Magazine

Témoignage sur la gestion des réseaux humains dans le monde du renseignement

Publié le 28 juin 2011 par Jeromebondu

Pour ce quatrième billet, évoquons le monde de l’espionnage. J’ai mené cinq entretiens qui m’ont permis d’appréhender comment ceux que l’on nomme les « espions » développent et utilisent leurs réseaux. La présentation de ces comptes rendus fait même l’objet d’une sous-partie spécifique.

Je vous présente ci-dessous deux courts extraits, qui vous donnent un aperçu de l’ensemble :

----------------------------------------------

Extraits de VOYAGE AUX PAYS DES RESEAUX HUMAINS

Question à un Officier supérieur dans les forces spéciales : 
Quelles sont les qualités requises pour animer des réseaux de renseignement ?

Réponse : D’abord il faut me semble-t-il un solide bon sens, de l’humour et quelques qualités humaines. C'est-à-dire un « cocktail » fait d’expérience, de culture, de patience, de qualité d’observation et d’écoute, de curiosité et de vigilance et surtout de capacité à réfléchir pour détecter les signaux faibles et incohérents et les mettre en corrélation avec ce que l’on sait, croit savoir et … ignore !

Ensuite je dirai qu’il faut être un « travailleur constant », modeste, méfiant et humble ; le coup d’éclat n’est pas de mise dans ce type de travail. C’est un domaine où il faut agir avec persévérance, se fixer des règles morales et s’y tenir. La fin ne justifie pas les moyens ! (...)

---

Question à un spécialiste du renseignement : 
Est-ce que le terrorisme djihadiste fonctionne en réseau ?

Réponse : Al-Qaïda est un réseau de réseaux. C’est la structure la plus récente du mouvement djihadiste. Tous les groupes qui la composent sont plus anciens et ont entre 40 et 70 ans. Al-Qaïda est né en 1989, et est devenu le catalyseur et l’interface des terroristes, qui permet aux différents groupes de communiquer entre eux.

C’est un réseau qui applique ce que l’on appelle le principe de subsidiarité : L’état-major décide des grandes lignes, mais c’est le terrain qui « commande ». Il y a une véritable décentralisation avec autonomie d’action. C’est une application très opérationnelle du fonctionnement en « réseau décentralisé ». Cela permet aux entités du réseau de faire preuve d’une grande autonomie et d’être imprévisibles. Les armées occidentales en opération, par exemple en Afghanistan, fonctionnent totalement différemment. Un militaire sur le terrain n’a qu’une autonomie limitée, et toute initiative doit remonter la chaine de commandement et est subordonnée à l’accord des plus hautes instances.  (...)

----------------------------------------------

[Commander] l’ouvrage

[S’inscrire] à la conférence du 30 juin à 19h30


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Jeromebondu 535 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog