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Test de Outland

Publié le 25 juin 2011 par Axime
Test de Outland

En 2011, Ubisoft décide de mettre les bouchées doubles sur les jeux dématérialisés. Souvent propices aux surprises et ayant surpassé cette réputation de petits jeux ne pouvant rivaliser avec ceux sortant en magasins, les titres des plateformes de téléchargement osent prendre des risques. Après un remake du grand Beyond Good & Evil, puis un excellent puzzle-RPG avec Might & Magic : Clash of Heroes, cette fois c'est au tour de Outland de venir nous enchanter. Lorsqu'on sait que ce sont les Finlandais de Housemarque, déjà auteurs de Super Stardust HD et Dead Nation, qui sont aux commandes, on se lance plein d'espoir dans cette aventure crépusculaire en imagineant des lendemains de toute beauté.

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Fascination

Un jeune homme se retrouve confronté à son destin, celui d'un élu censé empêcher deux sœurs représentant à la fois la création et la destruction de s'adonner à leur rôle d'exterminatrices. Avant qu'elles ne se réveillent de leur long sommeil, notre héros doit apprivoiser les pouvoirs ambivalents de ses ennemies afin d'espérer les vaincre. Vie et mort s'équilibrent et l'une n'existe pas sans l'autre, la survie de l'humanité passe alors par la capacité de ce sauveur à utiliser l'une comme l'autre. Tandis que le monde vit son crépuscule, le voici prêt à débuter sa quête sur les terres mayas peuplées de créatures légendaires.

L'histoire de Outland n'est pas originale en soi, le héros devant sauver le monde étant l'un des scenarii les plus éculés, peu importe le média. Bien plus rare, l'utilisation de la mythologie maya en toile de fond surprend ici et de manière réussie. Peu exploitée habituellement, elle regorge pourtant de lieux aussi beaux qu'inquiétants, de jungles luxuriantes mêlées à un enfer offrant peu d'espoir et de créatures qui savent se montrer originales. Les dieux mayas étant nombreux et entourés de créatures à l'aspect inquiétant, les développeurs ont été piocher dans ce folklore pour nous proposer un univers riche et parsemé de monstres rarement vus auparavant, notamment des boss qui sauront vous impressionner. Certes, nous ne sommes pas à l'abri d'espèces déjà bien connues comme les araignées géantes ou les méduses, mais le sentiment de dépaysement est bien présent. Plus que le bestiaire, c'est toute la faune et la flore qui participe à nous transporter en Amérique latine en des temps anciens. Que l'on se situe dans le royaume des morts, dans une jungle chaude et humide ou dans les cieux, l'impression de voyager est immense.

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Tentation

Outre les décors, c'est bien par son aspect esthétique que Outland brille dès la première rencontre. Personnages et ennemis ne sont que des ombres chinoises, des formes totalement noires et dont les contours apparaissent grâce à quelques touches de couleurs subtilement dosées. Cet effet participe bien entendu à donner un cachet unique et une personnalité forte au titre de Housemarque. Certains seront sans aucun doute déconcertés alors que les autres apprécieront cet aspect proche de Limbo qui renforce le côté mystérieux des personnages autant que des décors.

Les graphismes jouent sur cette opposition entre les couleurs et les ombres. Ainsi, les objets ne sont que des formes sombres placées devant un décor plus ou moins coloré selon le lieu que vous visitez. Si l'on se réchauffera à la vue d'un vert éclairé par le soleil pour les balades en extérieur, les crânes noirs sur un fond bleu glacial vous feront vite ressentir l'inhospitalité des lieux lorsque vous vous aventurerez sous terre. L'aspect visuel est renforcé par des animations fluides qui achèvent de faire de ce titre un plaisir pour les yeux.

Il ne manque plus alors qu'une touche musicale pour nous transporter en de lointaines contrées disparues depuis des siècles. C'est donc avec plaisir que l'on découvre une bande-son exotique et intimiste dont les percussions annoncent des événements graves alors que les promenades en nature se font bien plus légères. Parfois, c'est le silence qui vous accompagnera, laissant la place libre à des bruitages de qualité sans pour autant être transcendants.

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Hésitation

Les paysages sont beaux mais il ne s'agit finalement que d'une toile de fond pour une aventure originale sans vraiment l'être. Outland est en fait le mélange de nombreux jeux, ce qui donne une impression de déjà vu en même temps que naît la surprise de voir associés des genres qu'on n'aurait pas pensé voir réunis un jour. Tant qu'à imiter, autant prendre des modèles appartenant aux meilleurs, ce qu'a fait Housemarque en s'inspirant de Castlevania, Prince of Persia et Ikaruga.

