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Requiem pour un Massacre

Publié le 01 juin 2011 par Olivier Walmacq

Requiem pour un Massacre

L'histoire: Deuxième Guerre Mondiale, Biélorussie, 1943. Après avoir découvert une arme, Fiora décide de s'engager dans l'armée russe. Mais ce qu'il va voir, risque de le marquer à vie...

La critique d'Alice In Oliver:

Attention, film choc ! J'ai nommé Requiem pour un Massacre, réalisé par Elem Klimov en 1985. Ce chef d'oeuvre nihiliste et jusqu'au-boutiste dépasse largement le film de guerre. A travers les yeux injectés de sang et de colère de son héros principal, Floria, un adolescent, Elem Klimov livre un film personnel et psychanalytique, le but étant de délivrer ses propres cicatrices.
Pour cela, le cinéaste implique totalement son acteur principal, Alexei Kravtchenko (donc, Floria). D'ailleurs, le jeune interprète est tellement engagé dans son personnage que le réalisateur fera appel aux services d'un psychiatre sur le tournage.

Le but est aussi de plonger le spectateur dans l'horreur de la guerre, et plus précisément, dans une Seconde Guerre Mondiale cruelle, barbare et sans espoir. A cet égard, Elem Klimov délivre quelques séquences apocalyptiques, dont la tonalité sombre et pessimiste n'est pas sans rappeler Apocalypse Now, le LSD en moins... Requiem pour un Massacre suit la trajectoire d'un adolescent, Floria, qui s'engage malgré lui dans l'armée russe afin de combattre les nazis.

Le début du film a le mérite de présenter très vite les hostilités. Floria assistera à l'exécution de sa mère et sera entraîné sur le front, entre les balles, les morts, les grenades et les explosions.
La mise en scène de Klimov se veut la plus réaliste possible, suivant son jeune protagoniste la caméra à l'épaule, tel un documentaire froid, à la précision clinique et chirugicale.

A partir de ces différents éléments, Requiem pour un Massacre se concentre uniquement sur le point de vue de son héros.
Floria va alors assister aux pires horreurs, la caméra de Klimov se focalisant alors sur le regard du jeune soldat, totalement dépassé par la situation et subissant une guerre qu'il ne comprend pas.
A travers la trajectoire de cet adolescent, Elem Klimov raconte sa propre histoire et effectue un travail psychanalytique.

Pour l'anecdote, le tournage sera tellement éprouvant pour le réalisateur qu'il ne tournera plus jamais aucun film par la suite.
Requiem pour un Massacre reste donc le seul et unique film de son auteur. Mais quel film ! Existe-t-il encore une part d'humanité sur les champs de bataille ?
Telle est la question posée par Elem Klimov...

A ce sujet, le réalisateur ne laisse presque jamais entrevoir la moindre note d'espoir, assommant le spectateur dans une dernière heure d'anthologie.
Floria finit par être capturé par les nazis et assiste à l'exécution barbare de plusieurs personnes dans une grange.
Je n'en dis pas plus... Mais cette séquence, incroyablement réaliste et d'une violence inouïe, marquera à jamais Floria.

Avec Requiem pour un Massacre, Elem Klimov propose une expérience à la fois visuelle, sonore, cruelle, poètique, lyrique et traumatique d'une guerre incompréhensible. Le cinéaste pose également la question du ou des responsables. A ce sujet, Floria trouvera un début de réponse, flinguant le portrait d'Adolf Hitler sous un déluge d'images et de bruit renvoyant à l'Apocalypse et à une humanité touchant à sa fin. Au final, Requiem pour un Massacre est une oeuvre éprouvante tant pour son réalisateur et son acteur que pour le spectateur.
Le meilleur film de guerre jamais réalisé, point barre !

Note: 21/20


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