
Selon une étude de l’Institut Fraser, dont les résultats et le bilan ont été publiés via un article dans Le Journal de Montréal, «les immigrants coûtent trop cher.»
Les immigrants et l’économie canadienne
Le problème premier des immigrants chanceux d’atterrir sur un sol canadien plein de promesses, serait de percevoir un revenu inférieur à celui des citoyens. La conséquence? Payer moins d’impôts. Donner moins d’argent à un état excessivement capitaliste, dont quelques politiciens baignent dans les relens scandaleux de la corruption. Moins participer au financement d’un système de santé, dont une partie des immigrants ne bénéficient pas forcément. Et tout cela, en faisant tourner l’économie avec leurs petits salaires. En remplissant les caisses du pays avec la grosse part d’argent déjà donnée pour l’obtention d’un permis de travail légal.
Il semblerait que l’Institut Fraser n’ait pas le sens des réalités. Se limitant à l’étude de simples chiffres. Sur quoi se base-t-il? Une comparaison de salaire. Mais avant de rendre public des données aussi dangereuses pour des personnes déjà fragilisées, risquant également d’accentuer une probable xénophobie de la part des citoyens canadiens, les personnes à l’origine de ces résultats ont-elles été se frotter à la réalité du quotidien des immigrants? Car si l’insertion sociale dans ce pays multiculturel reste satisfaisante, il n’en est pas de même concernant l’insertion professionnelle. Dans un pays en contradiction totale. Prenons le Québec par exemple. Selon la loi, tous les commerces ou restaurants se doivent d’accueillir leur clientèle en français. Hors, dans la pratique, aucun employeur, ou très peu, n’embauchera une personne ne parlant pas l’anglais. De plus, l’Institut Fraser propose ses solutions. «Les détenteurs d’un visa de travail qui perdent leur emploi auront un délai de trois mois pour en trouver un nouveau, sans quoi ils devront quitter le pays.» Cependant, ce qu’ignore certainement cet institut désireux d’apporter des preuves indéniables à travers de vulgaires chiffres, c’est la difficulté à laquelle se confronte un immigrant pour faire un changement d’employeur. Et surtout, au délais très long. Un délai d’environ 40 jours ouvrables. Quel employeur acceptera d’attendre 40 jours avant que son futur employé ne prenne ses fonctions?
Un manque de connaissances évident
L’Institut Fraser parle de salaire. Mais uniquement de salaire. À aucun moment cette étude n’aborde la manière de dépenser son argent. Dans un pays où le crédit est devenu un mode de vie, combien de canadiens sont endettés? Comparativement, combien d’immigrants sont endettés. Certainement beaucoup moins, puisque ces derniers n’ont pas le droit aux prêts d’argent sans être résidents permanents. Devraient-ils alors être accusés de ne pas participer au développement des banques, via des frais excessifs?
Je suis immigrante. Une immigrante désormais en colère contre l’Institut Fraser, et non contre le gouvernement canadien victime de certaines failles, comme la plupart des états dans le monde. Je travaille 47 heures par semaine. Mon mari en fait 40. Mes enfants vont à la garderie, que nous payons de notre poche. Nous payons un loyer de précisément 1070$. Notre venue en Amérique du nord nous a coûté environ 7000$, dont une grosse partie a été injectée dans l’économie canadienne (ouverture de comptes, achat de meubles, embauche de gardienne, etc…) Nous contribuons donc largement à l’économie canadienne. De plus, je ne pense pas coûter cher à l’assurance maladie, puisqu’après trois heures d’attente à la clinique médicale, nous payons 80$ par personne les services du médecin. S’ensuivent alors le prix des médicaments, absolument pas pris en charge par l’assurance maladie à laquelle nous n’avons pas le droit. Ne soyons pas hypocrites. Notre qualité de vie s’est largement améliorée depuis notre arrivée sur ce territoire, mais à nos frais. Totalement à nos frais. Certes, actuellement nous ne payons pas d’impôts, mais si l’état manque d’argent pourquoi l’Institut Fraser ne propose-t-il pas de faire cesser les réductions d’impôts admises à de grandes entreprises?
À lire absolument, l’article de Isabelle Maher, Le Journal de Montréal du mardi 17 mai, page 3.
Ainsi que la rubrique de Benoît Aubin, Le Journal de Montréal du mardi 17 mai, page 24.

Immigration : danger d’une étude irréaliste is a post from: Vodka Pomme Magazine






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