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Titanic 3D de James Cameron : pour un cinéma mythologique

Par Mathieutuffreau
Titanic : photo James Cameron

Le film n’a pas été tourné pour la 3D, alors ce genre de sortie tient à la fois du gadget et de la réunion des anciens combattants puisque ceux qui ont eu la chance de le voir à sa sortie se rappellent généralement de la séance et du nouveau monde ouvert par le film pour le cinéma spectaculaire.

Comment une histoire aussi mince, connue de tout spectateur et dont l’issue est prévisible dès le début du film, a-t-elle permis de créer le plus grand succès cinématographique de tous les temps, simplement dépassé par Avatar du même cinéaste ? On peut ironiser sur les défauts du film, un méchant ridicule (quel dommage que James Cameron n’ait pas retenu la leçon de Hitchcock : “meilleur le méchant, meilleur le film”), bien que son bras droit ait le nom le plus étrange donné à une ordure dans l’histoire du cinéma (Lovejoy), quelques répliques gamines, un capitaine de navire très Capitaine Igloo, la beauté lisse du héros qui allait donner quelques films plus loin la mesure de son talent…

Qu’importe, la machine cinématographique de James Cameron est un bijou extraordinaire qui mêle l’imaginaire romantique (une jeune aristocrate lectrice de Freud) à celui des vanités (une jeune beauté noyée, la porcelaine neuve explosée sur le parquet, un naufrage aux allures de déluge…), qui épuise les possibilités d’un décor donné (la salle des machines en copie de celle du Cuirassé Potemkine d’Eisenstein, les chambres de la troisième classe si différentes de celles des rices, la salle de navigation où s’enferme le capitaine pour mourir) pour se refermer sur le beau visage ridé d’une femme courageuse. A l’époque du greed is good proféré par Michael Douglas dans Wall Street qui comme dit mon frère (pas les Coen, mon frère né en France) s’étonne qu’encore aujourd’hui que des hommes l’arrêtent dans la rue pour lui dire que c’est grâce à lui qu’ils ont choisi leur métier de trader dans un film où il joue un abominable méchant, James Cameron clôt son mythe sur le geste d’une vieille femme qui jette dans l’eau le bijou le plus convoité du monde. Dans Avatar, la mise en scène suggérait que le gouvernement et l’armée américains étaient responsables du 11 septembre. Face à tous les petits cinéastes qui se croient politiques en citant la Princesse de Clèves pour nous faire comprendre qu’ils trouvent le Président de la République très méchant, James Cameron fait la fête à un gamin du Wisconsin qui tente sa chance avec une fée qui serre contre son coeur, tout au long de sa vie, la chance d’avoir aimé. O Mythes, O récits, O dialogue, notre belle aventure.


Titanic 3D – Spot Tv # 1 [VO-HD] par Eklecty-City


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