Le changement de siècle est propice aux bilans. La littérature ne devait pas y échapper. En 1999, la FNAC et Le Monde proposent une liste de 200 titres publiés au cours du XXème et sélectionnés par des libraires et critiques. 6 000 Français y choisiront, à leur tour, leurs 50 livres préférés. C’est donc à partir d’une liste subjective qu’il est demandé à Beigbeder d’émettre ses commentaires, ce qu’il fait sous forme de fiche pour chacun des 50 livres. Le bandeau donne le ton : « Les cinquante livres du siècle choisis par vous et commentés par moi ».
Il faut savoir que Beigbeder raconte l’intrigue de chaque livre, y compris la fin (très souvent). Cela ne m’a pas dérangée mais je préfère le signaler.
J’ai aimé :
- Le ton en général, l’humour en particulier (plusieurs variétés sont à disposition. Ma préférée reste, évidemment, l’ironie féroce, surtout envers les votants).
- L’objectif poursuivi : désacraliser la littérature, dépoussiérer ce qui peut l’être, donner envie de lire, faire oublier les mauvais souvenirs des lectures scolaires
- Une façon d’analyser sans en avoir l’air, bref la capacité de Beigbeder de créer un équilibre entre un fond solide et une forme peu conventionnelle (et rafraîchissante !).
- La subjectivité revendiquée (puisque la liste est le résultat de choix personnels, Beigbeder se sent le droit d’être tout aussi injuste dans ses commentaires), associée à une certaine honnêteté intellectuelle
- Retrouver nombre de mes convictions en matière de littérature
- Avoir envie de débattre avec lui quand je n’étais pas d’accord !
- La « dédicace » : To the happy many
J’ai moins / pas aimé :
- Certaines (rares) fiches sont bâclées et c’est à peine si l’auteur s’en cache
- Sur la distance, l’exercice est lassant (surtout ses introductions répétitives et peu réussies)
- Les fiches de qualités inégales
Finalement :
J’ai vraiment aimé ce livre, plus pour sa forme que pour son fond. Il est évident que je n’aurais pas sélectionné la plupart de ces titres (Beigbeder non plus d’ailleurs) et pourtant j’ai réussi à m’intéresser à presque toutes les fiches grâce au ton employé.
Sur le fond, toutefois, l’auteur apporte souvent des indications vraiment intéressantes. Même s’il n’a pas réussi à me convaincre de lire certains livres, ni à revoir mon opinion sur d’autres (sauf, peut-être, pour 1984), il a su trouver les mots pour attiser ma curiosité et me faire lire avec plaisir 50 fiches concernant presque exclusivement des bouquins qui ne sont pas à mon goût !
Ce livre prouve que l’humour peut faire bien des choses, notamment contribuer à faire aimer la littérature (y compris ardue) ou du moins à y intéresser les gens. Les profs de français feraient bien de méditer dessus (dans 3 heures on relève les copies…).








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