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Wikipédia : retour à froid (c'est de saison) sur l'explosion du mois de janvier

Publié le 03 février 2012 par Pierrotlechroniqueur

 

Un "séisme" a donc secoué Wikipédia il y a quelques temps, finalement sans l'onde de choc que tout le monde attendait. Pour la première fois, un administrateur a été contesté, est donc repassé devant les "urnes", et n'a pas réussi "l'épreuve". Après des débuts fort houleux qui m'avaient inspiré un gribouillage, voyons avec un certain recul (comme quoi on revient toujours à l'éternelle question du traitement de l'actualité, même pour chroniquer sur Wikipédia, et ce en pleine réminiscence de l'affaire Zahia) ce sur quoi nous avons débouché. Un certain recul qui ne m'empêchera pas de dire franchement ce que je pense avec, c'est délibéré, moins de précautions d'usage que d'habitude. Mais pour en conclure que, malgré le cirque généralisé des premiers jours, l'expérience s'est finalement terminée de manière positive pour Wikipédia, l'intéressé et la communauté.
Un lynchage inique ?
C'est ce qui a été répété à tort et à travers par une partie des votants "pour" de la première heure : ils trouvaient honteux ce lynchage clanique visant, selon eux, à desysoper un administrateur pour des motifs, paraît-il, personnels. Mais, dans le même temps, ils ont participé à d'autres lynchages claniques (avérés aussi. Et j'en profiterai pour faire à la suite de ce billet un nouveau florilège des votes les plus drôles ou stupides) sur d'autres candidatures au statut d'administrateur, au même moment. En quoi voter contre un admin potentiel qui n'a pas exprimé le "bon" avis est-il plus honorable que voter contre la confirmation d'un admin en qui l'on n'a plus confiance ? La réponse semblant évidente à plusieurs personnes engagées dans le débat, je ne donnerai, une fois n'est pas coutume, pas de Carambar à celui qui me l'apportera.
Le clanisme a donc bel et bien été à la manœuvre. À quelques exceptions près, le partage que j'avais défini il y a presqu'un an (au risque de me faire, moi-même, lyncher) se retrouve dans ces votes. Coïncidence : les clans n'existent pas, d'après certains (de moins en moins nombreux, tandis que d'autres qui les fustigent le plus violemment, enfin n'en pointent qu'un seul, sont eux-mêmes dedans jusqu'au cou. Mais j'y reviendrai prochainement). Quant à la démarche de Pixeltoo pour attirer du votant, certains la jugent légitime, notamment Moez, qui s'est ainsi tiré une balle dans le pied sans laquelle il aurait, peut-être, pu repasser. Des balles dans les pieds des arbitres aussi, au passage, puisque, en procédant au desysopage de Moez sur la base d'abus des outils d'administrateur qui avaient pourtant été jugés non-recevables par lesdits arbitres, la communauté a implicitement donné tort à la frilosité ("copinage" est un mot que j'ai aussi vu ...) de ceux-ci. Qui ont d'ailleurs été parmi les plus virulents de la section "approbation", ce qui a aussi été remarqué. Heureusement, le quatorzième CAr se conjuge désormais au passé, mais il est triste de constater que l'on n'a toujours pas fini de payer ses errements et turpitudes à travers la résurgence de conflits qu'il n'a eu de cesse d'attiser par ses décisions partiales ou saugrenues.
Il est vrai que quand on voit, plus globalement, les coups bas et petites piques réalisées durant les premiers jours de cette contestation, quand on voit la véritable panique qui s'est emparée de certaines pages de discussions, aboutissant à de sombres histoires de doubles identités, en invoquant à Wikibuster et à ma personne (comme si, ma modestie dût-elle en souffrir, je boxais dans la même catégorie que cette chose !) ; quand on voit les guerres d'édition sur le Bulletin des administrateurs (BA), on pouvait s'attendre au pire.
Conséquences dans l'ensemble bénéfiques
Pourtant, le pire n'est, somme toute, pas arrivé. Comme pour toute élection au statut d'administrateur (et comme pour tout psychodrame ...), les choses se sont tues rapidement, les votes ne tombant plus qu'au compte-gouttes. La consultation se finit avec 68% d'approbation, un taux insuffisamment consensuel. Les bureaucrates, chargés de conclure, ont alors posé une question qui me semblait pourtant inenvisageable : devaient-ils avoir des critères plus larges que lors d'une primo-élection ? Ce point, pourtant réfuté par la prise de décison ayant institué les contestations qui demandait une application similaire des règles, a en effet été soulevé par Dr Brains, qui s'est rapidement vu contredit et n'a logiquement pas insisté. Ainsi, cette première expérience a permis de bien borner les règles en accord avec ce qui avait été décidé sur le principe par la communauté.

Il reste que cette communauté est divisée sur bien des points. Je n'ai pas le temps de revenir sur tout, et le ferai sans doute bientôt. Je me contenterai de soulever l'un des aspects qui me semble le plus problématique, qui est qu'une divergence sur le statut-même d'administrateur, perceptible depuis longtemps, a éclaté au grand jour (ce qui n'est pas plus mal) : le plus important est-il qu'un administrateur jouisse d'une confiance communautaire consensuelle malgré d'éventuels abus d'outils ou qu'il utilise globalement bien ses outils malgré des frictions régulières ? Une divergence fondamentale que j'avais longuement abordée dans ce billet consacré justement à la fameuse prise de décision, et qui n'avait pas été tranchée : il est finalement possible de contester un administrateur aussi bien pour abus que pour perte supposée de confiance.

Quant à Moez, comme la plupart des gens qui quittent définitivement Wikipédia, il est, après un bref départ annoncé sur Twitter, revenu (après tout, nous sommes tous des drogués et le sevrage est difficile !) et a décidé de changer sa manière de contribuer pour tenir compte de la perte de confiance d'une partie de la communauté, ce qui est tout à son honneur. Il est intéressant de voir que, si Moez n'avait pas réagi vertement aux reproches, la contestation n'aurait pas eu lieu, ou du moins se serait peut-être (mais je n'y crois pas trop) mieux terminée pour lui. Un avertissement pour les suivants ?1
L'arme atomique
Finalement, sur Wikipédia, la contestation, c'est comme la bombe atomique : on l'utilise une ou deux fois, ça fait du dégât et très peur à tout le monde, et ensuite, ça dissuade. Espérons donc qu'à partir de maintenant, le fait d'avoir la contestation comme épée de Damoclès poussera chacun à surveiller ses actes et à avoir un peu plus de recul et de self-control. Parce que la bombe atomique, arme de dissuasion, est faite pour justement qu'on ne s'en serve pas sauf cas extrêmes ...

1. D'après ce que j'entends dire ici ou là, Grimlock (s'il revient), GL et Phe seraient plus ou moins dans les lignes de mire croisées d'un certain nombre de personnes. Ce qui ne peut, je crois, qu'apparaître comme assez logique aux yeux des observateurs comme moi.


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