop de pistes sans les refermer et présentait un personnage central peu charismatique, présenté à coup de longueurs narratives barbantes, j’attaquais ce deuxième tome avec beaucoup d’appréhension.

Déjà, le changement de décor brutal n’était pas là pour me rassurer. Pourtant, ce passage d’un décor montagneux enneigé au désert saharien permet de se détacher du huis clos installé dans le tome précédent et permet de faire disparaître cette impression de retrouver une version réchauffée de « Sanctuaire ».

Le personnage principal passe également d’un simple trouffion peu charismatique à un statut d’élu, certes peu original, mais déjà bien plus intéressant. De plus, les nombreuses pistes lancées dans le tome précédent finissent par trouver raison d’être et le contexte politique insufflé par cette mission diplomatique en plein désert donne beaucoup plus d’ampleur à une intrigue qui semblait se limiter à un affrontement entre militaire et une force surnaturelle qui les dépasse totalement. On a donc l’impression, qu’au fil des pages les auteurs parviennent à lier les différents ingrédients du tome précédent.

Graphiquement, Christophe Bec se contente maintenant de co-scénariser la série et passe le témoin au dessinateur italien N. Genzianella. Son style est toujours aussi réaliste mais n’est plus basé sur l’aspect photographique. La colorisation de M.-P. Alluard et la couverture de Christophe Bec contribuent également à rendre la transition graphique le plus fluide possible.

Bref, ponctué d’un cliffhanger intéressant, ce deuxième tome semble remettre cette série sur une voie beaucoup plus prometteuse.

BD d’épouvante dans une antichambre de la mort !

Christophe Bec
Pandémonium est une BD d’épouvante qui s’inspire des classiques du genre (« Shining », les Stephen King, etc).

Partant d’un bâtiment existant et au passé chargé, le « Waverly Hills Sanatorium », afin de partir de quelque chose de réel, Christophe Bec va lentement y insérer les ingrédients classiques du film d’horreur : la demeure hantée au passé chargé, une chambre qu’il ne vaut mieux pas ouvrir, des silhouettes qui apparaissent aux fenêtres, des enfants capables de voir des choses («Sixth Sense»), …

Partant de la destruction des ruines du Sanatorium à notre époque, l’auteur va user du flashback pour revenir sur le passé lugubre de cette antichambre de la mort. Utilisant la souffrance de ces enfants atteints de la tuberculose afin d’augmenter le malaise du huis clos dans lequel il nous plonge, Christophe Bec va graduellement augmenter le côté angoissant de son récit.

Graphiquement, le dessin réaliste de l’Italien Stefano Rafaelle sied parfaitement au récit et à ce retour dans les années 50, qui se retrouve également dans la colorisation impeccable de Marie Paule Alluard. On peu juste reprocher quelques légers dérapages au niveau des visages, des regards et des expressions venues refléter l’horreur installé par le scénario.

Un thriller fantastique captivant !

Christophe Bec
Mettez vos bonnets rouges pour lire cet album car il respire le commandant Cousteau à plein nez. Voguant entre un documentaire de ce célèbre explorateur marin grâce à une découverte paléozoïque majeure lors d’une opération de forage sous-marine, tout en reléguant le requin du film «Les dents de la mer» à un rôle de figurant, Christophe Bec nous livre un thriller fantastique très captivant.

Ajoutez à cela un thème écologique de fond, accompagné d’un côté dénonciateur des grosses compagnies pétrolières et d’une intrigue familiale en arrière-plan, et vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer une minute pendant la lecture. De plus, l’auteur a choisi de découper son récit sous forme de puzzle de quelques pages, tout en jouant sur la chronologie du récit, ce qui contribue à construire son histoire de manière prenante et bien dosée. Et finalement, malgré quelques exagérations et une approche légèrement manichéenne (mais non dérangeante), l’auteur prolifique des Humanoïdes Associés parvient à installer cette nouvelle série de manière très prometteuse.

