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Souccot - Pour comprendre le lien entre Israël et les Nations

Publié le 25 septembre 2007 par Frison
Souccot (ou Soukot) est une fête étrange à bien des égards.
Expérience vécue: autant il est facile d'expliquer à un non-juif ce que sont Roch-Hachana ("Nouvel an juif") et Kippour ("Grand pardon"), autant même en simplifiant à l'extrême, il est très compliqué de raconter qu'après avoir eu le pardon divin pour nos fautes passées, nous nous embarquions cinq jours plus tard dans une fête qui dure 8 jours (9 en Diaspora).
Surtout si c'est pour raconter que nous vivons dans des cabanes pendant 8 jours et qu'à la synagogue nous devons faire des gestes mi-mystique, mi-floklorique avec une branche de palmier, des feuilles de saule, des branches de myrte et un cédrat... Non, très franchement, c'est au-delà de mes forces.

D'autant que si l'on regarde bien, Souccot est peut-être la seule fête qui n'a pas été récupérée par le monde chrétien. Pessah va bien avec Pâques. Chavouot avec Pentecôte. Pourim avec Mardi Gras. Hanouka avec Noël. Mais Souccot n'a incroyablement pas d'équivalent.
Les Nations ne savent pas ce qu'est Souccot.
Cela est d'autant plus remarquable que dans la tradition juive, Souccot est une fête étroitement lié aux rapports avec les nations. Lorsque le Temple de Jérusalem fonctionnait, la fête de Souccot donnait lieu aux sacrifices de 70 taureaux, métaphore des 70 nations, elles-mêmes image pour signifier la totalité de l'humanité. Ces 70 taureaux n'étaient pas sacrifiés d'un coup.
On partait de 13 taureaux le premier jour, pour finir à 7 le septième jour.
Tout mathématicien amateur aura vite fait de faire le calcul avec la formule de la somme arithmétique apprise en classe prépa:

D'où que le nombre de taureaux sacrifiés à Souccot est égal à: S (1;13) - S(1;6) = (13*14)/2 - (7*6)/2 = 91 - 21 = 70.

Ces 70 taureaux semblant un appel à l'humanité à respecter les 7 lois noahides qui permettent aux Nations d'accéder au message divin, temps qui n'est pas encore arrivé.

C'est donc une fête éminente durant laquelle le peuple juif s'adresse au reste de l'humanité.

Ce qui est très étonnant, c'est que cette interprétation et le fait que Souccot est inconnu des Nations et en particulier du monde occidental (=chrétien) se trouve confirmé de manière troublante dans le premier passage de la Thora où l'on trouve le terme de Souccot. Rappelons le contexte, dans la paracha Vaychlah.

Jacob a obtenu la bénédiction de l'aîné au détriment d'Esaü. Celui-ci veut se venger, c'est donc le début d'une longue fuite pour Jacob. Fuite durant laquelle il se marie, fait des enfants, vit sa vie....et de longues années plus tard, il retrouve son frère. Le texte rend bien la façon dont Jacob craint terriblement ces retrouvailles. Mais finalement ça se passe plutôt bien. Si bien, que Esaü propose une sorte de "fusion"... Regardons le texte en détail:

Genèse (33;12)

Il [Esaü] dit: "Partons et marchons ensemble; je me conformerai à ton pas." Il [Jacob] lui répondit: "Mon seigneur sait que ces enfants sont délicats, que ce menu et ce gros bétail qui allaitent exigent mes soins; si on les surmène un seul jour, tout le jeune bétail périra. Que mon seigneur veuille passer devant son serviteur; moi, je cheminerai à ma commodité, selon le pas de la suite qui m'accompagne et selon le pas des enfants, jusqu'à ce que je rejoigne mon seigneur à Séir." Ésaü dit: "Je veux alors te faire escorter par une partie de mes hommes." II répondit: "A quoi bon? Je voudrais trouver grâce aux yeux de mon seigneur!" Ce jour même, Ésaü reprit le chemin de Séir. Quant à Jacob, il se dirigea vers Soukkoth; il s'y bâtit une demeure et pour son bétail il fit des enclos: c'est pourquoi l'on appela cet endroit Soukkoth.


Esaü représente, dans la tradition juive, la civilisation romaine dont l'occident et la chrétienté sont issus. Tout ce texte est une métaphore incroyable des relations futures entre Rome et Israël. Esaü veut aller vite, droit au but, c'est un impatient (cf. cet article magnifique sur le sujet) Il veut aller à Séir, qui représente la terre d'Edom, mais qui est aussi une métaphore explicite du jour de Kippour. En effet, un des instants majeurs de Kippour est le rituel des deux boucs dont l'un deviendra le fameux "bouc émissaire". Les deux boucs qui se disent "Seirim".
En d'autres termes, Esaü, Rome, la chrétienté peuvent et veulent aller à Kippour. Ils en connaissent la signification et le sens. Mais lorsqu'il s'agit d'aller à Souccot, les deux frères (jumeaux) se séparent. Seul Jacob/Israël pourra en maîtriser le contenu.
Je comprends désormais un peu mieux pourquoi il m'est si difficile d'expliquer la fête de Souccot... D'autant que ces réflexions m'obligent à aller en chercher le sens profond et la raison pour laquelle c'est une fête finalement si spécifique !

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