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De la rigueur des chiffres à la magie des mots…

Publié le 23 juin 2011 par Delits

 

« Face à la mondialisation, les salariés ne privilégient pas le protectionnisme » : ce titre relévé dans les  « Echos » du 20 juin 2001  s’appuie sur un sondage TNS sofres. Or,    les chiffres indiquent que 61% des salariés interrogés sont en faveur de l’adoption de mesures protectionnistes, même si, dans le texte on précise que les sondés doutent que la France soit en mesure d’imposer ses vues dans des négociations internationales.

En outre, il est vrai qu’à plus de 71% ils préconisent de nouvelles productions moins concurrencées sur le marché mondial, une réduction des charges sociales alourdissant le coût du travail, une amélioration de la qualification dans la formation professionnelle, et une extension au niveau mondial du système de protection sociale.

Au final, et  à la lumière de ces chiffres, il  ne semble pas que la vision de nos compatriotres justifie un tel titre auquel on associe le terme de « protectionnisme », chargé de toutes les diabolisations dans le prêt à penser économique qui nous entoure, avant même qu’il ait été défini.

Or nous devons remarquer qu’il s’agit d’un sondage réalisé auprès de 1200 personnes travaillant dans le secteur privé. Lorsque l’on sait que l’industrie française, hors bâtiment, a perdu près de 9 points entre 200 et 2010, déjà l’échantillon des salariés exposés à la concurrence mondiale est sensiblement réduit, il eût été plus significatif de choisir un échantillon auprès des personnes en âge d’avoir un emploi, y compris les chômeurs victimes des délocalisations.

Par ailleurs, le même numéro des « Echos » en page 28, fait état de la fragilisation du secteur des services en France, et notamment que « le coût du travail dans les services a augmenté en France de 24%, contre 12% en Allemagne sur la période 2000-2008 » . . .

De plus, si on met en exergue les doutes quant à la capacité pour la France d’infléchir les négociations commerciales mondiales, ne croit-on pas qu’il en serait de même pour établir « un socle universel de protection sociale »,  précisément pierre d’achoppement dans ces mêmes négociations, en raison du refus des pays émergents d’intervenir dans leur politique intérieure.

 Il y a des mots dont le contenu émotionnel ou faussement scientifique éliminent toute étude sérieuse, en raison de leur caractère « tabou » ou idéologique. S’il parait difficile et peu convainquant de revenir au réseau du système douanier des années 30, nous disposons aujourd’hui d’outils économétriques qui permettent de définir des optimum de tarifs douaniers, fiscaux et sociaux entre les grandes zones, en fonction du chômage, de la consommation intérieure nécessaire au respect des grands équilibres des charges sociales, des parités monétaires et des déficits budgétaires.


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