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J'aime pas Jean-Pierre Pernaut

Publié le 01 février 2008 par Aureliepaslignac

Ce qu'il y a de bien avec ma situation professionnelle actuelle, c'est que je peux déjeuner chez moi tous les midis. Déjeuner ce qui me fait vraiment envie, dans les quantités que je veux, avec la dose de vinaigrette qui me convient et sans oeuf dur s'il vous plaît sans que me soit compté un supplément.
Ce qu'il y a de bien avec la situation professionnelle de Paulo, c'est que 5 jours sur 7, il peut déjeuner à la maison. Déjeuner les petits plats amoureusement mitonnés par sa Paslignac préférée, avec plein de purée bien gavée de beurre et autant de mouillettes qu'il veut pour ses oeufs cocotte.

J'aimais bien profiter de cette pause déjeuner avec Paulo, nous raconter nos soucis, rivaliser de blagounettes pourries, ragoter comme des pies (c'était surtout pour la rime... ch'uis pas sûre que ça ragote vraiment une pie). J'aimais bien. Mais Il est arrivé.

Et Il a tout détruit.

Il faut savoir que j'ai toujours eu un vrai problème avec la télé. Pour moi, cet appareil machiavélique n'est autre qu'un briseur de couple, un empêcheur de communiquer en rond, un sale égocentrique qui fait son intéressant et qui use des stratagèmes les plus vils (des nanas à poil ou presque, des tournois de poker, des jeunes sans talent et bien gratinés filmés 23/24h etc) pour attirer l'attention vers lui. C'est pourquoi, je refusais catégoriquement de l'allumer (hors période de maladie of course)
Et puis, l'écran plat a fait irruption dans le salon, et puis la vie à 2 est faite de compromis, et puis je n'ai pas l'âme d'une dictateuse. Et puis j'ai cédé : on peut l'allumer pour le journal télé, ok.

C'est ainsi qu'Il est entré dans nos vies. Qu'Il a tout gâché.
C'est ainsi que ma conversation, mes potins, mes jeux de mots, ma tenue, ma coiffure, mes grimaces et mimiques en tout genre n'ont plus captivés Paulo entre 13 et 13h30.
C'est ainsi qu'au lieu de manger les yeux dans les yeux, j'ai commencé à manger les yeux dans sa nuque (non, ça ne fait pas mal, je vous rassure).

J'ai donc décidé de Le regarder Lui plutôt. Ce Jean-Pierre P.
Mais qu'est-ce qu'il a de plus que moi ?
Des rides ? Des poireaux ? Des drôles de plis bizarres sur ses joues, des joues qui d'ailleurs pendouillent mollement ? Une faculté hors norme à passer de l'air grave lorsqu'il parle du décès de Carlos au sourire radieux l'instant suivant lorsqu'il évoque la tête de veau ravigote (son plat préféré qu'il nous a confié ce jour-là... un homme de goût s'il en est) ?
C'est certainement tout ça à la fois.

Alors écoute moi bien Pernaut : si tu crois que je vais me laisser faire, tu te trompes. Je vais le récupérer mon Paulo. Les mecs comme toi, vous me faites pas peur. Et s'il faut que je me laisse pousser les joues, les rides et les poireaux, je le ferais ! Tu ne sais pas de quoi est capable une femme jalouse, méfie toi.

Si j'étais toi, je quitterais immédiatement ce confortable fauteuil du 13h et partirais en exil dans ce beau village accueillant du centre de la France où il fait bon vivre, et où la tête de veau est légion. Parce que franchement, face à ma soupe de potiron à la fourme d'Ambert et aux éclats d'amande, tu ne pourras plus faire grand-chose, si ce n'est aller te rhabiller pour constater impuissant l'aisance avec laquelle, en 2 coups de cuillères à pot, je t'aurais volé la vedette.

Sans rancune Pierrot !

potiron_fourme

Velouté de potiron à la fourme d'Ambert et aux éclats d'amande pour redevenir le centre de son monde
Pour 4 bols

  • 800 g de potiron épluché
  • 1 oignon
  • 1 grosse carotte
  • 1 gousse d'ail
  • 20 cl d'eau
  • 10 cl de mascarpone
  • 1 cuillère à café de cumin
  • sel
  • 1 à 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
  • 80 à 100 g de fourme d'Ambert
  • 1 poignée d'amandes mondées (ou déjà effilées)

Peler et émincer l'oignon. Peler et dégermer la gousse d'ail. Peler la carotte et la couper en rondelles. Couper la chair de potiron en dés.
Dans un faitout, chauffer l'huile et y faire revenir l'oignon et l'ail quelques minutes. Ajouter les rondelles de carottes et laisser revenir 1 à 2 minutes supplémentaires. Ajouter enfin les dés de potiron, faire revenir 2 minutes, et verser l'eau. Saler trèèès généreusement, couvrir et laisser mijoter à feu doux pendant 30 minutes (le potiron doit être tendre, une lame de couteau s'y enfonce sans peine).
Mixer, ajouter le mascarpone et mixer à nouveau. Parfumer de cumin et mélanger.
Verser dans les bols, agrémenter de fourme d'Ambert coupée en dés et d'amandes effilées (perso, je les effile by myself parce que c'est moins régulier et moins bien fait, et du coup, ça croque davantage sous la dent).

potiron_fourme4

Déguster en faisant la nique à Jean-Pierre. Il l'aura pas volé.


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