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L'islamisme est un occidentalisme

Publié le 25 mars 2012 par Egea

Ouh ! la! la! Quel déluge médiatique. Pire que DSK, dites. Insupportable. Mais puisque j'entends des interrogations sur l'islamisme, réfléchissons un peu pour constater qu'il est un occidentalisme.

L'islamisme est un occidentalisme
source (intérieur de Saint Sophie : Sophia, la sagesse grecque...)

1/ On le sait : l'islamisme est un modernisme, cela a été assez répété par pas mal d'auteurs, comme Olivier Roy. Modernisme en ce sens qu'il est une réaction à la modernité, qu'il intervient dans une période moderne.

2/ Certes, c'est une sorte de réaction religieuse, bien différente des idéologies en -isme du XX° siècle qui promettaient un avenir. L'islamisme promet un passé, c'est-à-dire un retour aux sources. Remarquez qu'il renvoie assez bien au protestantisme qui lui aussi était un retour aux sources. Ainsi, l'islamisme est un protestantisme, un choc de modernité. Et comme le protestantisme, il est pluriel et ne cesse de se ramifier. Il y a des islams. Et il y a donc des islamismes, comme il y a des protestantismes (luthérien, calviniste, presbytérien, évangéliste, et toutes les ramifications ....).

3/ Au fond, derrière la promotion de la communauté, il faut apercevoir la possibilité d’un profond individualisme. Les radicaux sont des individualistes. L'individualisme, un des critères de la modernité.

4/ Notons également le phénomène de réseau. L'islam est marqué par l'absence d'église, et il permet une sorte de déterritorialisation de la propagande. Celle-ci peut devenir "universelle" et "technologique", grâce notamment à Internet. Il est frappant de voir que beaucoup d'auteurs d'attentats sont des jeunes connectés aux réseaux électroniques et qui n'écoutent pas les prêches du quartier, mais s'auto-intoxiquent à distance. Universalisme ? technologie ? voici deux autres critères classiques de l'Occident.

5/ D'ailleurs, observez le phénomène "Al Qaida". On nous l'a présenté comme un réseau, ce qu'il fut peut-être au début. Mais aujourd'hui, qu'est-ce ? une marque. Un phénomène "marketing", qui utilise le système commercial de la franchise. AQ n'organise rien, mais se pérennise en acceptant que des initiatives locales se réclament de lui, pourvu qu'on respecte la marque : AQ en Irak, AQ dans la péninsule arabique, AQ au Maghreb islamique.... Al Qaida, c'est un peu comme coca. Une marque désormais universelle. Et les occidentaux y sont d'ailleurs sensibles (ils adorent tellement les marques) : désormais, la marque, c'est l'ennemi ! Voici donc ce commerce, cette manifestation particulière du capitalisme, qui est là, sous-jacente, à ce phénomène islamiste. Capitalisme ? voici le dernier critère traditionnel de l'Occident.

Pas de doute : l'islamisme est un occidentalisme. Au fond, l'ennemi créé pour établir une altérité, et donc nous confirmer dans notre identité.

O. Kempf

NB1 : Un taré a tiré : ce devrait être le seul commentaire à faire. Philippe Faucon, auteur du film "La désintégration", interrogé dans Le Monde d'aujourd'hui, ne dis pas autre chose : "MM reste un cas extrêmement marginal (...) Si les actes commis par lui l'avaient été par un néonazi, on ne les aurait pas associés à autre chose qu'une dérive individuelle pathologique et des références idéologiques marginales". Un taré a tiré. Point.

NB2 : As usual, ces propos n'engagent que moi et aucune des organisations pour lesquelles je travaille.


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