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The good wife: de la fiction à la réalité

Publié le 26 novembre 2011 par Xylophon

Si le Story Telling n’a rien de nouveau puisque que l’art de la mise en scène a toujours existé dans la vie politique, il y a parfois des moments où la réalité rejoint la fiction.

Les histoires d’adultère dans le monde politique c’est assez fréquent : des hommes de pouvoir destitués ou mis en cause pour cela, c’est moins le cas.

Et si certains croient que je vais par ce billet évoquer « la légèreté » de DSK, ils se mettent le doigt dans l’œil.

D’abord, parce que, lors de son passage sur TF1, on a rien appris de plus de ce qu’on savait déjà, et parce que je n’aime pas non plus l’utilisation de la scène médiatique à des fins de rédemptions personnelles : il y a des sujets plus important à traiter que le susceptible retour d’un homme politique aussi économiquement compétent soit-il.

Pour moi, la réelle utilité de « l’affaire DSK » fut donc ailleurs avec l’envie d’approfondir la connaissance du système judiciaire américain, un système que Sarkozy idolâtre si on se réfère aux réformes en cours et aux projets à venir (après le plaider coupable, se profile la mise en place de jurés populaires et la fin du juge d’instruction).

http://www.liberation.fr/societe/01012331135-les-jures-populaires-feront-la-loi-en-correctionnelle

Pour découvrir ce que les spécialistes appellent « la Common Law », j’ai évité de me plonger dans une approche dans un livre de droit comparé. J’ai choisi une approche plus pragmatique et moins conventionnelle.

J’ai d’abord lu cet été le dernier John Grisham « The Confession » qui questionne les méthodes d'enquêtes de la justice américaine et interroge particulièrement le lecteur sur l'utilité de la peine de mort.

Mais j’ai surtout découvert une série qui va fatalement nous renvoyer à l’affaire DSK.

Si cette série est passée assez inaperçue en France, c’est sans doute de la faute de la chaine de diffusion M6 qui n’a su vendre « le produit ». Pourtant « The Good Wife » a toute les qualité d'une grande série à la Mad Men .

Alicia Florick fut longtemps une femme de l'ombre. Sacrifiant sa carrière d'avocate pour celle de son mari, Peter Florick, procureur du Comté de Cook, elle élevait tranquillement ses deux enfants dans une belles maisons de la banlieue de Chicago.

Un jour, son époux est accusé de scandales financiers et sexuels et sa vie bascule.

Certes, comme toutes les femmes d'hommes politiques bafouées et humiliées au Etats-Unis, elle restera digne, au côté de son époux, lors que celui-ci demandera pardon à l'Amérique tout entière.

Certes, elle aidera son mari à la course au poste de gouverneur, mais Alicia Florick au cours des 3 saisons de "The good wife" reprendra aussi confiance en elle en assumant à la fois son rôle de mère célibataire et celui de brillante collaboratrice de l'un des plus prestigieux cabinets d'avocats de Chicago.

Au delà de l'histoire principale centrée,vous l'aurez compris sur Alicia Florick, cette série est aussi un bonne façon de d'appréhender le système politique aux Etats-Unis.

On y voit que souvent que justice et politique ne vont qu'un puisque les procureurs et les juges sont élus, et on plonge au travers de la ré-élection de Peter Florick au poste de gouverneur au coeur d'une campagne électorale. Et bien sûr, tous les coups sont permis.

Le stratège ici s'appelle ici Eli Gold. C'est lui qui fait la victoire du candidat: entre enquêtes d'opinion, déstabilisation des adversaires, élaboration du marketing politique, la série montre bien le pouvoir de ces pseudos conseillers qui font aussi la loi à Washington.

Eli Gold intégrera dès la saison 3 le cabinet d'Alicia, comme lobbyiste et défendra avec vigueur les producteurs de fromages...

Plus subtilement encore, cette série permet également de comprendre le fonctionnement de la justice américaine. Les audiences, sont l'occasion de comprendre la pratique du droit aux Etats-Unis.

La personnalité du juge a son importance dans la construction du procès. Certains sont autoritaires, d'autres drôles ou étourdis, et on les retrouve avec plaisirs d'une audition à l'autre.

Les cas variés des sujets traités des pro-bonos à la class-action, en passant par le cas des condamnés à mort, donne aussi à cette série un goût de chroniques juridiciaires des prétoires américains.

On découvre enfin le fonctionnement des cabinets d'avocats, et l'importance de la places des enquêteurs privés dans les procès pour faire innocenter un client.

Après la description de cette série, quel rapport avec DSK?

Déjà dans la saison 1, on avait eu un aperçu des méthodes de rétentions (l’assignation à résidence et le port du bracelet )dont DSK a fait l'objet avant son jugement.

Mais c'est dans la saison 2 tournée pourtant bien avant l'affaire DSK, que les similitudes entre fictions et réalités sont les plus troublantes.


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