
On est Mardredi et le juillet étale sa quincaillerie mobile que des méganes en rut n’aspirent qu’à saillir sur une gamme d’asphalte. Il pleut et je m’fous d’la transhumance. J’ai fermé mon clapet à l’estivage.
J’ai la rue qui baisse, l’arthrose dans l’caniveau et l’réverbère qui décline. J’ai clos mes volets à tous les étés… n’ai gardé que l’étai fait du bois d’la dérision qui soutient le bâti bancal de ma maison d’papier. C’est ma gomme arabique, mon liant, mon effaceur de brumes.
Sur des heures jumelles, j’roule des clopes dans des feuilles-pacotille qu’un sale euro aspire et j’m’avale des tomates sur des miettes de thon qu’un ail n’éveille plus. Mon soleil n’a plus d’pattes et j’ai la lune qui fond dans un vers de poète qui n’veut même plus d’écho. J’effiloche mon temps sur l’étoffe d’une vie qui se découd sans cri et me tisse un éther sans une laine d’amour. J’en écarte pourtant une boutonnière qui rit sur la fenêtre que j’ouvre pour simuler une vie. L’ironie fait tapis sur mes mots de guingois et cache avec brio la poussière de mes jours. Ainsi le dehors croit. Mais il baisse en dedans comme l’envie qui s’érode sur les pierres d’un rien que ce dehors charrie. Il n’y a plus rien !
« Tu peux crever… Les gens ne retiendront même pas une de leur inspiration.
Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d'études et le catéchisme ombilical.
C'est vraiment dégueulasse…
Ils te tairont, les gens.
Les gens taisent l'autre, toujours »
Leo ferré



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