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La DÉPRESSION: Une affaire de catégorie socioprofessionnelle – Molecular Psychiatry

Publié le 24 septembre 2011 par Santelog @santelog

La DÉPRESSION: Une affaire de catégorie socioprofessionnelle – Molecular PsychiatryC'est une étude menée par l'Inserm qui met en évidence, le lien entre dépression au long cours et catégories socioprofessionnelles intermédiaires ou faibles. Les personnes appartenant à ces catégories auraient un risque jusqu' à 4,5 fois plus élevé de développer une dépression qui persiste, en comparaison des catégories socioprofessionnelles les plus hautes. Des conclusions, publiées dans l'édition en ligne du 20 septembre de Molecular Psychiatry, une revue du groupe Nature.


Chaque année, 3 à 7% des individus vivant dans les pays industrialisés souffrent de dépression; 10 à 15% en sont affectés au cours de leur vie. Parmi les personnes qui souffrent de dépression à un moment donné, 35 à 50 % éprouvent des symptômes qui sont récurrents ou persistants, 4 à 20% peuvent avoir des symptômes résiduels qui nuisent à leurs activités quotidiennes et augmentent le risque à long terme de maladies et de difficultés sociales et économiques. On savait que les individus qui ont une position socioéconomique défavorisée ont des taux élevés de dépression. Mais cette étude a porté sur la relation entre catégorie socioprofessionnelle et dépression de type persistant, avec des épisodes répétés dans le temps


3 scenarii types de dépression: Cette étude a porté sur le profil de 12.650 agents de la cohorte GAZEL (employés d'EDF) suivis pendant 13 ans. Les chercheurs ont pu identifier 3 scenarii types de dépression durant le suivi:


·   Diminution des symptômes dépressifs au cours du suivi (dépression passagère en baisse)


·   Augmentation des symptômes dépressifs au cours du suivi (dépression passagère en hausse)


·   Persistance de la dépression (dépression tout au long de la période de l'étude),


ainsi que des participants présentant une absence de dépression.


En associant ces scenarii aux catégories socioprofessionnelles, les auteurs concluent à


un risque de 4,5 fois plus élevé de dépression persistante pour les catégories socioprofessionnelles intermédiaire ou faible :


·   Chez les hommes (avec ajustement sur l'âge) OR: 1,40, IC : 95% de 1.16 à 1,70 et OR :2,65 , IC :95% de 2.04 à 3.45,


·   chez les femmes (avec ajustement sur l'âge) OR :2,48, IC : 95%: de 1,36 à 4,54 et OR : 4,53, IC : 95% de 2,38 à 8,63.


D'autres facteurs que la catégorie socioprofessionnelle influent sur le risque de dépression persistante, l'âge, le sexe, l'indice de masse corporelle, la situation familiale, l'état de santé général, des évènements de vie, la consommation de tabac et/ou d'alcool. Mais ces facteurs ont un moindre impact chez les hommes, que chez les femmes (18 % pour les hommes et 48 % pour les femmes).


Les chercheurs suggèrent que les efforts pour réduire la dépression devraient répondre davantage aux besoins en santé mentale des différents groupes sociaux et ne pas cibler exclusivement les groupes à risque de troubles mentaux.


Il reste beaucoup à faire en matière de prévention de la dépression. Une récente étude publiée par l'European College of Neuropsychopharmacology faisait un bilan européen, couvrant 30 pays européens et révélait que la majorité des troubles mentaux ne sont pas traités. La dépression majeure fait partie des troubles mentaux les plus fréquents touchant 6,9% des Européens…au cours de l'année.


Source: Molecular Psychiatry,20 septembre 2011doi: 10.1038/mp.2011.116 "Socioeconomic position predicts long-term depression trajectory: a 13-year follow-up of the GAZEL cohort study" (visuels OMS)


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