Le dessin réaliste et très lisible d’Eric Hénninot (« Alister Kayne »), pourvu d’excellents cadrages, sied parfaitement à ce récit subaquatique. De plus, avec une coloriste talentueuse (Delphine Rieu, « Les aquanautes ») qui peut tout doucement revendiquer le titre d’océanologue réputée, tout comme l’héroïne de ce récit, cette série prévue en huit tomes ne risque pas de prendre l’eau au niveau du graphisme.

Nouvelle série d’épouvante !

Christophe Bec
Avec ce premier tome de « Sarah », Christophe Bec livre un récit dans la lignée des ses œuvres précédentes et dans ce genre au sein duquel il excelle : le récit d’épouvante !

D’entrée, l’auteur installe une ambiance horrifique efficace en puisant dans les classiques du genre : le couple qui vient s’installer dans un chalet isolé au milieu de la forêt, une créature sanguinaire qui rôde dans l’ombre, une cave mal éclairée où l’on distingue uniquement les yeux rouges de la créature en question et des voisins pas vraiment normaux. Jusque-là : des grands classiques et rien de vraiment original.

Mais, en marge des clichés du genre, Christophe Bec livre également une héroïne qui ne va pas seulement devoir affronter ces éléments horrifiques, mais qui doit également affronter ses propres démons. Une protagoniste principale schizophrène qui dialogue avec une voix dissimulée au fond de sa tête, issue d’événements traumatisants du passé. De plus, le scénariste va situer son récit au sein d’un petit village qui semble dissimuler un lourd secret et lancer son héroïne dans une enquête intrigante. Le danger guette donc constamment, l’ambiance est pesante et la tension monte au fil des pages : une belle réussite !

Au niveau du graphisme, Stefano Raffaele accompagne parfaitement l’atmosphère lourde installée par le scénario. Tout comme pour la série « Pandémonium », le duo Christophe Bec – Stefano Raffaele livre donc une excellente mise en place, qui donne envie d’en apprendre plus.

 Un puzzle d’événements surnaturels !

Christophe Bec
Avec ce premier tome de « Prométhée » Christophe Bec livre à nouveau une mise en place dont il a le secret, tout en marquant son retour au dessin. Un tome d’introduction qui pose le décor, les personnages et ce fameux suspense qu’il entretient si bien.

En mêlant l’histoire mythologique de Prométhée, la conquête spatiale et les conquistadores, l’auteur livre une mise en bouche aussi riche que déconcertante. Flashbacks abruptes, abondance d’informations scientifiques, mythologie grecque, horreur et jonglage avec le temps et l’espace sont au programme. Ajoutez à cela une série d’événements surnaturels abracadabrantesques qui s’abattent systématiquement sur la Terre à 13H13 UTC et vous obtenez un récit que l’on pourrait qualifier de « n’importe quoi » si ce n’était Christophe Bec au scénario. Car, à nouveau, malgré les nombreux allers-retours, la complexité et l’abondance d’événements totalement inexpliqués, l’auteur parvient à livrer une mise en place parfaitement maîtrisée et pour le moins intrigante. Arrivé à la dernière planche, il faudra à nouveau constater que l’auteur n’a pas son pareil pour gérer son suspense.

Graphiquement, Christophe Bec livre à nouveau un style photographique qui a le mérite d’accentuer l’aspect réaliste de l’histoire, avec toujours l’inconvénient de livrer un dessin un peu trop figé. La colorisation de Sébastien Gérard est très réussie.

Une question capitale demeure cependant à la fin de ce premier volet : comment l’auteur parviendra-t-il à faire retomber toutes les pièces de ce puzzle dans un ensemble cohérent ? Faudra-t-il une intervention divine ou le talent de Bec suffira-t-il ?

Un bled mystérieux !

Christophe Bec
« Redemption » est déjà la troisième collaboration entre Christophe Bec et Paulo Mottura, après « Carême » et « Deus ».

En suivant les pas du personnage central, Chogan Tomkins, le lecteur se retrouve dans un bled peu accueillant nommé «Death or Redemption». Une petite ville peu chaleureuse qui compte 423 âmes, toutes plus farfelues les unes que les autres. Mais surtout une ville dont on ne ressort pas si facilement.

