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Les amants américains, Pascal Morin

Publié le 18 février 2008 par Antigone

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L'histoire (extrait de la quatrième de couverture) : "Alors qu'il va la rencontrer pour la première fois, un fils reconstitue l'histoire de celle qui l'a abandonné, une adolescente naïve et silencieuse, fille-mère dans les années 60. Mais que sait-il d'elle ? Au cours du voyage, l'homme adulte parle à l'enfant qu'il était. Les voix et les temps se mêlent. Les images se brouillent. Comme elle qui, à 16 ans, cherchait à inventer sa vie, il invente à son tour le roman de ses origines."

Mon avis : Voici le premier livre que je lis de Pascal Morin, auteur par ailleurs de l'eau du bain, édité également aux Editions du Rouergue (opus que je n'ai pas encore découvert mais qui a été un premier roman très remarqué). Et bien, avec les amants américains j'ai été emballée par une écriture vraiment époustouflante et efficace. Sans se tromper, on peut se dire dès les premières lignes que l'on a affaire là à un véritable auteur et que notre langue est, décidément, bien belle. Mon bémol viendra de ce petit quelque chose qui m'a manqué au cours de l'histoire, de ce que j'aurais sans doute aimé y trouver et que je n'ai pas eu. Cette jeune Rose de 16 ans et cet enfant abandonné, devenu un homme, nous promettaient une rencontre, passionnelle et violente, en début de roman, qui n'a malheureusement pas vraiment lieu et qui se fond dans une fin doucâtre un brin décevante...C'est un peu dommage. Pascal Morin reste malgré cela un auteur à découvrir, et je vais sans conteste lire ses autres romans !

Extrait (début du roman) :  "Attends-moi. Laisse-moi le temps d'arriver et de te voir, fatiguée, le teint terreux dans tes draps sales. Je vais longer les couloirs, respirer l'odeur de l'hôpital, pousser la porte de ta chambre. Je vais mettre ma main sur ta bouche pour qu'on ne t'entende pas mugir et t'étouffer sous ton oreiller. Laisse-moi te tuer. Je serai là dans quelques heures.

Tu vois, je réponds à ton appel. Je prends ma voiture, tourne la clé de contact. Je pars. Le bruit du moteur emplit le garage, l'écho densifie l'air du sous-sol de l'immeuble. Je suis sourd, je suis aveugle, mes gestes sont machinaux. Clignotant à gauche, la rue est déserte, il est quatre heures trente. Autour de moi, le calme. Les rues de la ville défilent. Vitesse de croisière. Je me rends en province, plein sud, et la géographie n'a aucune importance. Où que tu te trouves, je roulerais de même, et si tu étais sur une île, j'embarquerais. Ce que j'ai à faire ne peut pas attendre."

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Note de lecture : 4/5

Clarabel a lu Pascal Morin


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