Violence, cruauté et ambigüité, c’est une pièce bien noire qui, sur la scène du Théâtre du Guichet Montparnasse, se produit tous les mercredis et vendredis soir. Intitulée l’Ange de la Faute, c’est une adaptation de Marco Antonio de la Parra par Leonardo Alejandro Hincapié.
Le rideau s’ouvre sur un décor des plus banales : des chaises, des bibelots angéliques… et un cadavre, gisant, au sol. Puis, il y a cet inspecteur vêtu du très traditionnel imper’. Très vite, il entamera son (presque) monologue en quête de la vérité. Qui est ce cadavre ? Et qui est ce jeune homme qui pleure à côté de lui ? Est-ce lui le coupable ? Pourquoi l’a-t-il tué ? Tant de questions en suspens auxquelles Antonio de la Parra ne donne pas forcément de réponse…
Aller simple pour l’Enfer
Ce monologue, à bien y réfléchir, n’en est pas vraiment un. Cet homme presque immobile n’est pas juste un décor, comme il pourrait le suggérer. Sans aucun mot, on croirait l’entendre répondre à l’interrogatoire avec ses yeux et avec ses larmes. Face à lui, il y a donc ce détective, « Charlie », interprété par Gérald Testé. Plus son enquête avance, plus cet homme, plus macabre encore que l’environnement, se livre et se confie au silence. On découvre un être des plus malsains, pervers, profondément homophobe, et obsédé sexuellement par sa propre fille, et par les nymphettes, plus particulièrement, pour reprendre l’expression de Nabokov dans Lolita.
Antonio de la Parra nous offre un superbe tableau du désespoir et de la perte complète de croyance et de valeur. Persuadé d’être heureux dans son état, le personnage du détective représente est vérité la frustration la plus ultime. Que ce soit socialement, sentimentalement, professionnellement ou économiquement, il est profondément jaloux de ce qui l’entoure. Dans ses multiples références à Dieu, on comprend alors son besoin exacerbé de reconnaissance, et de ce fait, de malheur. C’est un être extrêmement seul qui n’a pas d’autre solution pour se satisfaire que d’insulter, de crier, et son autorité du à son emploi est tout ce qui lui reste dans la vie.
Cette adaptation du très célèbre dramaturge Chilien est un délice pour la tension crescendo qui s’en dégage. Le détective, bientôt pire encore que ses interrogés, est d’une violence extrême, aussi bien dans ses mots, dans ses pensées et dans ses gestes. Gerald Testé donne à ce personnage singulier une puissance notable, presque dérangeante. Tout est ambigu, tout est apparence. A croire qu’entre le sain d’esprit et le criminel, il n’y a qu’un pas…
L’Ange de la FauteEcrit par Marco Antonio de la Parra
Adaptation : Leonardo Alejandro Hincapié
Avec Leonard Alejandro Hincapié et Gerald Testé






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