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Modèles stratégiques nationaux

Publié le 25 juin 2011 par Egea

Les conséquences de la déroute financière grecque ne laissent pas d'inquiéter. Les atermoiements européens font entrevoir un dénouement catastrophique, alors que l'Amérique est de plus en plus fragilisée, et que la Chine elle-même pâtit d'un surcroît d'inflation et d'un changement de modèle économique. SI le système peut passer l'été, les risques à l'automne sont très élevés. On entrerait alors dans un monde inconnu, à la manière des développements du monde arabe : quelque chose qui part et qui est immaîtrisable.

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C'est pourquoi je réfléchissais à la comparaison des modèles stratégiques européens.

La question se pose, à l'heure où tout un chacun sait que nous sommes en campagne présidentielle : surtout, elle agite les spécialsites de la défense, qui pensent tous un peu aux programmes des candidats, mais plus encore la la révision du Livre Blanc (le LBDSN pour les intimes). On commence à en apercevoir les prémices, avec les déclarations, articles, questions parlementaires, communiqués, commentaires de blogs qui ont rempli les dix derniers jours.

Regardons autrement les choses.

La France obéit encore à un système d'armée complète, comme ne cesse de le répéter le CEMA, notamment dans son discours récent à l'IHEDN. Pourra-t-on le conserver, alors que la crise économique est très présente, comme je le remarquais en préalable ? C'est la question essentielle.

La Grande-Bretagne a choisi, comme à son habitude, une politique de stop and go, avec des coupes radicales de tous ses budgets, y compris ceux de défense. Ils ne cessent de se mordre les doigts de leur politique passée, trop volontaire en matière d'externalisation (qui leur revient hors de prix : on ne fait l'économie que la première année). Mais du coup, ils souffrent extrêmement, en espérant que ce soit passager. Il reste que la politique anglaise, qui est souvent brutale, permet des rebonds prononcés, mais là où ils sont possibles : trop souvent, les infrastructures industrielles sous-jacentes ont disparu. Bref, un schumpeterisme extrême (plus qu'un libéralisme), qui n'est pas forcément convaincant, surtout quand on sait que la GB a encore des ambitions de grande puissance, y compris dans l'hard power.

L'Allemagne a choisi, elle, un désinvestissement prononcé dans le hard power : elle ne sait pas pourquoi elle est en Afghanistan, choisit un équilibre budgétaire orthodoxe, gagne des montagnes d'excédents commerciaux, et jsutifie ses faibles dépenses de défense par une sorte de soft power économique, et le soutien à une politique d'aide au développement qui, par le plus grand des hasards, s'apparie bien avec les intérêts économiques du Gross Deutschland. Et ça marche, puisque malgré l'attitude timorée en Afghanistan, malgré la démission en Libye, malgré toutes les hésitations d'Angela Merkel, celle-ci a été reçue avec les plus grandes attentions par Barack Obama, l'autre jour, aux Etats-Unis. Toutefois, la réception américaine signifie-t-elle encore la supériorité d'un modèle sur un autre ?

So what, und so ?

Juste que les modèles nationaux, que l'on croyait disparus, demeurent et paraissent, d'une façon ou d'une autre, inadaptés au nouveau monde. Et que la question de leur adaptation constitue le seul débat qui compte, avant d'évoquer une quelconque stratégie desmoyens.... Les moyens servent la stratégie : là est notre devoir de stratégiste

O. Kempf


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