De la série d'aventure de Konami, on retrouve les niveaux très vastes remplis de passages plus ou moins bien cachés, une foule d'ennemis et surtout l'obligation de revenir à des endroits précédemment visités qui deviennent accessibles une fois certains pouvoirs acquis. A titre d'exemple, certains permettent de continuer l'aventure, d'autres vous offrent des bonus comme une augmentation de la santé de votre personnage. Au rayon des améliorations disponibles, on citera la possibilité de glisser sous un mur, de se projeter dans les airs grâce à une boule d'énergie ou encore de briser le sol en sautant, des choses bien connues de ceux qui ont déjà chassé le vampire sur leur console. Les combats sont dans la même veine et on reconnait bien la marque des suceurs de sang. Armé de votre épée vous devez frapper sur les ennemis s'avançant vers vous, chacun ayant sa propre façon d'attaquer. Vous aurez tout de même accès à quelques astuces pour vous faciliter la vie, comme envoyer un adversaire dans les airs pour l'empêcher d'attaquer, un coup puissant faisant de gros dommages ou la possibilité de tirer un rayon à distance qu'il vous faudra recharger en tuant des monstres. La ressemblance est flagrante bien que l'on soit encore loin des châteaux torturés et labyrinthiques à faire mourir de jalousie Dédale que nous proposent les Castlevania. Prince of Persia apporte quant à lui son expertise dans le jeu de plateforme. Notre héros peut sauter de mur en mur pour remonter le long de ceux-ci, s'accroche aux bords des plateformes pour se hisser et doit parfois jouer les monte-en-l'air avant que le sol ne se dérobe sous ses pieds. Beaucoup plus atypique, Outland récupère le système de couleurs du célèbre shoot'em up Ikaruga. Pour ceux qui ne connaissent pas ce chef-d'œuvre du genre, votre vaisseau peut changer de couleur, le rendant invulnérable face aux projectiles ayant le même aspect que lui. C'est exactement le même principe qui est appliqué ici puisque votre personnage peut passer du bleu au rouge à l'aide d'une simple pression sur un bouton. Il devient alors insensible aux projectiles ayant la même couleur que lui et il peut s'attaquer aux ennemis vêtus d'une apparence opposée à la sienne. Loin d'être un gadget, cet ajout rend certains passages de plateformes très difficiles vous demandant de changer de couleur après un saut afin de traverser un mur et de récupérer très vite votre précédente pigmentation pour matérialiser un support sous vos pieds. Certains passages seront d'ailleurs dignes des Shoot'em up avec une pluie de boulettes bleues et rouges s'abattant sur vous pendant que des créatures viennent profiter que vous ne puissiez pas changer d'apparence, vous rendant totalement inoffensif pour elles, afin de s'en prendre à vous.

On hésite à s'émerveiller devant un mélange astucieux de genres qui ne semblaient pas faits pour se rencontrer et l'impression d'avoir affaire à un copier-coller. Cependant, le plaisir est bien présent à mesure que l'on avance dans l'histoire et c'est l'essentiel pour le joueur. Cet heureux mariage s'avère finalement plus original qu'énormément de jeux n'apportant aucune nouveauté à leurs styles respectifs.

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Révélation

Pour effectuer votre voyage mythologique, il vous faudra passer par un mode histoire jouable aussi bien en solo qu'en coopération sur Internet. Cette aventure vous demandera six heures pour en voir le bout, ainsi qu'un petit supplément d'une à deux heures pour retrouver tous les objets cachés à travers les niveaux. Ceux-ci permettent de débloquer des artworks, une bonne excuse pour tout simplement flâner dans les décors déjà visités. Le mode Arcade offre la chance de refaire chaque niveau en temps limité, histoire de satisfaire les amateurs de défis. Enfin, vous aurez la possibilité de participer à des missions en coopération en ligne vous demandant de réaliser des objectifs nécessitant une bonne synchronisation. Ceux-ci sont déblocables dans le mode Histoire de base. Si toutes ces possibilités sont appréciables, on ne peut que regretter l'impossibilité de jouer avec un ami en local.

Outland est une nouvelle pépite signée Housemarque, un jeu qui vous entraine dans un monde original et à l'ambiance envoutante. Véritable mélange des genres allant de Castlevania à Ikaruga, c'est un gameplay dynamique qui finira de vous convaincre de l'intérêt du titre édité par Ubisoft. Dommage de ne pas avoir inclus des énigmes pour varier l'aventure qui se résume finalement à suivre un chemin défini en attendant de récupérer le prochain pouvoir pour atteindre les endroits autrefois inaccessibles. Cela n'enlève rien aux immenses qualités de Outland mais ce détail, ainsi que l'absence de coopération en local, font naître une pointe de déception. Malgré cela, nous avons bien affaire à un titre fascinant qui vous transportera dans de lointaines contrées, remplies de joie et de bonheur que sauront apprécier les joueurs amateurs d'originalité.


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