A travers quelques flashbacks, le lecteur en apprend un peu plus sur le passé de Chogan Tomkins, mais se retrouve pour le reste assez perdu au milieu de cette étrange bourgade. Excepté le mystère qui entoure cette ville, il n’y donc pas grand-chose de concret à se mettre sous la dent lors de ce tome de mise en place.

Au niveau du graphisme, Paulo Mottura saisit parfaitement l’ambiance étrange de ce bled et livre une galerie de personnages assez amusante.

Arrivé à la fin de ce premier volet, le lecteur ne sait pas encore où les auteurs veulent l’emmener et personnellement, j’en ressors assez déçu.

Un casse dans le fin fond de la Sibérie !

Christophe Bec
Après une saga basée sur le chiffre 7 (7 tomes, 7 missions à haut risque, 7 équipes de 7 hommes décidés à réussir, et un défilé de 7 scénaristes et 7 dessinateurs différents), David Chauvel lance une nouvelle collection basée sur un concept commercial similaire. Cette nouvelle série-concept sera à nouveau composée de one-shots indépendants, proposés par des auteurs différents et ayant comme sujet commun, le montage d’un casse d’envergure. Ce sont Christophe Bec et Dylan Teague qui se chargent du premier volet de cette saga prévue en 6 tomes.

Le décor de ce premier casse est une mine de diamants située dans le fin fond glacé de la Sibérie. Si l’endroit est aussi inhabituel qu’hostile pour effectuer un casse, la trame de ce braquage est cependant assez classique, incluant le traditionnel repérage, l’élaboration du plan et le casse en lui-même. Mais malgré un scénario peu surprenant, Bec parvient à livrer une histoire intéressante. La narration est parfaitement maîtrisée, les personnages suffisamment développées, le rythme parfaitement géré et la fin aussi inattendue qu’efficace.

Même constat au niveau du graphisme ! Pour sa première apparition au sein du neuvième art franco-belge, Dylan Teague livre de l’excellent boulot : un trait précis et réaliste, une mise en scène irréprochable et une colorisation adéquate. La couverture est également réussie, même si elle ‘spoile’ un peu trop …

Bref, un très bon premier tome !

Huis-clos au fond des égouts ! 

Christophe Bec
Avec une saga signée Christophe Bec, on se dit qu’on aura droit à un récit horrifique de qualité, mais bon, quand on est invité à faire un voyage au cœur des égouts, on a également beaucoup de chance de tomber sur une grosse merde ! Cette première partie de diptyque se situe un peu entre les deux, ce n’est certainement pas le meilleur récit de Bec, mais c’est très divertissant, avec quelques scènes horrifiques parfaitement maîtrisés.

Ce premier volet propose donc une petite visite guidée au sein des égouts de la ville de Megalopol. Les deux personnages centraux sont assez classiques, avec d’un côté un ancien superflic hanté par la mort de son co-équipier et de l’autre, une scientifique qui veut vérifier les rumeurs concernant des créatures mutantes vivant dans les profondeurs.

Si le suspense est parfaitement maîtrisé et que le gigantesque réseau souterrain permet d’installer un huis-clos efficace, le scénario demeure tout de même très classique. La faune crypto-zoologique est bien exploité, mais on est quand même très loin du niveau d’Alien.

Au dessin, Stefano Raffaele signe ici sa troisième collaboration avec Christophe Bec, après « Pandémonium » et « Sarah ». l’Italien parvient à restituer l’atmosphère pesante qui règne dans les sous-sols et propose un bestiaire intéressant. Je l’ai trouvé plus efficaces sur les scènes souterraines, qui dominent heureusement cet album.

Suite et fin lors du tome suivant !


Filed under: Auteurs à découvrir, BANDES DESSINÉES, Christophe Bec, Franco-Belge, [Grand public] Tagged: BD

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Yvantilleuil 3439 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines