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Interview Lisa Portelli

Publié le 30 novembre 2011 par Bullesonore

Découverte en 2006 au Printemps de Bourges à tout juste dix-neuf ans, Lisa Portelli est une auteur-compositeur-interprète qui possède un viscéral sens de la scène. Formée au conservatoire avec un premier prix de guitare à la clé, elle a su très vite accrocher les professionnels par son originalité créatrice, des Francofolies de La Rochelle aux Muzik’Elles de Meaux, assurant les premières parties d’artistes aussi divers que Cali, Olivia Ruiz ou Pauline Croze.

Un premier album salué par les critiques et magnifiquement orchestré par des une guitare buckleysienne plus rock et écorchée,  »Le Régal » explore poétiquement des registres variés : candeur, solitude, mélancolie, désespoir, sensualité… Le genre d’album dont on ne se lasse jamais !

Après 150 écoutes de cet album, il était temps pour moi de rencontrer LA fameuse Lisa Portelli pour parler de tout et de rien :

Ta première expérience de la scène a eu lieu quand tu avais 15 ans ! Aujourd’hui, ton « deuxième » album Le Régal s’est vendu approximativement à 10 000 exemplaires. Comment tu définirais ton parcours ? Exceptionnel ?

Je ne pense pas que mon parcours soit exceptionnel, même si j’ai commencé très tôt mais c’était par le bas. Je n’ai pas fait de télé-crochet et tout ce qui y ressemble, j’ai commencé à jouer dans des bars vers l’âge de 17 ans, j’ai commencé à créer … mais on ne peut pas parler de « carrière », j’ai fait beaucoup de scènes découvertes (les Printemps de Bourges, Chantier des Francos, …) assez tôt mais je pense que mon univers s’est vraiment affirmé qu’avec cet album là (cf. Le Régal).

(sourire) Tu vois j’ai un peu de mal avec ce mot là « carrière », j’emploierai plus le mot « chemin » parce que j’ai commencé tôt, j’ai essayé de chercher mon univers, de créer, je suis plus dans le domaine de création que dans le star-système. Après, pour être franche, j’ai vécu des choses pas évidentes, j’ai fait des scènes pas faciles et c’est ça ce qui fait que maintenant j’ai une solidité sur scène.

La musique est arrivée très tôt dans ta vie, mais quand est-ce que tu as compris qu’il fallait chanter tes maux et tes petites histoires ? 

(sourire) Quand j’étais plus jeune je le faisais d’une manière ludique, c’est à dire pour moi c’était un jeu. Je m’amusais à chercher des mélodies, je rêvais un peu de … réussir dans la musique (rires). Puis à un moment dans ma vie, vers l’âge de 21 ans, j’ai eu un vrai choc dans ma vie intérieure… juste une petite dépression (soupir) enfin une grosse dépression même (sourire) et ça a tout remis en question dans ma tête et je pense que du coup mes chansons ont pris une profondeur qu’elles n’avaient pas avant. Forcément, ça prend du temps et je me suis dis que si je le faisais ce n’était pas pour plaire, c’était pour vivre !

Mon moyen de vivre c’est ça, je prends un plaisir fou de jouer d’être sur scène mais jamais ce n’était pour plaire …

C’était donc plus une nécessité, un besoin vital …

Voilà ! Et à partir du moment où c’est une nécessité, c’est là que ça devient intéressant. Alors qu’avant, je pense vu que j’étais très jeune, j’avais plus ce besoin de plaire et mes morceaux reflétaient cela.

C’est drôle puisqu’on le ressent vraiment quand on écoute cet album eponyme, ça faisait parti de ton âge. Il y a même une chanson qui parlait de coccinelle (rires)

(rires) Je me cherchais. En plus cet album n’a pas connu une « vraie sortie ». Il est sorti à Reims principalement donc pour moi c’était plus une maquette. Mais il était intéressant cet album, tu ne trouves pas ?

Je ne dirai pas une maquette par contre, je le vois comme un bel album. D’ailleurs, j’adore « L’enterrement » et « Etat d’âme« 

Ben pour moi c’est une maquette (sourire).

Cliquer ici pour voir la vidéo.

D’accord, donc le vrai premier album c’est celui ci, Le Régal, qui est sorti en mai, et nationalement !

Cet album reflète ce que je suis, c’est à dire différentes émotions que j’ai voulu faire ressortir sur Le Régal, et en même temps il y a une vraie cohérence entre les chansons.

Tu as quand même des chansons très calmes comme  »L’échelle », et d’autres beaucoup plus rock comme par exemple  »Animal K ».

C’est vrai, même si oui  »L’échelle » et  »Animal K » sont très différentes, on retrouve « ma touche » et c’est ça qui était très intéressant avec ce premier album, faire des choses différentes tout en ayant une vraie couleur.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Sinon et les influences ? Les biographies « officielles » n’hésitent pas à te coller les facheuses comparaisons PJ Harvey ou Jeff Buckley, à croire qu’aujourd’hui tout le monde fait du PJ Harvey (rire du photographe)…  Donc oui, on aime bien quand Lisa Portelli fait du Rock (et tu le fais bien) 

(rires) C’est super flatteur, moi j’adore PJ Harvey, c’est la reine du rock ! Jeff Buckley, c’est musicalement qu’il m’a influencé…

Ah, j’ai oublié, on cite Dominique A aussi !

Ce que j’aime chez Dominique A, c’est que ses textes on comprend pas tout au premier abord, et c’est qu’avec plusieurs écoutes qu’on saisit le fond !

Tu as aussi ce coté « On ne saisit rien aux paroles dès la première écoute »

Je m’en fous qu’on ne me comprenne pas au premier abord, l’essentiel pour moi c’est le sens émotionnel, il est plus important que le sens intellectuel. C’est les émotions que je veux transmettre avant tout !

Interview Lisa Portelli

Bon, une question people qui tue ! Lisa Portelli et Vanessa Paradis, même combat ?

Je ne réfléchis pas à l’image que j’ai, que je ressemble à Vanessa Paradis je n’en sais rien. Après ça, c’est les journalistes, ils ont que ça comme référence et ils adorent le sortir, et puis … tant mieux pour eux ! Ce n’est pas un truc que j’ai choisi.

J’aurai dû me taire … Bon, le coté rock se ressent plus sur scène que sur l’album, on est d’accord ?

J’ai envie plus tard de faire un album qui ressemble plus à la scène.

Tu penses déjà au prochain ?

Le problème c’est quand on fait un album et qu’il sort , on est déjà à l’étape d’après (rires). Le Régal, je l’ai enregistré y a un an, je l’assume totalement et je suis très contente du résultat. Mais je suis déjà ailleurs, je compose déjà pour la suite, je fais des nouveaux morceaux sur scène, …

Je suis obligé de parler de mon coup de coeur sur cet album  »Vaste vague », qui fait très poème chanté à la Bashung

En fait, je ne me suis pas dit « Tiens, je vais faire une chanson pour faire un clin d’oeil à Bashung« . Quand j’ai écouté Rodolphe Burger et Alain Bashung , je me suis dit  » moi aussi j’ai le droit de le faire !« . C’est que quelque part, ils m’ont donné l’envie d’aller dans les endroits qui m’étaient inaccessibles, ou plutôt là où je me serai censurée. « Vaste vague » est plutôt une inspiration de ces chansons où le texte est totalement abstrait, très parlé, et qui donne cet univers là très particulier. Quand j’ai fait ce morceau-là, la boucle dedans est venue totalement au hasard et j’ai appuyé trop tôt sur la pédale (rires) et du coup ça a fait une boucle bizarre, je l’ai trouvé géniale et je me suis dit tiens c’est super intéressant (sourire), donc je l’ai gardé.

Dans la création, c’est vachement intéressant de bosser avec les « accidents », le hasard !

Le hasard m’a emmené à écouter ton album … et je dois bien l’avouer qu’il a très bien fait les choses ! Merci Lisa pour cette rencontre, à bientôt sur scène !

Merci à toi ! Rendez-vous sur scène.

Interview Lisa Portelli

Dates de concerts:

NOVEMBRE :

29 // YSSINGEAUX (43) // Lycée Emmanuel Chabrier
30// BRIOUDE (43) // Lycée Agricole

DÉCEMBRE :

01 // LE PUY EN VELAY (43) // Atelier Maison d’arrêt + concert théâtre Yssingeaux + rencontre médiathèque
02 // LE PUY EN VELAY (43) // Atelier Maison d’arrêt + Comptoir du Pic
03 // RENNES (35) // Les Bars en Trans
09 // FAYE D’ANJOU (49) // Festival Villages en Scène
11 // BERLIN (DE) // Privatclub
12 // DUSSERLDORF (DE) // Forum Freies Theater
13 // KOLN (DE) // Studio 672
14 // FRANCFURT (DE) // Yellowstage
15 // LEIPZIG (DE) // Moritzbastei
16 // ERFURT (DE) // Stadtgarten
17 // MAGDEBURG (DE) // Moritzhof
19 // MINSK (BLR) // Salle philharmonique

JANVIER :

20 // La Chapelle sur Erdre (44) // Espace Capelia

FÉVRIER :

03 //  Indre (44) // Chant’appart
04 // Le Pouliguen (44) // Chant’appart
07 // Montbrison (42) // Festival Polysons
08 // Clermont-Ferrand (63) // Coopérative de Mai
10 // Tremblay-en-France (93) // Roger Caussimon
21 // Canteleu (76) // Centre Culturel

Crédit Photo Logo : SLG Photographies

Crédit Photo Portrait : Franck Haudrechy


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