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Les faussaires

Par Rob Gordon
Ayant ravi l'Oscar du film étranger au nez et à la barbe de bien des favoris (qui ne figuraient même pas dans les cinq derniers nommés), Les faussaires est en train de vivre une deuxième carrière, doucement mais sûrement. Il faut dire que le film de Stefan Ruzowitzky (Anatomie) est assez recommandable dans la mesure où il ne possède aucun défaut majeur. Racontant assez bien une histoire assez bonne (et tirée d'une histoire vraie sans que ce soit lourdement martelé au début ou à la fin du film), Les faussaires n'ambitionne jamais de verser dans le politique ou l'historique ; évidemment, les camps de concentration sont là, présents et obsédants, mais l'auteur a surtout une vraie intrigue à mettre en place, au-delà du simple récit des terribles conditions de vie des déportés.
Voilà donc une histoire intéressante, tellement invraisemblable qu'elle ne peut qu'être vraie : celle d'une bande de faussaires juifs "engagés" par les nazis pour fabriquer de fausses livres sterling avant, pourquoi pas, de s'attaquer au dollar. Le film joue surtout sur le dilemme qui empoisonne les crânes des héros : faut-il obéir pour sauver sa vie, ou tenter ce saboter ce projet afin d'enrayer la machine nazie ? La faiblesse des Faussaires, c'est justement que cet enjeu est un peu le seul, et qu'il est exprimé de façon légèrement répétitive. Lorsqu'on a compris que n'importe quel traître en puissance serait exécuté sommairement au rythme d'un par quart d'heure, on se dépassionne un peu du destins des personnages principaux. Au final, le film lorgne plus du côté BD à rebondissements de la série Prison break que vers un réalisme estampillé "histoire vraie". C'est à la fois une force et une faiblesse. Mené par un acteur absolument génial, le film de Ruzowitzky s'impose comme un spectacle (si si) certes un peu sordide qui évite avec malice un côté lourdement édifiant.
6/10

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