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Patricia Laranco.

Par Ananda

Les objets. Leur opacité abyssale. Etrangement tranquille.

La densité que leur masse sait opposer à votre regard.

Et leur mystère. Ramassé; comme pétrifié par ce poids têtu.

Cette impénétrabilité d’obstacles. Qui en fait des sphinx.

IM-pénétrables, IM-perturbables, ils capturent votre regard. Ils le drainent comme par une sorte de séduction indéfinissable, trouble, ténébreuse. Qui attire et repousse.

Nommer les choses…N’est-ce pas essayer de casser leur opacité ? N’est-ce pas tenter de désamorcer le travail de sape de leur mystère ? De pénétrer à l’intérieur de leur bloc, de leur forteresse ?

La poésie nomme AUTREMENT.

A être mis en mots, ce qui nous entoure perd.

Les mots sont des filets qui capturent les choses. Ils les apprivoisent, les détournent, se les approprient.

Ils achèvent le travail de la perception humaine.

La gamme des comportements humains, tant à l’échelle des individus que des groupes et des sociétés, est si étendue que chaque représentant de l’espèce humaine, à titre d’individu, de groupe ou de société, tend à poser son propre comportement en norme représentative du genre humain dans son entier.

Il y a infiniment mieux que les voyages : le sommeil qui, en nous offrant les rêves, nous fait don d’une vie parallèle troublante…

Exactement au même titre que les personnes, les idées peuvent avoir un pouvoir de séduction.

Une civilisation de surabondance et de surprotection ne peut générer pour citoyens que d’éternels enfants gâtés égoïstes, hédonistes, lâches et, par bien des côtés, coupés du réel.

Et si « l’âme » n’était pas autre chose qu’un leurre, qu’une forme de diversion ayant pour but de détourner l’Homme de la conscience de son propre corps mortel – en somme une ruse ?

Les sociétés traditionnelles sont par essence conservatrices.

Elles perdurent par la PEUR de voir leur ordre mis en péril.

Elles sont capables d’entreprendre des choses, mais seulement dans le cadre de leur propre équilibre.

Elles craignent le nouveau et se méfient des connaissances neuves, qui ébranlent.

Elles laissent ainsi assez peu de place à la curiosité, à laquelle elles préfèrent les certitudes, les habitudes, voire les dogmes.

C’est cette mentalité qui les a précipités dans l’immobilisme et dans le repli sur elles-mêmes.

Elles vont souvent de pair avec une économie agricole répétitive, qui aspire à la stabilité et se montre encline au goût des cycles et rituels immuables, peu compatibles avec un véritable essor de la science.

Car si la curiosité et le dynamisme sont des tendances appartenant à chaque membre de l’espèce humaine, encore faut-il qu’un consensus social leur permette de s’épanouir, de donner leur pleine mesure.

Une idée découragée par le milieu dans lequel elle a vu le jour est une idée morte dans l’œuf, ou bien alors vouée à renaître autre part, dans une société qui sera prête à l’accueillir.

Plus sa culture se sophistique, et plus l’Homme a le sentiment qu’il s’éloigne de la vie de ses ancêtres et de la condition animale. Il reste cependant que la sophistication culturelle n’empêche en rien les hommes, en présence de la moindre femme, de redevenir de vulgaires mâles !

N’est-ce pas là, d’ailleurs, que se situe la racine de la misogynie et du puissant désir de séparation des sexes qui existe dans à peu près toutes les sociétés humaines ?

Si tu te dis que ton petit Moi n’a aucune espèce d’importance, au fond, tu ne peux que t’en sentir mieux, car, en un sens, ça te libère.

Ça t’aide à accepter infiniment mieux l’idée de sa disparition inéluctable et celle de l’indifférence foncière du monde.

La tendance marquée à l’amoralité qui caractérise les sociétés libérales-capitalistes n’incite guère l’Homme à la remise en cause de ses propres comportements.

Patricia Laranco


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