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La grotte des rêves perdus de Werner Herzog : 30 000 ans de solitude

Publié le 05 septembre 2011 par Mathieutuffreau
La Grotte des rêves perdusC’est une grotte inaccessible depuis 20 000 ans jusqu’à sa découverte en 1994, qui héberge sur 400 mètres de long des peintures vieilles de plus de 30 000 ans, mais aussi une impressionnante quantité d’os des animaux qui peuplaient l’Ardèche à cette époque : ours des cavernes (espèce disparue), chevaux, loups, rhinocéros… Au début, c’est si mal filmé que l’on se demande si la caméra est tenue par Mathieu Tuffreau, et puis non, c’est que l’équipe de ce très grand cinéaste allemand qu’est Werner Herzog pour le monumental Aguirre avec Klaus Kinski (“ich bin Aguirre, der Zorn Götes”, “je suis Aguirre, la colère de Dieu”) est contente de son joujou, une caméra 3D montée sur un petit hélicoptère qui lui permet de grimper les falaises de la région. Des chercheurs escortent l’équipe technique dans la grotte et l’ancien monde nous saute aux yeux, dansant devant nous par la magie du talent des peintres qui ont joué avec les aspérités de la roche pour leur peinture, et de la technologie 3D qui donne l’impression de pouvoir toucher ces représentations panthéistes et réalistes d’animaux : combat de rhinocéros, cérémonial amoureux d’un lion et d’une lionne, troupeau de chevaux en train de hennir, etc. Rêver de lion et de rhinocéros, c’est comme l’archéologue à l’inénarrable accent anglais interviewé dans le film, le meilleur qui puisse nous arriver en sortant d’un tel film, d’une telle expérience cinématographique qui joue avec talent de l’équilibriste entre l’émotion esthétique, la pédagogie scientifique et la poésie de la joute entre l’écoulement et la trace.

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