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Oedipe Roi

Publié le 19 juin 2011 par Olivier Walmacq

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genre: drame mystique

année: 1967

durée: 1h39

la critique de Koamae:

En 1967, Pier Paolo Pasolini est déjà un réalisateur et un écrivain reconnu. Son dernier film, Des Oiseaux Petits Et Gros, a été un grand succès auprès de la critique, et il sait qu'il doit faire fort. Et pour cela, il adapte Sophocle au cinéma, avec la légende grecque d'Oedipe...
Oedipe Roi est son cinquième film, et clairement un de ses sommets absolus. Tourné avec quelques uns des acteurs fétiches de PPP (qui d'ailleurs, fait une courte apparition dans le film !), c'est-à-dire Franco Citti et Silvana Mangano (la mère dans le fabuleux Théorème, c'est elle), le film aligne 100 minutes autour du mythe incestueux.
Scindé en trois parties (une intro, une grosse histoire et un épilogue, mais vous en saurez plus dans le prochain paragraphe...), Oedipe Roi représente le premier volet d'une sorte de diptyque antique de Pasolini, poursuivi avec Médée.
Pour son film, Pasolini, voyageur né, choisit le décor du désert marocain. Tout est 'naturel', rien n'est rénové ou rajouté, il ne s'agit que de ruines en état, ce qui donne une dimension encore plus réelle à ce chef d'oeuvre...

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...Et pourtant, le film démarre bel et bien en Italie, dans les années 1920. Une jeune femme vivant dans la cambrousse a eu un bébé récemment, et lui voue évidemment un grand amour. Mais son mari, militaire, devient peu à peu jaloux de l'enfant.
Passé cette intro, on revient quelques milliers d'années en arrière... Et là, l'histoire d'Oedipe, tout simplement. Le fils du roi de Thèbes est abandonné dans le désert et destiné à la mort à cause d'une prophétie qui dit qu'il tuera son père et couchera avec sa mère.
 Mais il est recueilli par la famille royale de Corinthe. Il grandit là-bas, et découvre l'horrible prophétie devenant adulte. Alors il erre dans le désert, plein de rage, s'est enfui de Corinthe.
Le hasard fait qu'il arrive vers Thèbes, et qu'il tue un vieil homme non-loin de là, suite à une altercation. Il ne se doute bien sûr pas qu'il s'agit de son vrai père. On le reçoit à Thèbes, où la main de Jocaste, reine et récemment veuve, est promise à quiconque libèrera la ville du Sphinx.
Oedipe parvient à cela, et peut donc épouser sa véritable mère... Le mal est fait. Il mène sa vie de roi, jusqu'au jour où Thèbes est touchée par la peste.
Un oracle arrive dans la ville, et fait prendre conscience à Oedipe que la prophétie s'est réalisée. Horrifié, Oedipe se crève les yeux et erre dans Thèbes.
Enfin, retour en Italie, et retour au XXème siècle, où l'on voit un aveugle jouant de la flûte, et guidé par un autre homme.

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Que ce film est beau... Forcément, les mythes antiques vus par Pasolini ne donnent que quelque chose d'immense. Il règne toujours dans les films de PPP une ambiance particulière, celui-là ne fait pas exception, mené par un climat mystique et limite entêtant.
Comme toujours chez Pasolini, les acteurs sont grandioses, menant leurs rôles à bout sans jamais décrocher. Et en fait, je ne vois même pas quoi dire d'autre à propos de ce monument absolu du cinéma, qui s'impose à tout cinéphile digne de nom.
Un chef d'oeuvre de plus de la part d'un réalisateur qui manque cruellement à l'Art en général, car le cinéma était loin d'être la seule facette de Pasolini !

Note: 18,5/20


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