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(Critique) L'avant-première de "The Artist" de Michel Hazanavicius pour l'ouverture du festival Lumière.

Par Meuwine

Le coup d'envoi du 3ème festival Lumière a été donné lundi soir à la Halle Tony Garnier de Lyon par Thierry Frémaux et Bertrand Tavernier ainsi qu'une mutitude d'invités prestigieux du monde du cinéma et autres. J'attendais cette soirée avec impatience un peu et surtout pour découvrir The Artist qui était projetée en avant-première avec la présence de son réalisateur Michel Hazanavicus ainsi que Jean Dujardin et Bérénice Béjo

Qualifié d'OVNI ou de film fou, il est clair que The Artist est le film français de l'année. Long-métrage muet, en noir et blanc, en pleine période du parlant, de la couleur et de la 3D, qu'est-ce qui rend The Artist si extraordinaire pour que déjà avant sa sortie il fasse l'unanimité ? 

Synopsis : Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars.

The Artist n'est pas un film uniquement destiné aux vieux nostalgiques des années 1920 et lorsque Cannes nous barbe avec des films élitistes (bon d'accord The Tree of Life n'est pas non plus mauvais mais clairement élitiste) Michel Hazanavicius sait faire exception. The Artist est une sorte de mélange parfait, un réalisateur extrêmement inventif, des acteurs d'exception et une équipe technique rigoureuse et passionnée. Et ce mélange parfait, comme par magie nous ramène à l'époque muette, l'époque de l'essor cinématographique, l'entre deux guerres, la prospérité mais aussi la dégringolade boursière. Toujours avec une touche d'humour comme il a su si bien le faire dans ses deux volets d'OSS 117, le réalisateur nous offre une histoire incroyablement touchante, loin d'une caricature ou parodie du cinéma muetAinsi que ce soit, ou non, notre premier plongeon dans cet univers où la parole n'a plus sa place, nous ne pouvons rester indifférents. Lorsque le son humain se met à surgir, il apparait vite comme criard, gênant, indécent : nous restons simplement bouche-bée devant le spectacle qui s'offre à nous.

La presque absence totale de parole nous permet de mieux comprendre, mieux ressentir, la détresse qui touche notre personnage principal, George Valentin, vaillant mais orgeuilleux, qui ne veut accepter la fin de la période qui l'a vu naitre. Pourtant sans parole, est bien loin de vouloir dire sans son, et la musique a ici un rôle indéniablement principal. Encore une fois, le réalisateur a choisi un de ces anciens collaborateurs, Ludovic Bource, afin d'en composer la bande originale. Comme il l'avait précisé la musique ne devait pas faire qu'accompagner l'action et les images mais les décrire, rythmant les humeurs au fil du scénario : c'est mission réussie. 

 
 

Alors si toute l'équipe du film est à saluer on ne peut s'empêcher de tomber amoureux devant le couple Jean Dujardin - Bérénice Béjo, que l'on avait déjà rencontré dans OSS 117 : Le Caire nid d'espions. Dès les premières minutes on oublie les acteurs qui se transforment en leur personnage respectif : George Valentin, amusant, touchant, parfois agaçant et Peppy Miller, pétillante, magnifique et attendrissante. Si vous aviez peur de voir un Jean Dujardin caricatural je vous rassure de suite, Brice de Nice est bien loin ! Il n'a pas volé son prix d'interprétation masculine nous orffrant une prestation absolument parfaite. Je ne peux non plus, m'empêcher de dire un mot sur l'interprétation de Uggly dans le rôle de Jack, le fidèle compagnon canin de George Valentin qui est tout simplement incroyable ! Il a d'ailleurs lui aussi été récompensé par la "Palm Dog" pour la meilleure interprétation canine sur la Croisette... rien que ça ! 

Sortie française : 12 octobre 2011



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