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Où était donc passé Jules Sitruk ?

Par Mickabenda @judaicine
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La voix a mué, elle n’en demeure pas moins douce. Le garçon a grandi, il n’en demeure pas moins fragile.

D’enfant star, Jules Sitruk est passé directement à jeune adulte de 22 ans, sans passer par la case adolescent. On se ravit donc de le retrouver intact, dans Le fils de l’autre,  les pieds sur terre, la tête bien calée sur les épaules.Dix ans après Monsieur Batignole, il retrouve le chemin des premiers rôles.

J’ai commencé jeune. Mon père – qui est lui-même artiste – m’a toujours dit que c’était un métier constitué de hauts et de bas, qui pouvait s’arrêter du jour au lendemain, qu’il ne fallait pas se lancer là-dedans si on n’avait pas la volonté de s’accrocher.
J’ai passé le bac puis intégré une fac de cinéma pendant deux ans. Parallèlement, j’ai travaillé à l’écriture de différents projets. J’ai réalisé des choses en amateur avec des amis, tourné dans des films peu médiatisés dont un en Angleterre.

J’attendais patiemment de bons rôles. J’ai toujours pensé que ce qui est important dans la carrière d’un acteur, ce sont ses choix.

Le métier de comédien

Ma conception du métier n’a jamais changée en ce sens où depuis que j’ai commencé, à l’âge de 8 ans, j’ai toujours cherché à être le plus professionnel possible. Très vite, j’ai compris que j’allais être considéré comme un enfant comédien et non pas comme un comédien à part entière et que le seul moyen d’effacer cette image était d’être le plus professionnel possible.

En étant toujours à l’heure, en n’étant pas plus vite fatigué que les autres, en étant concentré, attentif, toujours à l’écoute du réalisateur. Le devoir de tout acteur est d’être sérieux sur un plateau. Le seul point qui a pu changer est qu’avant mes 18 ans, je voyais le cinéma comme un loisir, un plaisir, une passion. Maintenant que je deviens jeune adulte, entrent en jeu la dimension de travail et tout ce que cela peut impliquer.

Un rôle introverti

Lorsqu’un metteur en scène choisit un comédien, c’est aussi pour ce qu’il peut apporter au personnage. Lorraine Lévy a pu constater que mon caractère est assez proche de celui du personnage de Joseph que j’interprète. Je ne suis pas, en effet, un garçon très extraverti. On est allé sur ce terrain parce ce personnage est un rêveur, un artiste. On a pensé que cela pouvait enrichir le personnage d’opposer un tel caractère au séisme auquel il va être confronté dans sa vie. J’ai l’impression que c’est bon pour moi et mon métier d’être dans le silence, dans l’écoute, dans la réflexion. J’ai aimé travailler sur ce fil.

De l’instinct et du travail

J’ai pas mal travaillé en amont pour installer le personnage dans son univers. Je ne suis pas Israélien. Je ne suis pas musicien. J’ai donc dû travailler l’hébreu. Ayant la chance d’avoir plein d’amis musiciens, je les ai observés pour trouver des attitudes, des mimiques. Pour ce qui concerne l’émotion, j’ai travaillé sur trois plans : identitaire, religieux et patriotique. Trois aspects qui vont s’en trouver bouleversés. Sur le plan religieux, j’ai pu m’inspirer de moi, étant moi-même juif. Au-delà de la religion, il y a une tradition, une culture, des moeurs dans lesquels on grandit.
Je ne suis pas spécialement religieux mais je crois en Dieu, je participe aux grandes fêtes, je ne mange pas de porc. Ce sont des choses de mon enfance, elles sont ancrées en moi. La vraie question étant : comment réussir à surnager là-dedans. J’y ai beaucoup réfléchi avant de me retrouver sur le plateau.
Ensuite, j’essaie de me fier à mon instinct. Cela aide quand on joue avec une actrice comme Emmanuelle Devos, qui aime casser les rythmes et jouer sur l’humain. »

Un grand défi

N’ayant pas fait d’autres études que de cinéma, j’ai conscience que c’est un grand pari, un grand défi. Si je ne perce pas, si ma carrière s’arrête ou ne redémarre pas vraiment, je peux me demander où tout cela peut me mener. On a toujours une appréhension. C’est un métier cruel qui exige d’avoir confiance en soi.

 
ENTRETIEN AVEC PHILIPPE LAGOUCHE

Lire l’interview intégrale sur www.lavoixdunord.fr rub. cinéma.

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