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La présence d’une religieuse parmi des correcteurs du bac suscite de l’émotion

Publié le 24 juin 2011 par Veille-Education

La participation d’une religieuse en habit à une réunion de correcteurs du baccalauréat, lundi 20 juin à Paris, a provoqué un début de polémique.

Le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, dénonce une entorse au principe de laïcité.

QUE S’EST-IL VRAIMENT PASSÉ ?
Une inspectrice d’académie a réuni lundi 20 juin, au lycée Carnot, à Paris, 300 professeurs du public et du privé chargés de corriger l’épreuve écrite de philosophie. L’objectif de cette rencontre était notamment de répartir les copies et de se concerter sur la façon de les noter.

Parmi ces correcteurs, une enseignante, qui se trouve être aussi une religieuse. Elle s’est présentée et a pris part à la réunion avec « un voile, un habit couvrant les chevilles et un gros crucifix en métal », selon le témoignage d’une autre participante. « À la pause, j’ai alerté l’inspectrice, qui ne savait pas vraiment comment réagir », raconte-t-elle.

Le proviseur de cet établissement, qui n’était pas centre d’examen, n’a été informé de la situation qu’après coup. En tout état de cause, celui-ci estime que ce n’était pas à lui, mais à l’organisatrice, d’intervenir.

QUELS SONT LES REPROCHES FORMULÉS PAR LE SNES ?
Pour ce syndicat, c’est bien la tenue que portait la professeur qui est en cause, et non le fait qu’elle soit religieuse. « Quand on participe à la délivrance d’un diplôme d’État, on doit respecter le principe de neutralité », fait valoir Daniel Robin, son co-secrétaire national.

Ce qui l’inquiète, surtout, c’est que cette enseignante puisse faire passer des oraux de rattrapage, le 6 juillet, et qu’elle continue alors d’‘arborer’ ces signes religieux face aux candidats. Le rectorat de Paris affirme que cela ne devrait pas être le cas, car « cette personne est correctrice mais pas membre de jury ».

QUE DIT LA LOI ?
Selon Henri Pena-Ruiz, spécialiste de la laïcité à l’école, la loi est sans ambiguïté. « En l’espèce, cette enseignante n’était pas seulement une religieuse, mais elle était investie d’une mission par l’État républicain. Elle se devait par conséquent de respecter le principe de neutralité. Elle n’aurait pas dû porter son habit, elle n’aurait même pas dû porter de crucifix », assure celui qui a été membre de la commission Stasi en 2003 (chargée de réflechir au principe de laïcité).

Une circulaire du ministère de l’éducation, en date de 2004, stipule ainsi : « Les agents contribuant au service public de l’éducation, quels que soient leur fonction et leur statut, sont soumis à un strict devoir de neutralité qui leur interdit le port de tout signe d’appartenance religieuse, même discret. Ils doivent également s’abstenir de toute attitude qui pourrait être interprétée comme une marque d’adhésion ou au contraire comme une critique à l’égard d’une croyance particulière. »

Le rectorat de Paris estime, lui, que « l’enseignante, n’étant pas fonctionnaire puisque travaillant dans le privé, n’était pas tenue à l’obligation de neutralité ». Rien ne l’empêche donc de se présenter dans la même tenue à la deuxième réunion d’harmonisation prévue mercredi 29 juin. Même si le rectorat « lui conseillera de s’habiller différemment ».

COMMENT RÉAGIT L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE ?
Claude Berruer, adjoint au secrétaire général de l’enseignement catholique, souligne que le but de cette réunion était de remettre des copies et d’instaurer un barème. « L’apparence de l’enseignante n’a sans doute pas eu d’influence sur les questions techniques à régler », estime-t-il. Cependant, si d’aventure cette professeur devait faire passer des oraux, il lui conseillerait de revêtir une tenue civile « afin de ne pas choquer ». C’est, dit-il, une question de « discernement ».
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