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76 jours - Mon amie Penny

Publié le 13 mars 2008 par Nitchioule
Malade. Le nez bouché, un énorme ganglion, une toux rauque et avec ça, la gueule de bois. La journée commence mal ! C'est la faute de cette loi sur l'interdiction de fumer dans les bars. Avec Penny, on est resté quatre heures en terrasse hier soir. D'accord, il y a un chauffage extérieur, mais c'est traître, cela ne dore que le haut du crâne. Et pendant ce temps-là, nos petites jambes se gèlent et s'engourdissent.
Comme on a papoté ! De boulot d'abord. Penny est un peu ma coach. On a fait nos études ensemble et on se mettait souvent en binôme : elle me boostait, me forçait à progresser quand je voulais tout laisser tomber. Penny fonce et elle se bat pour ce qu'elle veut. A l'Ecole, ça ne plaisait pas à tout le monde. Les autres élèves n'apprécaient pas outre mesure ses commentaires : "Tu dis n'importe quoi !", "Ce n'est pas du tout comme ça qu'il faut faire!", "Mais... Qu'est-ce que tu racontes ?"
Pour agacer, Penny agace. Vous savez, la personne qui fait "Chhhhh" quand vous picorez tranquillement vos popcorns devant "Bienvenue chez les ch'tis". C'est elle ! Dans les escalators, vous vous appuyez sur la rampe sans bouger quand on vous hurle dans les oreilles "Paaaardon". Encore elle ! Vous vous garez en toute bonne conscience sur les clous : "Vous voulez m'écraser? Allez ailleurs !" Toujours elle... Et si un jour, elle vous demande son chemin, vous avez intérêt à connaître la réponse sinon elle vous assassinera d'un : "Oui, bon, vous travaillez dans le quartier, mais vous n'avez jamais traversé la rue..."
Elle me fait hurler de rire. Derrière cet aplomb, il y a aussi un super bon coeur. Penny, c'est l'amie qui a toujours une minute pour rappeler, qui se souvient des moindres détails de votre vie, qui devine toujours pourquoi vous êtes déprimé (ça fait un an que votre grand-mère est morte, ça fait 76 jours que vous êtes au chômage...) et qui garde son téléphone allumé jour et nuit au cas où. Elle a aussi cette petite dose de folie qui fait son charme. En pleine soirée branchée, elle relève mes "Cap ou pas cap". Sur la pointe des pieds, elle souffle sur les lunettes d'un grand malingre pour faire de la buée, pendant que je fais le tour des invités avec une bouteille et un presse-ail : "Vous pourriez pas m'aider à déboucher ce Montbazillac, je n'y arrive pas..."
Parfois, elle se vexe un peu : "Qu'est-ce que tu as contre les gens qui font des voyages humanitaires en Inde ? D'après toi, c'est mieux d'aller se faire bronzer sur une plage pendant que des enfants meurent de faim ?" Mais le plus souvent, elle écoute, elle rit, elle se remet en question. Derrière sa frange noire, ses yeux marrons observent. Elle sourit et ses pomettes rosissent.

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